Un infarctus foudroie Marcel Côté

Marcel Côté est décédé dimanche matin à l’âge de 71 ans.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Marcel Côté est décédé dimanche matin à l’âge de 71 ans.
Il avait le sourire facile et un profond amour pour Montréal : l’homme d’affaires Marcel Côté, candidat malheureux à la mairie lors des dernières élections, est décédé dimanche alors qu’il participait au Défi métropolitain à vélo dans Lanaudière.

M. Côté a été victime d’un malaise cardiaque sur la route 346 en matinée. Les premiers soins sont arrivés rapidement sur les lieux, mais il était déjà trop tard lorsqu’il a été transporté au Centre hospitalier de Joliette.

Son départ soudain, à l’âge de 71 ans, a provoqué une onde de choc tant dans le milieu des affaires que dans la classe politique. Ses proches et amis ne pouvaient croire qu’un homme aussi en forme parte si vite. Ils avaient encore en tête cette image de lui arrivant en Bixi à son bureau avec son légendaire sourire et ses « dents du bonheur », qui lui donnaient un air « haïssable ».

« Peu importe la cause qu’il épousait, Marcel Côté ne ménageait jamais son énergie », s’est rappelé Michel Leblanc, le président de la Chambre de commerce de Montréal, qui le considérait comme « un ami et un mentor ». « C’était un économiste visionnaire et un homme d’affaires chevronné. Mais au-delà de cette façade, c’était aussi un amoureux des arts et un grand philanthrope », a-t-il poursuivi alors que M. Côté était engagé auprès de la Compagnie de danse Marie Chouinard, de l’Orchestre symphonique de Montréal et des Amis de la montagne.

Révélé plus récemment au grand public lors de la campagne électorale, Marcel Côté était avant tout connu pour avoir cofondé la firme de stratégie et de gestion SECOR en 1975, achetée par KPMG en 2012. Pendant plus de trente ans, cet économiste spécialisé en développement technologique et diplômé de l’Université Carnegie Mellon en Pennsylvanie a dirigé ce cabinet-conseil où il a été appelé à plusieurs reprises à prêter main-forte aux premiers ministres Brian Mulroney, Robert Bourassa et Jean Charest.

Une « dynamo »

« Marcel Côté était affable, passionné et créatif. Il avait toujours mille et une idées pour développer l’économie de Montréal, du Québec et du Canada », a mentionné le premier ministre Philippe Couillard qui a travaillé avec lui lors de son passage chez SECOR. « Il cherchait toujours des façons d’améliorer la vie des gens autour de lui. Il travaillait avec une énergie sans bornes : c’était un guerrier heureux », a pour sa part déclaré Michael Sabia, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Tous s’entendent d’ailleurs pour dire que Marcel Côté était un vrai combattant, qui n’avait pas peur de confronter ses idées à celles des autres même si elles ne faisaient pas toujours l’unanimité. Lucien Bouchard le décrivait comme une « dynamo. »

Assurer la prospérité de Montréal

En acceptant de diriger la Coalition Montréal aux côtés de Louise Harel lors de la dernière campagne électorale, il voulait ainsi continuer la mission qu’il s’était donnée, soit continuer de construire et de faire prospérer la métropole.

M. Côté avait à coeur de redorer l’image de Montréal ; une ville qu’il avait dans la peau même s’il aimait toujours rappeler qu’il était un « petit gars » de Malartic, en Abitibi.

« Marcel avait son franc-parler et énormément d’alliés », a indiqué le maire Denis Coderre lors d’un point de presse en fin de journée dimanche. « Nous n’étions pas toujours d’accord, mais dans les six premiers mois de mon mandat, nous nous entendions pas mal sur l’avenir de la métropole », a-t-il poursuivi. M. Côté avait même accepté d’être conseiller du président du comité exécutif de la Ville de Montréal pour la somme symbolique de 1 $ annuellement. « C’était un homme d’une grande simplicité, généreux, tant de son temps que de son argent », a reconnu Mme Harel qui a appris à apprécier l’homme au fil des mois.

Le maire Coderre a assuré que sa mémoire serait honorée à l’Hôtel de Ville ces prochains jours.

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