Ententes à l’amiable entre la Ville et trois de ses policiers

Le SPVM reprochait aux deux premiers, qui étaient des officiers supérieurs, leur manque de loyauté envers leur employeur, l’abus de confiance, des fréquentations douteuses et des manquements aux procédures opérationnelles.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le SPVM reprochait aux deux premiers, qui étaient des officiers supérieurs, leur manque de loyauté envers leur employeur, l’abus de confiance, des fréquentations douteuses et des manquements aux procédures opérationnelles.

Des ententes à l’amiable sont intervenues entre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et trois de ses policiers qui avaient été suspendus sans solde en juin 2013 à la suite d’une enquête disciplinaire. Giovanni Di Feo, Jimmy Cacchione et Tonino Bianco quitteront leur emploi selon des modalités qui n’ont pas été rendues publiques.

 

L’inspecteur-chef Di Feo, l’inspecteur Jimmy Cacchione de même que l’enquêteur Tonino Bianco étaient tous trois basés à l’aéroport Montréal-Trudeau.

 

Manque de loyauté

 

Le SPVM reprochait aux deux premiers, qui étaient des officiers supérieurs, leur manque de loyauté envers leur employeur, l’abus de confiance, des fréquentations douteuses et des manquements aux procédures opérationnelles.

 

Les deux policiers avaient fait l’objet d’écoute électronique de la part de la GRC en raison de leurs contacts nombreux avec Luigi Coretti, ancien patron de l’agence de sécurité BCIA, contre qui des accusations de fraude, de fabrication et d’usage de faux ont été portées.

 

Rappelons que c’est M. Coretti qui aurait fourni une carte de crédit à l’ancien ministre libéral Tony Tomassi, ce qui avait valu à ce dernier des accusations de fraude et d’abus de confiance.

 

On reprochait également aux deux policiers d’avoir tenu des propos discréditant le directeur du SPVM, Marc Parent, et à l’un d’eux d’avoir accepté des billets de hockey d’un soumissionnaire.

 

En septembre 2013, la Cour du Québec a décrété que les deux hauts gradés devaient continuer d’être payés en attendant un jugement sur leur sort. M. De Feo touchait un salaire de 133 000 $, et M. Cacchione de 122 000 $.

 

Les trois policiers avaient contesté leur suspension et des audiences disciplinaires avaient débuté en janvier 2014. Des négociations hors cour ont toutefois permis aux deux parties de s’entendre pour mettre fin à l’emploi des policiers et aux procédures en cours. Mercredi dernier, lors de discussions à huis clos, les membres du comité exécutif de la Ville ont approuvé les accords conclus.

 

Ententes confidentielles

 

La Ville a refusé de rendre publics les détails des ententes. « Les parties se sont engagées à s’abstenir de faire quelque déclaration que ce soit sur les circonstances qui ont mené à la conclusion des ententes ou leur teneur », a indiqué au Devoir Patricia Lowe, relationniste à la Ville de Montréal.

 

« En négociant ces ententes, la Ville évite aux contribuables les coûts d’un long procès », a-t-elle fait valoir.

 

Giovanni Di Feo et Jimmy Cacchione prendront leur retraite le 2 janvier 2015 alors que Tonino Bianca prendra la sienne en avril 2017.

 

Giovanni Di Feo et Jimmy Cacchione seraient considérés comme des fidèles de l’ex- directeur du SPVM, Yvan Delorme, qui avait causé une surprise en prenant sa retraite à l’automne 2010 à l’âge de 47 ans. Cette démission était survenue quelques mois après qu’a éclaté la controverse entourant la firme BCIA, qui avait assuré les opérations de surveillance du quartier général du SPVM, rue Saint-Urbain, sans qu’un contrat lui ait été octroyé.

6 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 9 août 2014 07 h 54

    Ceci montre encore, encore!, l'urgence de mettre de SPVM sous tutelle car la direction en poste ne parvient pas à nettoyer les écuries d'Augias. Si j'étais Denis Coderre, je m'a empresserais aussi d'abolir le sigle du SPVM pour bien montrer que ce service n'en est un que comme plusieurs autres dans la Ville de Montréal, affirmant ainsi que le SPVM n'est pas une entité indépendante et que ses policiers sont des fonctionnaires municipaux.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 9 août 2014 08 h 53

    Intéressant!...

    .... intéressant de voir que lorsqu'il se produit une entente avec les policiers, c'est grâce à la Ville de Montréal qui est tributaire d'avoir sauvé des coûts aux contribuables. Laissant aussi sous-entendre qu'elle a fait preuve de clémence sans que l'on connaisse le dossier. Pourtant ces mêmes négociations résultent d'une discussion entre 2 parties. Et que c'est la faute des policiers quand ils n'arrivent pas à s'entendre sur leurs conditions de travail....

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 août 2014 11 h 34

    Et si je veux connaître...

    les tenants et aboutissants de cette saga...?
    Ne trouvez-vous pas que ça sent mauvais...?
    Est-ce que ça relève de la Commission Charbonneau?
    Comment voulez-vous ne pas être cynique quand tout se fait en vase clos?
    Combien coûtera cette...peut-on appeler ça une...bavure?
    La clarté a toujours meilleur goût?

    • lise pelletier - Inscrit 9 août 2014 22 h 15

      et quelle ingénieuse et secrète façon de mettre le couvercle sur la marmite d'eau chaude que représente le dossier BCIA pour le PLQ avec l'ex-ministre Dupuis de connivence avec l'ex-chef Delorme du SPVM.

  • Robert Beauchamp - Abonné 9 août 2014 13 h 05

    Les m...ententes

    On n'arrive jamais à savoir la raison pour laquelle ces compensations sont versées. Dès que certains professionnels en position supérieure, cadres, ingénieurs, avocats, comptables font l'objet d'enquêtes dont le résultat n'est pas affiché sans reproche, le fric survient comme un lapin sorti du chapeau. On invoque la société de droit en déclarant le manque de preuves mais on n'innocente pas non plus. Tiens! tiens! «Paye-toé»mon cher citoyen, tu en as les moyens. Les politiciens ont maté 200 000 étudiants en six mois. Mais pour les pros de la garde rapprochée, ça prend ou une éternité ou le truc de l'entente secrète.

  • François Dugal - Inscrit 10 août 2014 07 h 48

    Enrichissons notre vocabulaire

    Cover up:
    Expression anglaise du langage commun signifiant: camouflage, dissimulation.
    Expression consacrée: on a tenté d'étouffer l'affaire.