Mélanie Joly juge la réforme de Coderre prématurée

Mélanie Joly
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Mélanie Joly

Mélanie Joly, qui s’était jusqu’à présent abstenue de commenter la réforme de financement des arrondissements, dévoilée mardi, ne mâche pas ses mots. « C’est un geste complètement prématuré, un exemple de très mauvaise gouvernance », lance la chef du parti Vrai changement pour Montréal. Mme Joly se questionne sur l’initiative prompte de la Ville de Montréal, qui prévoit une révision en profondeur de l’enveloppe budgétaire de chaque arrondissement, en plus de revoir progressivement les pouvoirs que se partagent ces derniers avec la ville centre. « Je me demande pourquoi Denis Coderre veut entamer une telle réforme, alors qu’il n’a même pas commencé ses discussions avec le gouvernement du Québec pour l’obtention d’un nouveau statut de métropole », explique-t-elle.

 

En avril, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est dit prêt à revoir le statut de Montréal, ouvrant la porte à davantage de financement et de pouvoirs pour la métropole. Dans ce contexte, Mme Joly s’explique mal que le maire n’ait pas voulu attendre de connaître les nouveaux paramètres du financement qu’il pourra tirer du futur projet de loi, censé voir le jour d’ici deux ans. « Si M. Coderre réussit à multiplier les sources de financements, il va encore devoir tout repenser le fonctionnement de la ville. Il a agi trop vite, il a placé la charrue devant les boeufs. » Cette dernière se désole aussi de voir le budget de l’arrondissement de Ville-Marie diminuer de 14 %, jugeant qu’une telle situation va « complètement étouffer le centre-ville et son développement économique ».

 

La mairesse de LaSalle ravie

 

Alors que la réforme de l’administration Coderre suscite beaucoup de mécontentements, l’arrondissement de LaSalle est plus que ravi de voir son budget exploser de presque 22 %. « C’est un grand soulagement de voir la dotation historiquement inéquitable de notre arrondissement enfin corrigée », a indiqué la mairesse de l’arrondissement, Manon Barbe, mercredi par voie de communiqué. Celle-ci a toutefois estimé que l’étalement sur cinq ans de la hausse du financement est « très long » et qu’il faudra donc « être patient » avant que le fardeau fiscal de l’arrondissement soit allégé.