Le Plateau-Mont-Royal assure ne pas sévir contre les cyclistes

Le règlement sur la propreté et le civisme à l’égard du territoire du Plateau-Mont-Royal précise à l’article 27 qu’il est interdit « d’attacher une bicyclette ou un animal à un arbre ou à du mobilier urbain autre que celui spécifiquement destiné à cette fin ».
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Archives Le règlement sur la propreté et le civisme à l’égard du territoire du Plateau-Mont-Royal précise à l’article 27 qu’il est interdit « d’attacher une bicyclette ou un animal à un arbre ou à du mobilier urbain autre que celui spécifiquement destiné à cette fin ».
L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal se défend d’avoir durci le ton envers les cyclistes et de ne plus tolérer que leurs vélos soient attachés au mobilier urbain. S’il existe bel et bien un règlement d’arrondissement qui interdit d’attacher un animal ou une bicyclette au mobilier urbain, les employés chargés d’appliquer la règle ferment les yeux la plupart du temps lorsque des cyclistes y stationnent leurs montures. « Règle générale, on ne coupe pas un vélo parce qu’il est attaché à un poteau », souligne Michel Tanguay, responsable des communications à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Dans une lettre ouverte publiée vendredi dans les pages du Devoir, le cycliste Guillaume Primard raconte que le cadenas de son vélo a été scié par des employés municipaux parce qu’il était garé sur un poteau à l’angle des rues Rachel et Mentana. Une attachée politique du maire Luc Ferrandez lui aurait expliqué par courriel qu’avec l’ajout de nouveaux supports à vélo dans l’arrondissement, il devient « primordial de faire respecter le règlement ».

Or, si des employés s’apprêtaient à disposer de son vélo, c’est plutôt parce qu’il était mal stationné et qu’il gênait les cyclistes sur la piste cyclable et des piétons qui descendaient à l’arrêt d’autobus, explique Michel Tanguay. « Il y avait eu des plaintes et de la façon dont il était installé, c’était une nuisance », a-t-il indiqué.

Pas de vélos aux poteaux

Le règlement sur la propreté et le civisme à l’égard du territoire du Plateau-Mont-Royal précise à l’article 27 qu’il est interdit « d’attacher une bicyclette ou un animal à un arbre ou à du mobilier urbain autre que celui spécifiquement destiné à cette fin ». Le règlement est très semblable, quoique libellé différemment, dans plusieurs arrondissements, dont Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et Rosemont–La Petite-Patrie. Dans ces territoires, il est interdit « d’utiliser le mobilier urbain à une autre fin que celle à laquelle il est destiné », mais l’accent est mis sur le fait qu’il n’est pas permis d’attacher un vélo ou un animal à un « arbre ». Dans d’autres cas, on précise que les vélos ne peuvent pas être attachés à « un arbre, un banc, une clôture ou à une rampe d’escalier ».

Christine Gosselin, élue de l’arrondissement dans le district Jeanne-Mance, reconnaît qu’il y a peu de tolérance pour les vélos attachés à un arbre ou sur un poteau situé dans une saillie verdie. Même chose pour les vélos épaves, ces tas de ferraille oubliés à des poteaux pendant tout l’hiver, qui sont finalement enlevés au printemps par l’arrondissement.

Guillaume Primard déplore qu’on ne lui ait pas donné d’avis. « Je serais ressorti en fin de journée et j’aurais tout simplement pensé que mon vélo s’était fait voler », a-t-il écrit dans sa lettre. Michel Tanguay explique que des avis publics sont affichés pour sensibiliser les citoyens à ne pas laisser les vélos aux arbres, mais qu’effectivement, lorsqu’il y a urgence, comme ce fut le cas pour le vélo mal placé de M. Primard, aucun avis n’est donné. À Outremont, les contrevenants reçoivent un avis, mais après 48 heures, le vélo est envoyé à la fourrière et peut être récupéré pour la rondelette somme de… 147 $.

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