Un geste «totalement irresponsable»

Les policiers de Montréal usent de moyens de pression, comme le port de casquettes rouges et de pantalons de camouflage, pour dénoncer le projet de loi sur les régimes de retraite des employés  pour municipaux.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les policiers de Montréal usent de moyens de pression, comme le port de casquettes rouges et de pantalons de camouflage, pour dénoncer le projet de loi sur les régimes de retraite des employés  pour municipaux.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal est restée muette dimanche, au lendemain de la journée de maladie qu’ont pris plus d’une centaine de policiers.

 

Son porte-parole Éric Normandeau a affirmé au Devoir avoir « eu la consigne d’attendre la fin de la semaine pour commenter les événements du week-end ».

 

Cet absentéisme massif a été vivement critiqué par le maire, Denis Coderre, qui y a vu un moyen de pression contre le projet de loi sur les régimes de retraite, ce que nie la Fraternité.

 

Services essentiels

 

Le maire n’a pas caché sa colère samedi. « Je trouve ça totalement irresponsable de dire aux gens de ne pas rentrer au travail », a-t-il lancé durant une mêlée de presse, en faisant référence au mot d’ordre qui aurait été envoyé aux policiers, leur demandant de ne pas se présenter au travail samedi matin. « Il y a une convention collective qui est en vigueur. Il n’y a aucune raison de faire ce geste-là. C’est un manque flagrant de sens des responsabilités », a martelé M. Coderre. Il a ajouté qu’il trouvait « inacceptable qu’on puisse jouer avec la sécurité des gens ».

 

Même si le syndicat des policiers a contesté les allégations de la Ville de Montréal, le maire est resté sceptique. « Ils sont tous tombés malades en même temps. Ce n’est pas pour rien que la commission des services essentiels nous a donné raison. Je pense qu’il faut appeler un chat un chat. Si on prend des décisions, il faut qu’on les assume. »

 

Le maire a assuré que « ceux qui ont utilisé leur journée de maladie vont la perdre et les heures supplémentaires que ça va coûter, ce ne sont pas les citoyens qui vont les payer ; c’est le syndicat ».

 

La crise a éclaté vendredi soir, alors que la Ville de Montréal a été informée que plusieurs policiers pourraient contrevenir au Code du travail et à leur convention collective en tombant soudainement malades samedi matin. Des représentants de la Ville de Montréal ont alors contacté la Commission des relations de travail (CRT) pour obtenir une séance de conciliation d’urgence. La séance a eu lieu à 2 h dans la nuit de vendredi à samedi.

 

Le jugement a demandé « à tous les salariés, membres de la Fraternité des policiers, de fournir leur prestation régulière et normale de travail […] » et demandé « à la Fraternité des policiers, à ses dirigeants, représentants et mandatairesde prendre toutes les mesures nécessaires pour que ses membres fournissent leur prestation régulière et normale de travail […]».

 

Escalade

 

Au matin, plus d’une centaine de policiers ont pris un congé de maladie malgré tout. Pour compenser ce manque de personnel, des policiers qui ont travaillé dans la nuit de vendredi à samedi sont restés en poste.

 

Le maire a affirmé rester en contact avec le directeur du SPVM. À ses yeux, la prise de congés samedi matin est une étape de plus dans l’escalade des moyens de pression des agents du Service de police de Montréal (SPVM) pour montrer leur opposition au projet de loi sur les régimes de retraite. Ce projet de loi prévoit notamment augmenter la cotisation de chaque policier de Montréal de 114 $ par semaine et le partage à parts égales des déficits par les employés municipaux à compter du 1er janvier 2014. Quant aux retraités, ce projet autorise le ministre des Affaires municipales à suspendre l’indexation de leurs rentes.

21 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 28 juillet 2014 00 h 35

    Une plaisanterie ?

    M.Coderre:"Il y a une convention collective qui est en vigueur."

    La realite est qu'avec la loi 3 sur les regimes de retraites, les convention collectives ne veulent plus rien dire...

    M.Coderre:"Si on prend des décisions, il faut qu’on les assume."

    Sauf encore une fois pour les regimes de retraites M.Coderre ?

    Donc les employes doivent assumer la mauvaise gestion de la ville puisque la ville ne le fait pas et en plus M.Coderre declare ceci:"C’est un manque flagrant de sens des responsabilités...

    Au moins M.Coderre admettez cela !

    Que ce soit le federal, provincial ou municipal, quand l'exemple ne vient pas d'en haut ( comme les hausses de salaires des conseillers municipaux ou deputes provinciaux) en disant faite ce que je dis mais pas ce que je fais, il y a de fortes chances que les oreilles restent sourdes ...

    • Jacques Patenaude - Abonné 28 juillet 2014 15 h 26

      Il faut se rappeler que ce ne sont pas que les policiers qui sont concernés mais tous les employés municipaux. D'ailleurs vous soulevez un point intéressant le gouvernement provincial a sur la table une proposition qui pourrait sans doute servir de base à la nouvelle loi: Faire une opération à somme nulle. Selon la proposition avec laquelle Couillard se dit d'accord, les députés verront leur salaire augmenté pour une somme équivalente à la réduction de leur régime de retraite. Ça a au moins le mérite de rappeler le lien entre le salaire et le régime de retraite qui n'est autre chose d'un salaire différé. À tous ceux qui me diront que ce que j'écris est absurde j'en conviendrai facilement mais ça montre jusqu’où va la mauvaise foi des politiciens selon que ça les concerne ou que ça concerne leur employés.

    • Guy Vanier - Inscrit 28 juillet 2014 19 h 00

      Ça m'a surpris que coderre n'ait pas assuré ses arrières avec les policiers avant de procéder avec cette nouvelle loi. Il est maintenant trop tard et il devra affronter tout les syndiqués de front.
      Sans les policiers pour contrôler tout ce beau monde bientôt dans la rue, il va avoir besoin de l'armée de harper pour ça?
      Ça va chauffé pas rien qu'à peut près.

  • Carole Dionne - Inscrite 28 juillet 2014 06 h 55

    Coderre parle, parle,...

    Mais n'agit pas beaucoup. IL me fait penser à l'Europe: il donne l'impression qu'il va frapper fort mais ...

  • Pierre Labelle - Inscrit 28 juillet 2014 07 h 01

    Casquettes rouges/vs carrés rouges.

    En 2012, ces mêmes casquettes rouges matraquaient à qui mieux mieux des étudiants descendus dans les rues pour réclamer le droit à l'éducation pour tous. Ces mêmes flics procédaient à des centaines d'arrestations, souvent discutables, voire arbitraire. Toujours ces mêmes casquettes ont infligées des blessures graves à des manifestants pacifiques. Et aujourd'hui ils voudraient nous sensibiliser à leur "petit problème", ils ne manquent pas de souffle ces "pôvres" petites victimes. Ils ne sont plus là pour faire respecter la loi, ils font et sont la loi, très dangereux. Des régimes policiers instaurés dans certain pays n'ont été rien de moins que des régimes de répression. Mesdames et messieurs les agents de la paix, nous ne payons pas vos salaires pour que vous inventiez de nouvelles lois. Contentez-vous de faire respecter celles existantes. Si les autorités municipales et provinciales ont intérêt à ne pas laisser traîné les choses, cela pourrait très bien ressembler à cette grève de la PP en 1969, alors que ses membres étaient à Drummondville et disaient à qui voulait l'entendre; "nous avons nos calibres 38" c'était une menace à peine voilé. Si vous voulez être respecté, faudrait peut-être commencé par vous respectez vous-même...

  • François Dugal - Inscrit 28 juillet 2014 07 h 43

    "Irresponsables?"

    Quand le SPVM tapait à qui mieux-mieux sur les étudiants, était-ce "irresponsable", monsieur le maire?

  • Francois Parent - Inscrit 28 juillet 2014 09 h 11

    Policiers enfants gâtés

    Je trouve abberrant que des techniciens réclamment des conditions meilleur que les médecins. Se sont des enfants gâtés et il grand temps que cela change. Il y a des personnes diplômés universitaire qui ne gagnent pas leur salaire avec des conditions travail bien inférieur. Cela n'encourage pas les jeunes de poursuivrent leurs études.

    • Eric Collard - Inscrit 28 juillet 2014 16 h 50

      Votre commentaire gagnerait beaucoup en crédibilité s'il n'était pas bourré de fautes de français.

      Cordialement,

      Eric Collard