Un premier tronçon de l’autoroute Ville-Marie sera recouvert

Selon les évaluations préliminaires de la Ville, il en coûtera « entre 45 et 70 millions » de dollars pour recouvrir 125 mètres d’autoroute entre les rues Sanguinet et Hôtel-de-Ville.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon les évaluations préliminaires de la Ville, il en coûtera « entre 45 et 70 millions » de dollars pour recouvrir 125 mètres d’autoroute entre les rues Sanguinet et Hôtel-de-Ville.

Denis Coderre l’aura bel et bien, son cadeau d’anniversaire du 375e de Montréal : un premier pan de l’autoroute Ville-Marie devrait être recouvert d’ici 2017, a confirmé lundi le maire de la métropole.

 

Flanqué du ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, et du chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, Denis Coderre a annoncé qu’un premier tronçon de 125mètres de l’autoroute serait enfoui, à proximité du nouveau Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM).

 

« On propose de retisser le lien entre le centre-ville et le Vieux-Montréal en créant un lieu public unique aux abords de la station de métro Champ-de-Mars », a déclaré l’élu. Une nouvelle place publique « identitaire » que pourraient fréquenter de 25 000 à 30 000 personnes chaque jour, selon les analyses.

 

Les trois politiciens se sont faits avares de détails. Le gouvernement du Québec s’engage à investir jusqu’à 100 millions de dollars pour la réalisation du projet, mais celui-ci pourrait coûter beaucoup moins, « entre 45 et 70 millions », de l’avis de M. Coderre. Déjà, la ville a investi 4 millions pour des études « préprojet ».

 

Les travaux commenceront rapidement. « Ce n’est pas une étude de faisabilité, on ne fait pas une étude pour faire une étude, on est vraiment en phase de réalisation, a-t-il dit. […] On évalue toutes les options possibles. Dès novembre 2014, on aura déjà fait les choix, et ensuite on passe en mode réalisation. »

 

Dès cet été, la Ville ira de l’avant avec des consultations publiques sur la vocation à donner au nouvel espace situé dans le quadrilatère formé des rues Saint-Antoine, Sanguinet, Viger et Hôtel-de-Ville. Diverses études seront également faites pendant cette période. Les travaux en tant que tels pourraient débuter en 2015, pour être achevés deux ans plus tard.

 

Renouveau au métro

 

Les environs de la station Champ-de-Mars, peu achalandés à l’heure actuelle, sont appelés à renaître ces prochaines années grâce à la naissance du Quartier de la santé et à l’ouverture officielle du CHUM et du CRCHUM.

 

Ce nouveau lien terrestre entre le secteur de l’hôtel de ville, le Vieux-Montréal et le centre-ville, de même que l’arrivée de milliers de travailleurs à cet endroit, permettra de réparer la cicatrice créée au début des années 1970 par la construction du tunnel Viger, ont dit espérer MM. Coderre et Bergeron. Ce dernier, en sa capacité de conseiller dans l’arrondissement de Ville-Marie, est chargé du projet de recouvrement de l’autoroute à la table du conseil municipal.

 

Futur incertain

 

Aucun détail n’a été fourni sur les phases subséquentes du recouvrement de l’autoroute en tranchée, que souhaitent toujours concrétiser MM. Bergeron et Coderre. Une fois le secteur entre la rue Sanguinet et l’avenue del’Hôtel-de-Ville enfoui, quelque375mètres de l’autoroute demeureront à découvert.

 

Alors que le gouvernement péquiste avait formulé de sérieuses réserves par rapport au projet du maire Coderre en février, celui de Philippe Couillard a annoncé dans son budget de juin que le recouvrement serait « mis à l’étude » dans le cadre du Plan québécois des infrastructures 2014-2024. Le gouvernement comptait alors investir afin « d’évaluer la faisabilité du projet de recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie ». Il s’est ravisé en l’espace d’un mois, s’engageant à financer une bonne partie du projet.

 

« Oui, nous allons réaliser le projet. Je ne peux pas vous donner de montant exact, mais je peux dire que ça ne dépassera pas 100 millions », a souligné M. Poëti, qui est également ministre responsable de la région de Montréal.

 

La « phase 1 » du projet annoncé lundi, d’une longueur de près de 125 mètres, représente près de 25 % du projet original, qui prévoyait le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie du nouveau CHUM au Palais des congrès. En outre, une étude avait révélé l’an dernier qu’il en coûterait 1,5 milliard de dollars pour recouvrir complètement l’autoroute Ville-Marie du Palais des congrès à l’avenue De Lorimier, un segment de 1,5 kilomètre.

5 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 juillet 2014 01 h 12

    Où sont les priorités ?

    Il est incompréhensible que ces Césars décident tout à coup de faire une dépense somptueuse lorsque les priorités sont ailleurs. Comme la rue Saint-Laurent, abandonnée à son sort par Québec, qui s'effrite de jour en jour et qui est la honte de Montréal. Sans parler du stade qui a plus que urgemment besoin d'un toît. Comment approuver ce projet luxueux lorsque tant de besoins sont ailleurs ? Se pose-t-on les bonnes questions ? Pourquoi les ingénieurs ont-ils voulu une autoroute à ciel ouvert à cet endroit ? Pour prévenir une catastrophe en cas de collision ou explosion ? Comment va-t-on secourir d'éventuelles victimes d'un carambolage et incendie si les secours n'y ont pas accès et qu'il n'y a aucune issue de secours ? Voilà bien des questions sans réponses. C'est bien beau de vouloir embellir, la sécurité passe avant tout. Ce que semble ignorer ces Césars.

    • Jean Richard - Abonné 8 juillet 2014 09 h 04

      « Pourquoi les ingénieurs ont-ils voulu une autoroute à ciel ouvert à cet endroit ? »

      Parce que ça coûtait moins cher et qu'à l'époque, ceux qui ont passé la commande n'avaient pas comme préoccupation la qualité de vie des riverains de ces autoroutes.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 juillet 2014 11 h 40

      Monsieur Richard,

      Je vous signale que cet autoroute est couverte à 90%. Alors, la question reste pertinente, d'autant plus qu'il n'y a pas de sorties de secours ni d'accès réservé pour les véhicules d'urgence.

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 8 juillet 2014 08 h 52

    1 Milliard le kilomètre?!?

    Non mais c'est un véritable délire. Nous avons de sérieux problèmes avec les coûts des travaux majeurs au Québec, et on passe sans complètement à côté avec la Commission Charbonneau.

    Le futur pont Champlain coûtera déjà 16 fois le prix de certaines réalisations récentes dans le monde qui sont pourtant plus haut et plus long.

    Avant de commenter, je suis aller faire des petites recherches de pour voir des construction souterraines, puisque je comprend bien que couvrir une autoroute c'est plus complexe qu'un pont. En norvège, j'ai trouvé le T-Link, construit de 2009 à 2013. Un projet de ponts et tunnel sous-marin (incluant un rond point sous-marin!) . Le tunnel fait 8.9 km. Le coût de l'ensemble routier est de 1,5 Milliards de Couronnes Norvégiennes, ou 260 M$ CAD.

    On aura beau me sortir toutes les histoires de défi technique que l'on vaudra, ça demeure recourvrir une autoroute.

    Il est peut-être plus que temps d'aller demander de l'aide à l'étranger.

  • Jean Richard - Abonné 8 juillet 2014 09 h 01

    Le Père Noël s'en vient

    « Denis Coderre l’aura bel et bien, son cadeau d’anniversaire du 375e de Montréal »

    Avec sa hotte sur le dos, chantait Brassens en parlant du Père Noël...

    Première distribution des étrennes : des contrats d'études pour les firmes d'ingénieurs.

    Deuxième distribution, et la plus importante : des contrats juteux et pas toujours propres propres propres pour l'industrie de la construction.

    Troisième distribution, des applaudissements de la foule pour flatter l'égo de certains politiciens.

    Quatrième distribution... La hotte est vide et il faut passer à la caisse pour la remplir.

    Nous sommes en général d'accord sur le fait que tout ce qui peut embellir Montréal peut être fait. Mais tout Montréal mérite de se faire belle, pas juste un petit tronçon de 125 mètres où il y très peu d'habitants, mais surtout des passants.

    On nous chante et rechante que l'argent est rare. Or, il ne faudrait pas s'étonner que bien des citoyens protestent. Quand tu attends l'autobus rapide sur Pie IX depuis des lustres, ou le métro sur la ligne bleue qui doit s'allonger un jour, ou même quelques supports à vélo pour éviter que des employés zélés ne kidnappent ta bécane, quand tu attends qu'on redresse un peu des centaines de kilomètres de trottoirs et de rue amochés par le temps et la piètre qualité de leur construction, tu es tenté de dire : se pourrait-il que 125 mètres de prestige aient canibalisé les ressources de quelques centaines de kilomètres carrés de territoire urbain sur lequel vivent 1,6 million de personne ?