Les autorités sévissent

La plupart des employés visés seront accusés d’attroupement illégal et de méfait pour les débordements survenus le 18 août.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La plupart des employés visés seront accusés d’attroupement illégal et de méfait pour les débordements survenus le 18 août.

Des accusations criminelles seront portées contre 44 employés municipaux à la suite des débordements survenus le 18 août dernier à l’hôtel de ville de Montréal, a annoncé vendredi le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent.

 

La plupart de ces employés seront accusés d’attroupement illégal et de méfait, a indiqué le chef de police, qui n’a pas divulgué l’identité des personnes visées ni leur profession. Des accusations de voie de fait ont également été retenues. « Ça démontre que personne n’est au-dessus de la loi », a souligné Marc Parent. L’enquête criminelle est toujours en cours, a-t-il ajouté.

 

Pas de policier

 

Le chef de police a indiqué qu’aucun policier n’avait été recensé parmi les manifestants accusés, mais qu’on comptait parmi ceux-ci un employé civil du SPVM.

 

Une douzaine de cadres du SPVM et des policiers ont aussi été rencontrés en lien avec le travail des policiers en fonction ce soir-là. « Nous pouvons confirmer qu’il y a des comportements qui ont été identifiés et qui vont à l’encontre de notre code de discipline et qu’il y aura matière à accusation disciplinaire. D’autres rencontres sont à venir et l’enquête disciplinaire n’est pas terminée non plus. » Les sanctions peuvent aller de l’avertissement au congédiement, a précisé M. Parent.

Deux enquêtes

De son côté, le maire Coderre a indiqué en après-midi que 63 employés de la Ville faisaient l'objet d'une enquête disciplinaire, dont 52 pompiers, 4 cols blancs et 7 cols bleus. À mesure que progressera l'enquête, le nombre de personnes visées pourrait augmenter, a averti M. Coderre. 

De ce nombre, 39 employés ont été suspendus sans solde en raison de la gravité de leurs gestes en attendant la fin de l'enquête disciplinaire, a précisé le maire. On compte dans ce groupe 30 pompiers, 4 cols blancs et 5 cols bleus. 

Il ne s'agit pas de sanctions disciplinaires comme telles, a tenu à dire le maire, puisque celles-ci seront imposées au terme de l'enquête: «C'est grave ce qui s'est passé le 18 août.»


Denis Coderre n'a pas voulu dire à quel groupe d'employés appartenaient 44 individus faisant face à des accusations criminelles. Les deux processus sont distincts, a-t-il affirmé. 

Le soir du 18 août, quelque 250 employés municipaux opposés au projet de loi 3 sur les régimes de retraite s’étaient invités à la séance du conseil municipal avant d’y perturber ses activités.

Ils avaient inondé la salle de papiers, lancé des verres d’eau, brisé des vitres et forcé le maire de Montréal, Denis Coderre, à battre en retraite dans son bureau — le tout, sous l’oeil de certains policiers en devoir.