L’ETS ne cesse d’améliorer le tissu urbain du centre-ville de Montréal

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial ACFAS 2014

Depuis 1997, l’École de technologie supérieure (ETS) a consenti des investissements immobiliers d’une valeur approximative de 250 millions de dollars en érigeant des bâtiments et en aménageant des emplacements sur d’anciens sites industriels du sud-ouest de Montréal. Elle a reçu la plus haute distinction dans la catégorie « entreprises et institutions » lors du Gala de reconnaissance en environnement et développement durable de Montréal pour son projet « Phase IV des résidences ; on va encore plus loin ! ». Et l’École n’en finit plus d’enrichir le tissu urbain de cette partie du centre-ville en mettant en avant d’autres initiatives.

Le projet qui vaut à l’ETS un hommage s’inscrit dans une démarche globale qui a commencé à prendre forme il y aura bientôt 20 ans. Patrice Catoir, directeur de la planification et du développement du campus de cette institution spécialisée en génie, une des composantes du réseau de l’Université du Québec (UQ), remonte le cours des événements ; il signale que, dans les tous débuts, elle était localisée dans des locaux situés sur Sainte-Catherine, là où s’affairaient quelques profs autour d’une vingtaine d’étudiants : « Elle se développe bon an mal an jusqu’en 1996 au moment où survient l’acquisition des anciens actifs de la brasserie Dow/O’Keefe. »

 

Depuis lors, des sommes annuelles sont constamment versées dans l’évolution du parc immobilier : « On entend souvent parler des joueurs qui investissent des centaines et des centaines de millions d’un seul coup alors que, dans notre cas, c’est un développement perpétuel qui se produit morceau par morceau en fonction de nos besoins. » Il cerne la réalité des lieux : « Au départ, il s’est agi de l’acquisition d’un quadrilatère qu’on a aménagé au fur et à mesure. On se retrouve maintenant avec un problème différent, c’est-à-dire qu’on est en présence d’un assemblage de quadrilatère auquel on veut donner un sens pour en faire véritablement un campus urbain. »

 

Une difficulté se pose dans un tel cas : « Lorsqu’on procède à un pareil assemblage, on ne possède pas nécessairement toutes les infrastructures souterraines ou de circulation, on n’a pas celles dont on dispose naturellement quand on fait l’acquisition importante de terrain. » Il détaille par la suite de quelle manière ces lieux ont finalement été transformés, notamment avec l’érection des pavillons A et B ainsi que des quatre résidences, qui y prennent place aujourd’hui.

 

Résidences et qualité de vie

 

L’École se distingue en environnement et développement durable par l’apport d’une nouvelle résidence étudiante, la Phase IV, un modèle du genre. Patrice Catoir dégage ici toute l’importance que prend ce genre de bâtiment dans l’existence d’un tel établissement de haut savoir : « Elles sont fondamentales dans notre évolution. Un peu plus de 50 % de nos 7 600 étudiants viennent de l’extérieur de la grande région de Montréal et il est prévu dans notre formation qu’ils suivent un minimum de trois stages en fonction de notre partenariat avec l’industrie. Il serait impossible pour eux d’être en location et de casser leur bail pour aller faire un stage à l’extérieur de Montréal. On a donc décidé de tenir nos activités dans un seul endroit où seraient concentrées des résidences offrant une forme de flexibilité à la clientèle étudiante. » Pour l’heure, le taux d’occupation de ces lieux d’une capacité d’accueil de 1300 places frôle le 95 %.

 

Une fois ce besoin fondamental satisfait, il s’est ajouté une autre dimension dans la stratégie de développement de cet espace urbain, comme le rapporte le directeur : « On souhaite obtenir un campus urbain beaucoup plus intéressant où il fait bon vivre, ce qui veut dire augmenter les espaces verts et inclure aussi des voies de circulation et des infrastructures. »

 

Comment faire pour y arriver ? Il se sert de la Phase IV pour fournir cette réponse : « On a introduit les résidences à l’intérieur d’un quadrilatère existant en les arrimant avec d’autres propriétés et on a procédé à une intégration avec le voisinage ; on a maximisé la densité de la construction en hauteur sur le périphérique pour créer l’espace vert au centre qui est accessible via deux portes cochères. » Il explique par le menu détail toute la démarche qui a été suivie pour arriver à de semblables résultats dans la construction des trois autres résidences.

 

L’ETS poursuit dans la même voie

 

Il sera longuement question de développement durable, et notamment de consommation d’énergie, dans les plans et devis qui ont été concoctés par les professionnels autant de l’École que d’ailleurs pour ériger les bâtiments qui prennent aujourd’hui place dans le quadrilatère. Les résultats positifs obtenus n’ont cessé de croître au fil du temps et des avancées technologiques ; ils sont probants : « On n’obtient pas une telle réussite au hasard et il s’est agi des efforts conjugués de la part des designers, des gens de la construction et des compétences dont on dispose à l’interne pour l’opération de nos bâtiments. »

 

Par la suite, Patrice Catoir passe aux projets en chantier et prévus pour l’avenir, dont il dresse l’inventaire : « Le projet actuellement en construction au coût d’environ 35 millions de dollars, c’est la maison des étudiants. C’est un bâtiment de 130 000 pieds carrés répartis sur cinq étages où l’on retrouvera un amalgame de services et d’espaces locatifs. »

 

Il fournit plus de détails : « Le projet n’est pas financé par le gouvernement, il est complètement indépendant et s’autofinance. Au niveau de la rue, soit au rez-de-chaussée, il y aura des espaces locatifs avec des activités commerciales qui ne sont pas nécessairement en lien avec les nôtres, mais qui n’entrent pas en conflit et qui apportent une valeur ajoutée. » On parle ici notamment d’une caisse Desjardins et d’une pharmacie ; à proximité prendra place une clinique : « On entend desservir toute la communauté des alentours. » Trois niveaux renfermeront des espaces réservés à l’ETS et à ses étudiants. Cette construction est en chantier et l’échéancier prévu de livraison a été fixé au premier trimestre de 2015.

 

Encore faut-il mentionner un autre projet de l’ETS : le Planétarium Dow, qui doit être réaménagé au cours des prochaines années en respectant trois contraintes fixées par le donateur de l’immeuble, la Ville de Montréal : « Le stationnement deviendra un espace vert avec aménagement et on veut créer là un genre de place publique ; à la limite, on voudrait y voir un genre d’espace où les gens du voisinage pourront, par exemple, tenir un genre d’exposition thématique, ce qui s’inscrit dans le cadre du quartier de l’innovation. »

Collaborateur

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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