Coderre veut des taxis écolos et intelligents

La nouvelle politique prévoit une série de mesures qui permettront de rendre les véhicules plus sécuritaires pour les chauffeurs, tout en accroissant la qualité du service.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La nouvelle politique prévoit une série de mesures qui permettront de rendre les véhicules plus sécuritaires pour les chauffeurs, tout en accroissant la qualité du service.

Des taxis écolos et intelligents. Voilà ce que vise Denis Coderre avec la nouvelle politique sur l’industrie du taxi qu’il a dévoilée jeudi. À court terme, les chauffeurs de taxis montréalais devront obligatoirement doter leur véhicule de caméras et offrir le paiement électronique.

 

Le maire dit vouloir moderniser l’industrie du taxi et la faire entrer dans le XXIe siècle. Pour ce faire, la nouvelle politique prévoit une série de mesures qui permettront de rendre les véhicules plus sécuritaires pour les chauffeurs, tout en accroissant la qualité et l’efficacité du service auprès de la clientèle.

 

Certaines mesures comme l’installation de caméras, le paiement électronique et la géolocalisation pourraient être appliquées au plus tard en 2015, mais d’autres prendront plus de temps à s’implanter, croit le maire.

 

Couleur uniforme

 

L’industrie du taxi devra se doter d’une image « distinctive » ce qui devrait l’amener à adopter un modèle unique de véhicule et uniformiser la couleur des voitures. Mais comme le quart des chauffeurs de taxi sont des travailleurs autonomes, il faudra cheminer prudemment dans ce dossier, a indiqué M. Coderre.

 

Le maire souhaite aussi que l’industrie du taxi prenne le virage de l’électrification pour que, graduellement, le nombre de voitures taxis hybrides et électriques augmente. « Il y a des incitatifs qui existent, mais on peut aussi faire des ententes avec des entreprises », a-t-il suggéré.

 

Il est possible que les chauffeurs aient à assumer une partie des coûts de certains équipements comme les caméras, a admis le maire, mais, ajoute-t-il, diverses solutions pourraient être envisagées pour financer ces projets. Il a notamment évoqué l’installation d’écrans numériques à l’intérieur des véhicules pour diffuser de la publicité et des informations touristiques.

 

Accueil favorable

 

Le président de Taxi Diamond, Dominique Roy, accueille favorablement la nouvelle politique de la Ville. « Dans l’ensemble, ça s’inscrit dans ce qu’on avait déjà entendu dans les discussions qu’on a eues au cours des six derniers mois. Mais on n’a pas eu beaucoup d’informations sur les vraies implications monétaires tant de la part des chauffeurs que de la Ville », a-t-il commenté.

 

Pour lui, l’instauration d’une norme professionnelle, comme le prévoit la politique, est une bonne nouvelle, tout comme l’électrification des véhicules : « On doit passer par là. Montréal est tellement reconnue comme une ville verte que ce n’est pas logique qu’on soit le dernier à le faire. » À l’heure actuelle, les chauffeurs peuvent difficilement acheter ces véhicules, mais en revanche, plusieurs études démontrent que l’achat d’un véhicule électrique ou hybride peut être amorti en 3 ou 4 ans, avance-t-il.

 

Tout en saluant les mesures annoncées, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a déploré que la politique manque de précision quant aux coûts et aux échéanciers de réalisation.

 

Le chef de l’opposition croit aussi que la nouvelle politique ne suffira pas pour contrer le déclin que connaît l’industrie depuis plusieurs années en raison du nombre grandissant d’automobiles à Montréal. L’administration aurait dû prendre des mesures pour diminuer l’attrait de l’automobile, dit-il : « Il va falloir prendre position résolument en faveur des transports collectifs et prendre des actions conséquentes ».

On n’a pas eu beaucoup d’informations sur les vraies implications monétaires Dominique Roy, président de Taxi Diamond

4 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 15 août 2014 06 h 22

    «les chauffeurs peuvent difficilement acheter ces véhicules»?

    L'affirmation du président de Taxi Diamond, Dominique Roy, est fausse. De nombreux chauffeurs de taxi ont acquis des Toyota Camry hybrides ou des Prius V. Le surcoût n'est que de 4000$ rapidement amorti par les économies d'essence.

    De plus ces deux véhicules durent plus longtemps que des véhicules à moteur à essence seulement. Le moteur électrique réduit l'usage et l'usure du moteur à combustion.

    Si la majorité des chauffeurs sont réticents à acheter ces deux hybrides, c'est une question de mentalité réactionnaire, de manque d'information ou de préjugés.

    • Patrice Vaillancourt - Inscrit 15 août 2014 13 h 51

      Et 30 000 $ pour la Prius V. Faut avoir l'argent, c'est pas l'information ou les préjugés qui freinent. (Pas si mal la Prius V en passant. Belle et agréable à conduire. Reste plus qu'à voir ses coûts inhérents à son utilisation).

  • Patrice Vaillancourt - Inscrit 15 août 2014 08 h 43

    Je veux moi non plus

    Denis Coderre veut... Puis-je lui dire ce que je veux ? Rien contre la caméra si la ville paye. Sur mon plein d'essence, 4 ou 5 cents, le litre, vont au à la STM. SI c'est gratos pour les chauffeurs d'autobus, pouquoi pas nous ? Rien contre la couleur de la voiture, mais couleurs d'origines. Si, en plus de l'achat d'une nouvelle voiture, je dois payer pour une nouvelle peinture. Hybride OK ; électrique, non. Si, en plein hiver, j'ai une bonne journée, je me vois mal refuser une course ou interrompre ma journée pour aller charger ma voiture. Sans oublier ma voiture louée qui roule parfois 24h sur 24h.

    Bref, Denis, je sais que tu veux mon bien. Mais tu coûtes cher mon homme... Et j'ai pas trop tes revenus. Alors retombe sur terre. Retourne au Centre d'achat Henri-Bourassa, comme jadis à l'émission les Francs Tireurs

  • Jean Richard - Abonné 15 août 2014 09 h 35

    Des plus ou moins bonnes « bonnes idées »

    Le modèle unique – Sachant que les besoins des clients sont très variables, comment un modèle unique pourra-t-il efficacement répondre à ces besoins ? La majorité des clients prennent le taxi en solo. Ils n'ont donc besoin que d'une petite voiture, qui non seulement consomme moins, mais occupe moins d'espace en ville. Mais à certains moments de la journée, le soir surtout, un véhicule de plus grande taille serait plus approprié. La diversité de la demande exige donc une diversité de l'offre.

    Les véhicules électriques – Le mythe de la vertu qui passe par l'électrification de la voiture individuelle est tenace. Bien que ces mythes aient été déboulonnés les uns derrière les autres, les lobbies ne lâchent pas prise et les dirigeants voulant se donner une étiquette verte se laissent berner. La voiture individuelle électrique n'est pas plus écolo que sa vis-à-vis à pétrole. Et comme à capacité égale elle est plus grosse, elle pourrait facilement devenir une nuisance urbaine plus importante que la voiture à pétrole. Dans le cas des taxis, la voiture rechargeable à 100 % n'est pas à la hauteur des besoins de l'industrie.

    Si on veut électrifier les transports, faisons-le là où chaque dollar investi sera le plus efficace : dans les transports en commun utilisant des techniques éprouvées.

    Le taxi libre-service ? On a ici Auto-Mobile, Car2Go et... Bixi. Du point de vue urbain, Bixi est de loin le plus souhaitable. Or, on voit venir M. Coderre avec l'annonce de la fin de ce service. Reste les deux autres. Car2Go a sûrement fait un meilleur choix que sa concurrente en optant pour un véhicule qui occupe environ 40 % moins d'espace. Dans les deux cas cependant, le service est encore trop jeune pour qu'on puisse s'en faire une idée juste. Est-ce souhaitable que la voiture en libre service puisse cohabiter avec le taxi ? M. Coderre penche du côté des lobbies les plus forts...