Manifestation à l'hôtel de ville: une enquête jugera du travail policier

<em>«S’il y a eu du laxisme ou complaisance de la part des policiers, ils devront répondre de leurs actes»</em>, a soutenu Marc Parent lundi.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir «S’il y a eu du laxisme ou complaisance de la part des policiers, ils devront répondre de leurs actes», a soutenu Marc Parent lundi.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, reconnaît que la complaisance de certains policiers à l’égard des manifestants lundi soir à l’hôtel de ville de Montréal a ébranlé la confiance des citoyens. Mais il a assuré que tant les auteurs du grabuge que les policiers ayant fait preuve de laxisme devront répondre de leurs actes.

 

En conférence de presse, mardi, Marc Parent a avoué avoir été «déçu» de la tournure des événements survenus lundi soir alors que des centaines d’employés municipaux ont investi la salle du conseil municipal et les corridors de l’hôtel de ville.

 

«Les incidents malheureux sont venus ébranler le sentiment de sécurité des citoyens de Montréal et pour plusieurs, les événements [...] viennent soulever un doute sur la capacité des policiers du SPVM à exercer pleinement leur rôle en toute neutralité et avec tout le professionnalisme auquel la population est en droit de s’attendre», a déclaré M. Parent.

 

Une équipe d’enquêteurs a déjà été mise sur pied pour identifier les auteurs des actes de vandalisme et porter des accusations si nécessaire. «Il n’y a pas deux classes de manifestants. Les bandes vidéos ne mentent pas. S’il y a eu du laxisme ou complaisance de la part des policiers, ils devront répondre de leurs actes», a soutenu M. Parent.

 

Enquête neutre?

 

N’aurait-il pas mieux valu confier l’enquête à la Sûreté du Québec? Questionné sur la capacité du SPVM d’enquêter sur ses propres policiers, Marc Parent a dit en avoir discuté lundi soir et mardi matin avec le sous-ministre de la sécurité publique, Martin Prud’homme. «Tous les scénarios n’ont pas été écartés par rapport au rôle de la Sûreté du Québec, a-t-il dit. L’équipe qui a été mise en place va relever directement de moi. Ce sont des enquêteurs triés sur le volet pour les circonstances. [...] Ils sont habitués à faire ce type de travail-là et j’ai la certitude qu’on peut faire un bon bout de chemin en toute confiance.»

 

Marc Parent a par ailleurs soutenu que ce ne sont pas tous les policiers présents sur les lieux lundi soir qui sont restés les bras croisés. Deux policiers ont notamment tenté d’empêcher des manifestants d’entrer dans l’hôtel de ville, a-t-il signalé.

 

Stratégie revue

 

Le chef de police a dit remettre en question la stratégie opérationnelle et les protocoles de sécurité à la lumière des débordements. À l'heure actuelle, c’est un service composé d’employés cols bleus qui assure la sécurité de l’hôtel de ville et ceux-ci ont rapidement été débordés par les événements lundi soir. Le directeur du SPVM croit qu’il est temps de revoir la sécurité de l’hôtel de ville. «Je peux vous dire que d’ici 48 heures, il va se passer des choses à cet égard-là», a-t-il indiqué. «On ne veut pas que ça se reproduise.»

 

Lundi, alors que siégeait le conseil municipal, il avait été convenu de laisser entrer 250 personnes à l’intérieur de l’hôtel de ville «pour laisser les gens avoir accès de façon démocratique au conseil de ville», a-t-il relaté. «Mais compte tenu de ce qui se passait à l’extérieur, on n’aurait pas dû laisser entrer les gens, a-t-il admis. Je ne mets pas le blâme sur les agents de sécurité [de l’hôtel de ville]. J’avais des policiers cadres et syndiqués sur place. L’évaluation de la menace a été adaptée en fonction de ce qu’on avait comme première information. La tension palpable à l’extérieur aurait dû changer notre décision à ce moment-là.»

 

Facture aux syndicats

 

De son côté, le maire Denis Coderre a réitéré que les syndicats devraient assumer les coûts liés aux événements de lundi soir, soit le nettoyage des lieux de même que le temps supplémentaire des policiers en uniforme qui étaient sur place, mais qui ne sont pas intervenus.

 

Le maire a qualifié les actes commis lundi soir d’«agression armée» en raison des verres d’eau qui auraient été lancés dans l’enceinte de la salle du conseil.