L’est de Montréal hébergera le futur centre de compostage

L’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles héritera du quatrième centre de traitement des matières organiques de Montréal, a annoncé mercredi Denis Coderre, dix mois après avoir fait de l’annulation du projet de centre de compostage dans le secteur Saint-Michel une promesse électorale.

 

Le terrain sélectionné, situé à l’angle des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste, appartient déjà à la Ville. Il se trouve dans un secteur industriel, à quelque 1,5 kilomètre de toute zone résidentielle, ce qui représente trois fois la norme requise, a souligné le maire au cours d’un point de presse.

 

« Nous comprenons que l’endroit puisse être un irritant pour certains, mais gouverner, c’est choisir, a indiqué le maire. C’est très pratico-pratique, dans un secteur industriel [ce] qui permet le respect des résidants », a-t-il ajouté, vantant les nombreux emplois spécialisés qu’attirera le nouveau centre de compostage dans l’est de Montréal.

 

Le nouveau centre de traitement des matières organiques s’ajoute à trois autres, déjà prévus dans les arrondissements de Saint-Laurent et de Montréal-Est. Tout comme eux, sa mise en service est prévue pour 2019. Pas moins de 29 000 tonnes de résidus verts et « précompost » seront acheminées à Rivière-des-Prairies chaque année. Le précompost est ce qui reste des matières compostables après l’extraction du méthane.

 

Mais le problème demeure entier dans Saint-Michel puisque le Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) continuera d’accueillir le site de compostage de résidus verts à ciel ouvert. L’administration Coderre n’a finalement déplacé qu’une partie du problème, estime Projet Montréal. Qui plus est, Montréal-Est accueillera à elle seule deux infrastructures majeures, soit le centre de traitement des matières organiques et un centre de retraitement des ordures ménagères.

 

« Dans le passé, on s’est opposé à la création d’un nouveau centre de compostage dans l’est de Montréal au nom de l’équité territoriale [à cause du] fait qu’ils installaient deux installations dans l’est. Maintenant, ils en ajoutent un troisième. C’est beaucoup », souligne Réal Bergeron, du Collectif en environnement Mercier-Est.

 

S’il dit reconnaître la qualité du site choisi, notamment en raison de son éloignement des zones habitées, il juge lui aussi que l’est a déjà « suffisamment donné » en matière de gestion des déchets. Des terrains situés dans d’autres quartiers auraient tout aussi bien pu accueillir le nouveau centre de compostage.

 

Un cinquième centre doit entreprendre ses activités en 2024 à LaSalle. Une fois ce projet complété, ce sont près de 219 000 tonnes d’ordures ménagères qui seront détournées des dépotoirs québécois, ce qui représente un peu plus du tiers de l’enfouissement causé chaque année par la métropole. En outre, les installations de Montréal pourront produire 8 millions de mètres cubes de biométhane, soit plus du quart de la consommation de la Ville de Montréal en gaz naturel.

2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 10 juillet 2014 09 h 10

    L'Est de Montréal...

    Pourquoi ne suis-je pas étonné?

  • Jean Richard - Abonné 10 juillet 2014 09 h 52

    Des autobus aux restes de table ?

    « Montréal pourront produire 8 millions de mètres cubes de biométhane, soit plus du quart de la consommation de la Ville de Montréal en gaz naturel »

    Et que va-t-on faire de ce gaz ?

    Selon une légende urbaine, les lobbies du pétrole auraient tué le véhicule électrique. Mais on se demande si, aujourd'hui, on n'assiste pas à un retour du balancier. Les lobbies du lithium et de la batterie ne seraient-ils pas en train de tuer toute évolution du moteur thermique et pire, des nouveaux carburants destinés à ces moteurs. D'où une question : pourquoi l'autobus à gaz naturel et le trolleybus (électrique à alimentation directe, sans batteries) ont-ils été écartés alors qu'ailleurs...

    Parmi ces ailleurs, il y a une grande métropole dont l'air n'est pas des plus propres et qui se nomme Paris. Dans cette métropole, on s'est fixé un objectif qui demande des gestes immédiats pour y parvenir : les autobus diesel doivent disparaître d'ici 2025. Il ne reste 11 ans.

    Bien qu'on n'ait pas cessé de croire à l'évolution des systèmes d'alimentation électriques, on sait déjà que la super-batterie rechargée par la pensée magique ne pourra probablement pas permettre d'atteindre les objectifs ambitieux qu'on s'est fixés si on ne compte que sur elle. Des solutions plus rapides et éprouvées existent, et si elles ne sont pas parfaites, elles ont comme vertu de donner des résultats immédiats et non hypothétiques.

    Si nos déchets organiques sont mis à contribution, ne risque-t-il pas d'y avoir des surplus de production de gaz naturel ? Le biogaz provenant de nos déchets ne risque-t-il pas d'entrer en concurrence avec l'électricité alors qu'il devrait plutôt remplacer le pétrole ? Dans ce cas, une question : pourquoi ne pas utiliser une partie de ces biogaz pour les transports, et plus spécialement en milieu urbain ? Pourquoi l'autobus au gaz naturel a-t-il été écarté alors qu'ailleurs, il est en progression, pollution atmosphérique oblige ?