Denis Coderre demande des comptes au SPVM

Cols bleus, pompiers et policiers ont tenu une manifestation devant l’hôtel de ville de Montréal mardi pour protester contre le projet de loi sur les retraites.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cols bleus, pompiers et policiers ont tenu une manifestation devant l’hôtel de ville de Montréal mardi pour protester contre le projet de loi sur les retraites.

Denis Coderre a prévenu les syndiqués que la manifestation de mardi visant à dénoncer le projet de loi sur les régimes de retraite pourrait donner lieu à des représailles. Au lendemain de la manifestation, au cours de laquelle un feu a été allumé devant l’hôtel de ville, le maire a demandé au directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, de lui faire rapport des événements.

 

Le maire a réitéré qu’il jugeait « inacceptables » les gestes posés par certains syndiqués qui, lors d’une manifestation mardi réunissant des pompiers, des policiers et des cols bleus, ont allumé un feu devant l’hôtel de ville pour y brûler des casquettes, puis des déchets, bloquant du même coup la circulation sur la rue Notre-Dame. Les pompiers qui ont éteint le brasier ont par la suite arrosé la façade de l’hôtel de ville.

 

« Les gens ont le droit de protester et d’être en désaccord, mais jamais je n’accepterai de la part des syndicats qu’on fasse ce qu’on a fait hier [mardi] », a indiqué Denis Coderre lors de la séance du comité exécutif mercredi matin. « Faire un feu, c’est un méfait », a dit le maire, qui reproche aussi aux syndiqués d’avoir utilisé des véhicules de la Ville lors de cette manifestation.

 

Plus tard dans la journée, le maire a fait savoir qu’il avait donné mandat à Marc Parent de dresser le bilan des événements. « Il doit y avoir des conséquences, a-t-il dit. Ça peut vouloir dire faire payer les syndicats, mais je veux avoir un portrait. Il y a une convention collective, mais c’est sûr que ça va être tolérance zéro pour ce genre de choses. »

 

Au-dessus de la loi ?

 

À Québec, le premier ministre Philippe Couillard a dénoncé les gestes posés en toute impunité devant l’hôtel de ville de Montréal. « Quels que soient les auteurs, tout acte de violence ou de destruction de propriété doit être condamné. Personne n’est au-dessus de la loi », a-t-il souligné. « C’est d’autant plus préoccupant quand [les auteurs de ces actes sont des] personnes qui sont elles-mêmes chargées de l’application des lois », a-t-il ajouté.

 

Il appelle le SPVM à tuer dans l’oeuf toute apparence de « doubles standards » mettant les policiers, les pompiers et autres employés municipaux à l’abri de la loi et de la réglementation.

 

M. Couillard s’est toutefois montré disposé à amender le projet de loi sur les régimes de retraite tout en ne perdant pas de vue son objectif. « Les gens sont inquiets, puis ils veulent s’exprimer. Bien, qu’ils négocient les ententes avec leur municipalité », a-t-il dit.

 

De son côté, le ministre du Travail, Sam Hamad, appelle les protestataires au calme : « C’est dans l’intérêt de tout le monde de négocier de bonne foi. […] Il faut qu’on se calme un peu et qu’on négocie. »

 

Vérifications en cours
 

 

Pour leur part, les porte-parole syndicaux ont affirmé que les débordements observés n’étaient ni planifiés ni voulus. En entrevue au 98,5 FM, Yves Francoeur, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, a soutenu que son syndicat avait agi de façon responsable.

 

Le SPVM a fait savoir que des vérifications internes étaient en cours. Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, n’écarte pas la possibilité que des constats d’infraction soient donnés aux individus ayant allumé le feu. « Nous avons reçu beaucoup d’images de l’incendie », a-t-il dit.

 

Les policiers ont arrêté deux personnes mardi pour avoir intimidé des policiers devant la Cour municipale, non loin de la manifestation des syndiqués municipaux qui se tenait au même moment. Les deux événements n’ont pas de lien, a soutenu M. Lafrenière.

8 commentaires
  • Diane Veilleux - Inscrite 19 juin 2014 06 h 40

    Ai-je bien entendu ce matin, Denis Coderre déclarant que les conventions collectives signées devaient être respectées en parlant des pauses inexistantes pour les policiers. Bien étrange ce respect des ententes signés quand 24 ans Monsieur le Maire piétinnait ces mêmes ententes eu égards aux régimes de retraite.

    On se calme le pompom M. le Maire.

  • Diane Veilleux - Inscrite 19 juin 2014 06 h 42

    Le respect ... pas à sens unique

    Ai-je bien entendu ce matin, Denis Coderre déclarant que les conventions collectives signées devaient être respectées en parlant des pauses inexistantes pour les policiers. Bien étrange ce respect des ententes signées quand 24 avant Monsieur le Maire piétinnait ces mêmes ententes eu égards aux régimes de retraite.

    On se calme le pompom M. le Maire.

  • Daniel Berthiaume - Inscrit 19 juin 2014 07 h 12

    2 poids 2 mesures ?

    On arrête des jeunes qui manifestent sans permis et on laisse ceux censés garder l'ordre faire n'importe quoi? On laisse des gens qui, j'imagine sur leur temps de travail et en plus utilisent des véhicules de la ville, faire autre chose que pourquoi on les paie 25% de plus que les contribuables qui s'étranglent à payer taxes et impôts.
    Basta!

    • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 19 juin 2014 11 h 47

      C'est à leur risque et péril, mais il est certains qu'à l'avenir, le citoyen moyen sera plus difficile à duper lorsque viendra le temps de diaboliser le "propos étudiant" lors de certaines manifestations.

      Ce feu et ce dérapage de la part de certains policiers vient de miner complètement leur crédibilité en situation de manifestation.

      Je crois qu'il est de mise que certains soient arrêtés, tout comme beaucoup d'étudiants l'ont été.

  • François Dugal - Inscrit 19 juin 2014 08 h 08

    Impunité

    "Personne n'est au-dessus des lois". Je suis désolé de vous contredire, monsieur le premier ministre, mais ce que vous affirmez est faux. Les policiers sont effectivement au-dessus de lois et jouissent de la plus totale immunité.

  • François Séguin - Abonné 19 juin 2014 08 h 26

    M. Coderre. Votre indignation à géométrie variable ne saurait tromper que les crédules

    Il faut vraiment que vous soyez culotté pour accuser des employés municipaux de ne pas respecter leur convention collective parce qu'ils ont étiré leur pause pour aller manifester contre l'ignoble projet de loi 3.

    M. Coderre, vous avez réclamé ce projet - avec votre copin, le matamore de Québec ; un projet qui vous permettra de renier les engagements pris par la Ville envers des milliers d'employés actifs et à la retraite de la fonction publique municipale. Une loi odieuse et rétroactve; qui, pour les retraités vient modifier les règles du jeu rétroactivement.

    Vous le grand amateur de hockey, accepteriez-vous qu'une fois un match terminé, l'arbitre modifie les règlements afin que triomphe l'équipe qu'il préfère !