Les policiers montréalais ressortent leurs pantalons de camouflage

Les policiers montréalais avaient eu recours au port du pantalon « non réglementaire » en 2008 et en 2009, alors qu’ils étaient sans contrat de travail depuis des années.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les policiers montréalais avaient eu recours au port du pantalon « non réglementaire » en 2008 et en 2009, alors qu’ils étaient sans contrat de travail depuis des années.

Le jeans et le pantalon de camouflage reviendront à la mode chez les policiers montréalais. La Fraternité des policiers de Montréal a opté pour ce moyen de pression vestimentaire pour protester contre le projet de loi sur les régimes de retraite.

 

À compter de ce vendredi 15 h, les policiers porteront la casquette rouge syndicale ainsi que le jeans ou le pantalon de couleur.

 

La Fraternité des policiers de Montréal ne digère pas le projet de loi 3 déposé par le gouvernement Couillard qui impose un nouveau partage des coûts liés aux régimes de retraite entre les villes et leurs employés. Ce projet de loi « vient saccager l’historique de rémunération globale et la confiance contractuelle entre les parties », affirme le président du syndicat, Yves Francoeur.

 

La Fraternité soutient que les nouvelles règles feront en sorte d’augmenter la cotisation de chaque policier de 114 $ par semaine, ce qui correspond à 6000 $ par année, et ce, même si le fonds de retraite des policiers enregistre des surplus. Le syndicat reproche au projet de loi d’imposer une solution uniforme pour l’ensemble des régimes de retraite.

 

Les policiers en veulent aussi au maire Denis Coderre qui, disent-ils, tient un discours différent de celui qu’il avait pendant la campagne électorale de l’automne dernier alors qu’il prônait un traitement distinct pour chacun des syndicats.

 

La Coalition syndicale, qui regroupe quelque 65 000 employés municipaux au Québec, est sur le sentier de la guerre en ce qui concerne le projet de loi. L’automne sera chaud, ont promis les dirigeants syndicaux.

 

Pantalons controversés

 

Les policiers montréalais avaient eu recours au port du pantalon « non réglementaire » en 2008 et en 2009, alors qu’ils étaient sans contrat de travail depuis des années.

 

La Ville de Montréal avait bien tenté de les obliger à renoncer à ces accrocs au code vestimentaire, mais à deux reprises le Conseil des services essentiels l’avait déboutée. La Ville faisait valoir que le port du pantalon de camouflage était susceptible de mettre la sécurité des citoyens et des policiers en danger, des arguments qui n’avaient pas convaincu le Conseil d’intervenir.

Feu devant l’hôtel de ville : aucune sanction pour le moment

Aucune sanction n’a encore été imposée contre les individus qui ont allumé un feu devant l’hôtel de ville de Montréal lors d’une manifestation réunissant des pompiers, des policiers et des cols bleus le 17 juin dernier. Le maire Denis Coderre avait qualifié ce geste d’« inacceptable » et avait prévenu les syndiqués que ce « méfait » pourrait entraîner l’imposition de sanctions. Il avait mentionné qu’une facture pourrait être expédiée aux syndicats.

Or, au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on indique que les vérifications entreprises sont toujours en cours et qu’aucun constat d’infraction n’a été donné. Au cabinet du maire Coderre, on précise aussi que l’enquête se poursuit.

Les quatre principaux syndicats de la Ville ainsi que l’employeur ont toutefois rendez-vous devant la Commission des relations de travail (CRT) le 17 juillet pour une séance de conciliation. Rappelons que la Ville avait fait appel à la CRT, alléguant que les syndiqués avaient cessé de travailler pendant au moins 15 minutes cet après-midi-là.
14 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 4 juillet 2014 05 h 49

    A quand les masques?

    Dans certaines occasions, ils ne portent pas leur numéro d'identification.....
    A quand les masques?

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 4 juillet 2014 07 h 15

    La raison du plus fort

    Les flics peuvent contrevenir à toutes les lois et tous les règlements. Ils sont armés.

    Donc, ils ont raison.

    Et si vous protestez, vous êtes coupables d'entrave au travail d'un policier.

    Et comptez-vous chanceux qu'il ne vous abatte pas.

    Desrosiers
    Val David

  • André Michaud - Inscrit 4 juillet 2014 10 h 11

    Sur combien?

    On dit 6,000$ de plus par année, mais on indique pas quel est le salaire ?

    Un 6,000$ de plus si on gagne 30,000$ ne veut pas dire la même chose que si on en gagne 50,000$....

    Les policiers prennent souvent leur retraite vers 40-45 ans, ce qui veut dire qu'ils recevront une pension pendant de nombreuses années . L'espérance de vie est de plus de 80 ans !! Combien en moyenne sera donné en tout à un policier à la retraite pendant toutes ces années? Multipliez par le nombre de policiers..

    Comme toujours les syndicats jouent avec les chiffres et nous donne une analyse corporatiste de la situation.

  • Martine Fortin - Inscrite 4 juillet 2014 11 h 50

    Complètement déconnectés de la réalité

    Les gens ne se sentent pas du tout inclus dans la "fraternité". Bref, on assiste à une autre revendication de nos "honnêtes" policiers. Demandant toujours plus d'argent, pour de moins en moins de travail utile (protéger et servir), car on assiste plutôt à du travail bâclé (zel, manques de jugement, immaturité, etc).

    Comme affirme monsieur Michaud, beaucoup prennent leur retraite très jeune. Leur syndicat à réussi a convaincre les nuls (nos négociateurs), qu'on ne peut plus travailler dans la police rapidement. On connait des policiers qui sont à la retraite tôt et qui travaillent dans un autre domaine; en plus de retirer la grosse retraite.

    La réalité, c'est que chaque employé, incluant police et pompier, doit payer minimum 50% de sa pension sur son salaire. Et retirer sa rente à partir de 45 ans, jusqu'à 90 ans est ridicule et improductif; travailler 20 ans et retirer une full-rente pendant les 50 prochaines années est entièrement abusif et irresponsable. Les contribuables n'ont pas les poches si profondes pour payer tous ces abus.

  • Guy Desjardins - Inscrit 4 juillet 2014 12 h 25

    Ont'ils hontent?

    En habit de camouflage ils ont bien raison de la porter. Se faire payer une pension par les citoyens et tout ce qui vient avec, plus indexation au coup de la vie, ils ont raison de se camoufler des payeurs de taxes, qui eux n'ont même pas, et en bien des cas, une pension médiocre et utilisent leur économie pour payer la pension des policiers et pompiers retraités à 45 ans et le petit peuple qui doit travailler jusqu'à 67 ans et par la suite se trouver une petite job pour boucler les fins de mois. Tous les individus(es) du Québec ont droit à une retraite paisible, pas seulement les privilégiés de l'État. Le travailleur dans l'entreprise privé qui ne sait jamais si il ne perdra pas son emploie contrairement aux employés(es) du secteur publique, seulement cette condition devrait être prise en considération. Je comprend très bien que les conventions de travail ont été signées de bonne foi mais il ne faut pas abuser du pain béni. Tous savent que dans bien des cas les conventions ont été signées dans un seul but, avoir la paix sans penser qu'un jour l'arbre "à billet vert serait à l'agonie". Alors je crois que le GBS des policiers et pompiers devraient revenir et s'allumer afin de respecter la capacité de payer des Québécois(es). Tous nous vivons des temps très dur, tous doivent mettre de l'eau dans son vin. Les gardiens de l'ordre doivent être les premiers à donner l'exemple, dans un seul but, vivre en paix. Les contestations pour faire payer leurs pensions par les contibuables c'est dépourvu de raison et de bon sens. Tel est mon avis et sans rancune. G.D.