Bras de fer entre Michel Brûlé et le Plateau

Michel Brûlé, lui, dit avoir maille à partir avec le Plateau-Mont-Royal qui lui refuse le droit de doter sa propriété d’un garage.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Michel Brûlé, lui, dit avoir maille à partir avec le Plateau-Mont-Royal qui lui refuse le droit de doter sa propriété d’un garage.

Au printemps dernier, une famille montréalaise avait dû se battre contre la réglementation de l’arrondissement du Sud-Ouest pour se débarrasser d’un garage et verdir sa cour. Michel Brûlé, lui, dit avoir maille à partir avec le Plateau-Mont-Royal qui lui refuse le droit de doter sa propriété d’un garage.

 

L’éditeur et ex-candidat à la mairie de Montréal est propriétaire d’un immeuble de la rue Drolet qu’il a fait construire en 2011. Le bâtiment de trois étages est bordé par le parc Villeneuve. Le rôle foncier indique que sa valeur atteint 1,58 million.

 

Désireux de vendre sa maison, M. Brûlé a trouvé un acheteur prêt à verser plus de deux millions de dollars pour sa propriété. Le hic, c’est que la promesse d’achat est conditionnelle à l’obtention d’un permis pour un garage, car l’acheteur potentiel possède une voiture électrique qui requiert un stationnement adjacent à la demeure.

 

Lors de l’élaboration des plans de la maison en 2010, Michel Brûlé avait demandé l’autorisation d’aménager un garage intégré en façade de son immeuble, mais sa demande avait été refusée. « À l’époque, je n’ai pas voulu me battre parce que je n’avais pas d’auto », a-t-il relaté. C’est donc la mention « atelier » qui a été inscrite sur les plans, ce qui a été accepté.

 

La récente offre d’achat l’a amené à revenir à la charge avec sa demande de garage auprès de l’arrondissement. Peine perdue, car le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) a rejeté sa requête, alléguant qu’elle contrevient au règlement en matière d’aménagement.

 

Michel Brûlé soutient que les règles appliquées par l’arrondissement ne sont pas conformes au règlement d’urbanisme. « Le CCU du Plateau prend des décisions arbitraires qui n’ont rien à voir avec la réglementation municipale », dit-il.

 

Craignant de voir l’occasion de vente lui échapper puisque l’offre d’achat arrivera à échéance le 18 août prochain, Michel Brûlé a embauché une avocate pour s’occuper du dossier. Il dit avoir discuté mardi avec la présidente du CCU et conseillère de Projet Montréal, Marie Plourde, mais il soutient que celle-ci a été intraitable concernant son dossier et qu’elle a utilisé un ton agressif envers lui.

 

L’éditeur, qui avait brigué la mairie de Montréal en novembre dernier, va jusqu’à dire que la partisanerie a pu jouer en sa défaveur. « Est-ce que j’ai un traitement équitable parce que je suis un adversaire politique ? C’est une question qu’on peut se poser », dit-il.

  

Traitement de faveur ?

 

À l’arrondissement du Plateau, on rétorque que le projet de garage n’est pas conforme à la réglementation en vigueur. M. Brûlé aurait dû s’y prendre plus tôt pour demander une dérogation, signale Michel Tanguay, chargé de communication à l’arrondissement du Plateau.

 

Tenter de se soustraire aux procédures réglementaires en invoquant l’urgence de la situation équivaut à exiger un « traitement de faveur », ce que refuse l’arrondissement. « Ce projet a été étudié en long et en large dans le passé et n’a pas été accepté à ce moment-là. On voit mal comment ça pourrait être accepté quatre ans plus tard », indique Michel Tanguay.

 

Bien qu’il envisage d’entreprendre des procédures légales contre l’arrondissement pour le forcer à lui délivrer son permis, M. Brûlé s’attend à ce que ces démarches lui occasionne des délais supplémentaires.

  

Les voitures électriques

 

Posséder une voiture électrique quand on habite l’un des quartiers centraux de Montréal est problématique si on ne dispose pas d’un stationnement dans sa cour. En juillet dernier, lors du déploiement des premières bornes de recharge au centre-ville, le responsable du dossier du transport au comité exécutif, Aref Salem, avait évoqué la possibilité d’en installer sur les trottoirs dans les quartiers résidentiels, mais pour l’instant, la Ville ne prévoit en installer que dans les stationnements d’édifices municipaux.

13 commentaires
  • Nasser Boumenna - Abonné 7 août 2014 05 h 31

    Objectif?

    Auriez-vous écrit cet article si le demandeur avait été un inconnu quelconque? Des cas comme ça, il y en a des milliers dans n'importe quelle ville.

  • Guy Vanier - Inscrit 7 août 2014 06 h 10

    Superbe beau problème à régler!

    Par une administration qui semble vivre dans le passé. Ça vas prendre du temps pour changer les mentalitées des urbanistes qui sont souvent intraitables. Quand vous donnez trop de pouvoir à des fonctionnaires, il n'est pas rare qu'ils en abusent, surtout les urbanistes.
    Nous avons des problèmes similaires dans notre région et nous sommes dans des plus petits villages que le grand Montréal.
    Bonne chance à monsieur Brûlé.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 7 août 2014 09 h 46

      S'il y a une administration qui a le regard tourné vers l'avenir, c'est bien celle du Plateau. Non, la solution n'est pas que chaque maison du plateau se dote d'un garage, pour en faire un Saint-Léonard bis. Cela bouleverserait le paysage urbain, et pas pour le mieux. La solution est l'aménagement de bornes sur le domaine public.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 7 août 2014 06 h 35

    Question de procédure

    Habituellement, en ce qui concerne les dérogations dans les municipalités, le CCU recommande et le Conseil décide, soit pour confirmer la recommandation du CCU, soit pour approuver la demande de dérogation.

    Si je comprend bien, ça ne fonctionne pas comme ça à Montréal ?
    Nulle part, dans l'article, n'est-il fait mention du Conseil.

  • Alexie Doucet - Inscrit 7 août 2014 08 h 38

    Comité consultatif d’urbanisme

    Mais de quoi se mêle ce comité? Si l'on accorde le droit de bâtir un atelier, ce qu'on met dedans c'est notre affaire, non? Et quand on veut verdir sa cour, c'est notre affaire aussi, non? Il y a des fonctionnaires de peu de vision qui s'acharnent à défendre les règlements plutôt qu'à servir la population. Une vraie plaie sur le Plateau.

  • Guy Desjardins - Inscrit 7 août 2014 08 h 49

    Traitement de faveur?

    Je ne crois pas à cela. Il semble qu'au Plateau-Mont-Royal tout est bon pour ne pas accepter les automobiles. Par chance que je n'habite pas dans ce patelin et je crois que beaucoup de personnes vont y penser deux fois avant de mettre des sous dans cette arrondissement toujours en conflit.

    • Benoît Landry - Inscrit 7 août 2014 15 h 49

      Me semble qu'il y a suffisamment d'endroit dans la grande région de Montréal pour s'acheter une maison qui a sa propre cour. Que le Plateau Mont-Royal soit différent de St-Léonard ou de St-Lambert vous y voyez un problème ? Pas moi. Ce quartier est un des plus densément peuplé au km carré du Québec, donc que l'arrondissement mettre tout en oeuvre pour que les gens puissent y vivre sans utliser leur auto, pourquoi pas ?