La consommation d’eau potable chute de 19%

En 2013, la production d’eau potable pour l’île de Montréal a atteint 639 millions de mètres cubes d’eau, soit 2 % de moins que l’année précédente et 15 % de moins par rapport à 2001.
Photo: Thinkstock En 2013, la production d’eau potable pour l’île de Montréal a atteint 639 millions de mètres cubes d’eau, soit 2 % de moins que l’année précédente et 15 % de moins par rapport à 2001.

Les Québécois figurent parmi les grands consommateurs d’eau potable dans le monde. Mais à Montréal, les plus récentes données montrent une certaine amélioration à ce chapitre.

Au cours de la dernière décennie, la consommation d’eau par habitant a diminué de 19 % à Montréal, une performance qui permettra à la Ville d’atteindre les objectifs fixés par la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP) du gouvernement. Malgré ces résultats encourageants, Montréal perd encore 30 % de son eau en raison des fuites dans son réseau souterrain, révèle un récent bilan dressé par la Ville.

 

La réfection graduelle des infrastructures, un dépistage plus efficace des fuites, de même que des équipements qui utilisent moins d’eau ont contribué à faire diminuer la consommation d’eau au fil des ans à Montréal.

 

En 2013, la production d’eau potable pour l’île de Montréal a atteint 639 millions de mètres cubes d’eau, soit 2 % de moins que l’année précédente et 15 % de moins par rapport à 2001, indique le bilan annuel de l’usage de l’eau potable pour l’année 2013 établi par la Ville.

 

Lorsque calculée par personne, cette réduction se chiffre à 19 %, ce qui fait en sorte que la Ville atteindra vraisemblablement l’objectif de 20 % exigé par la SQEEP d’ici 2017.

  

Les compteurs d’eau

 

Malgré les investissements importants consentis au cours des dernières années, les fuites demeurent importantes, soit 30 % contre 33 % en 2011-2012. Mais ces données sont approximatives, notamment parce que la Ville n’a pas complété l’installation des compteurs d’eau dans les industries, commerces et institutions (ICI).

 

Rappelons qu’à la suite du scandale des compteurs d’eau, la Ville avait réduit l’ampleur et les coûts du projet. Ainsi, Montréal compte installer 16 400 nouveaux compteurs sur son territoire d’ici la fin de 2017. Au 31 décembre dernier, 2045 compteurs ont pu être installés.

 

La Ville a par ailleurs accru l’efficacité de sa détection des fuites. En 2013, elle estime avoir effectué une détection systématique des fuites dans 80 % de son réseau secondaire. « Autrefois, on était en mode réactif, mais maintenant, on est davantage en mode préventif », souligne Dominique Deveau, de la Direction de la gestion stratégique des réseaux d’eau à la Ville.

 

En revanche, les travaux de réfection des conduites d’aqueduc ont connu en 2013 un ralentissement par rapport à l’année précédente en raison du resserrement des règles d’attribution des contrats.

 

Au cours de la prochaine année, la Ville compte se doter d’équipements visant à mieux contrôler le débit d’eau dans son réseau souterrain. Le conseil municipal devra d’ailleurs approuver une dépense de 6,6 millions à cet effet lors de l’assemblée du 18 août prochain.

  

Garder le cap

 

Pour Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours !, le bilan 2013 comporte plusieurs bonnes nouvelles. « Le Service de l’eau de la Ville de Montréal s’est donné un plan quinquennal qui a bien de l’allure. Il s’agit juste de le financer adéquatement, mais il semble que le maire Coderre veuille garder le cap », a-t-elle commenté.

 

Mme Chatelain croit que Montréal aurait avantage à intensifier ses campagnes de sensibilisation et à mettre en place des mesures incitatives pour encourager les propriétaires à doter leurs immeubles d’équipements à faible débit afin de réduire le gaspillage.

 

Elle salue toutefois l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement municipal pour encadrer l’utilisation de l’eau potable, notamment en matière d’arrosage. « Parfois, il faut être un peu coercitif pour qu’il y ait des résultats », dit-elle.

 

Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, estime lui aussi que Montréal devrait accroître ses efforts en matière de sensibilisation auprès des citoyens. « 40 % de la consommation d’eau à Montréal est attribuable au secteur résidentiel. Je crois qu’il y a un travail important à faire là parce que c’est une grosse part du gâteau », dit-il.

 

Tout en reconnaissant que le dossier de l’eau est prioritaire, le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet est d’avis que la Ville ne doit pas négliger les autres enjeux. « Il y a eu beaucoup de sous-investissement dans le passé, mais il faut équilibrer nos interventions. Ce n’est pas seulement avec un réseau d’aqueducs et d’égouts en bon état qu’on retiendra les familles à Montréal », dit-il.

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