Montréal abandonne sa poursuite contre Zambito

Lino Zambito lors de son témoignage à la commission Charbonneau, en octobre 2012
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lino Zambito lors de son témoignage à la commission Charbonneau, en octobre 2012

Montréal abandonne la poursuite de 300 000 $ qu’elle avait intentée en 2013 contre l’ex-entrepreneur Lino Zambito et l’ingénieur Michel Lalonde pour de faux extras. En échange, ceux-ci ont promis leur collaboration aux enquêtes menées par la Ville de Montréal.

 

Les parties viennent de conclure une entente à l’amiable qui met fin au litige qui les opposait depuis plus d’un an.

 

En mai 2013, alors que Michael Applebaum était maire de Montréal, la Ville avait entrepris une croisade pour récupérer l’argent de la corruption. Elle avait notamment intenté une poursuite contre Lino Zambito, ex-vice-président d’Infrabec, et Michel Lalonde, p.-d.g. de Genius Conseil, à la suite de leurs témoignages devant la commission Charbonneau. Cette poursuite était liée au contrat de construction d’un égout collecteur de la rue Sherbrooke Est.

 

La Ville reprochait à Infrabec d’avoir acquiescé à la demande de Genius de recourir à des conduites de béton préfabriquées plutôt que de couler les conduites sur place, ce qui aurait été moins coûteux. Cette décision avait entraîné de « faux extras » d’environ 300 000 $, estimait la Ville, qui souhaitait récupérer cette somme.

 

Mercredi, lors d’une réunion tenue à huis clos, le comité exécutif de la Ville a entériné l’entente à l’amiable qui met fin aux procédures entreprises devant les tribunaux. Cet accord prévoit qu’en contrepartie, « Michel Lalonde et Lino Zambito s’engagent à offrir toute leur coopération, sans réserve, aux enquêtes et aux actions en justice entreprises ou à entreprendre par la Ville en conséquence de la violation des règles d’octroi et d’administration des contrats publics », précisent les documents remis aux élus.

 

MM. Lalonde et Zambito promettent aussi de « transmettre tous renseignements et documents relatifs à des allégations de collusion ou de fraude, ayant ou non été divulgués lors des témoignages devant la CEIC, à signer des déclarations sous serment en conséquence et, éventuellement, à témoigner lors de tout recours ».

 

Immunité des témoins

 

Joint par Le Devoir, Lino Zambito s’est dit heureux de ce dénouement. « Je suis content de l’entente parce que c’était une poursuite qui, à mes yeux, n’aurait pas dû avoir lieu vu mon immunité à la commission. Je trouve ça dommage que moi et M. Lalonde, qui avons témoigné à la commission et démasqué les façons de faire à Montréal, nous soyons les deux seuls qui se fassent poursuivre par la Ville de Montréal », a-t-il souligné.

 

Selon lui, l’ancien maire semblait espérer faire des gains politiques avec sa croisade pour récupérer l’argent de la corruption. « Mais aujourd’hui, je suis heureux. On a une entente et on passe à autre chose », conclut M. Zambito.

 

S’il est satisfait du règlement, Lino Zambito soutient que ses démêlés avec la Ville lui ont coûté 100 000 $ en honoraires d’avocats.

 

L’ex-entrepreneur, qui a fait faillite l’an dernier et qui fait l’objet d’accusations criminelles en ce qui concerne la construction d’une usine de traitement des eaux à Boisbriand, affirme tout de même ne pas avoir regretté son témoignage devant la commission Charbonneau. Mais selon lui, l’immunité accordée aux témoins devrait être mieux encadrée.

 

Accurso

 

Lino Zambito compte par ailleurs suivre avec intérêt le témoignage de Tony Accurso, qui sera entendu à compter du 2 septembre par la commission Charbonneau. Il s’attend toutefois à ce que M. Accurso demande un huis clos ou une ordonnance de non-publication. « Ça va être un témoin un peu récalcitrant, dit-il. [Il va dire] le strict minimum pour passer à travers la tempête. […] Si les gens s’attendent à de grandes révélations, ils vont être déçus. »

Accurso va être un témoin un peu récalcitrant

3 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 22 août 2014 00 h 53

    Manque de preuve.

    Ils ont pourtant avoué les délits sans être accusés.

  • Donald Bordeleau - Abonné 22 août 2014 01 h 01

    De bons soldats pour le futur..

    Comme à la dernière élection du 7 avril ou les firmes avaient reçu le mot d'ordre d''appuyer le PLQ comme à fait le boeuf de Matane ( M-Y Côté ) dans Charlevois.

    Monsieur Côté et autres qui a aussi trempé dans Gomery savent utiliser tous les moyens pour gegner.

  • Yves Côté - Abonné 22 août 2014 05 h 19

    Morts de rire...

    "ceux-ci ont promis leur collaboration aux enquêtes menées par la Ville de Montréal"
    Le Conseil municipal de Monsieur Coderre rit de nous à pleine dents...
    Bientôt, nous en serons d'ailleurs probablement tous morts de rire ou d'applatissement, tellement le festival des nouvelles qui tombe sur nous aujourd'hui est à nous en taper joyeusement les cuisses.
    Travailler pendant les vacances d'été des électeurs ?
    Oui, vraiment, "lui y connaît ça !"
    "Lino Zambito soutient que ses démêlés avec la Ville lui ont coûté 100 000 $ en honoraires d’avocats".
    Dans la même veine, on devrait les lui rembourser pour l'aider à passer "à autre chose"... Mais quoi, mais quoi ?
    Ah là!, j'arrête. Parce que décidément, j'en ai trop mal au ventre.