La Fraternité des policiers veut que l'enquête soit confiée à la SQ

Certains policiers ont laissé les manifestants s’exprimer sans contrainte, la semaine dernière.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Certains policiers ont laissé les manifestants s’exprimer sans contrainte, la semaine dernière.

Alors que les résultats de l’enquête sur les débordements survenus à l’hôtel de ville de Montréal la semaine dernière se font toujours attendre, les syndicats sont sur les dents. Accusant l’administration Coderre d’ingérence politique, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a demandé que l’enquête soit confiée à la Sûreté du Québec.

Selon M. Francoeur, les déclarations intempestives de la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, démontrent que l’administration tente de dicter les conclusions de l’enquête menée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
 
« Avec sa déclaration, Mme Samson met une pression indue sur les enquêteurs pour que des accusations criminelles soient déposées. Il s’agit clairement d’ingérence politique », soutient Yves Francoeur.
 
Dans son édition de mardi, La Presse rapportait les propos d’Anie Samson selon lesquels des accusations criminelles pourraient être portées contre des syndiqués ayant participé aux débordements. Mme Samson ajoutait que certains d’entre eux seraient congédiés. « Il y a des gens qui ont perdu leur job et qui ne le savent pas encore », a-t-elle déclaré.
 
« Mettre de la pression politique sur les policiers n’appartient pas aux élus. Il faut laisser les enquêteurs faire leur travail », estime Yves Francoeur, qui réclame que l’enquête soit confiée à la SQ.
  
Décision de Coderre
 
Au cabinet de la ministre de la Sécurité publique, on indique qu’il faudra une demande de l’administration Coderre pour que l’enquête soit transférée à la SQ, car la loi ne permet même pas au gouvernement d’imposer une telle décision, soutient l’attaché de presse de Lise Thériault, Jean-Philippe Guay.
 
Pour l’instant, l’administration Coderre n’envisage pas de demander l’intervention de la SQ et on dit faire confiance au directeur du SPVM, Marc Parent. Le maire avait déjà annoncé que les actes de vandalisme commis pendant la manifestation vaudraient des sanctions à leurs auteurs et que le congédiement d’employés était envisagé. Il l’a réitéré lundi dans des termes plus prudents que ceux d’Anie Samson.
 
À l’instar de la Fraternité des policiers et du Syndicat des cols bleus, l’Association des pompiers de Montréal a aussi dénoncé les propos d’Anie Samson, les qualifiant d’« inutilement incendiaires ». La responsable du dossier n’aurait pas dû s’aventurer sur un terrain qui ne relève pas du pouvoir politique, mais plutôt des tribunaux, a rappelé son président, Ronald Martin.