Stationnement contre verdure: le Sud-Ouest veut modifier le règlement

L’arrondissement du Sud-Ouest entend apporter des amendements à son règlement d’urbanisme de manière à ce que, dans certaines circonstances, les propriétaires ne soient plus obligés d’aménager une place de stationnement dans leur cour s’ils ne le souhaitent pas.

 

« On va revoir le règlement, c’est sûr et certain », a indiqué mardi au Devoir le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais. Il croit toutefois que l’arrondissement devra agir avec prudence dans ce dossier.

 

Vendredi dernier, Le Devoir rapportait le cas de la famille Longtin-Morissette qui voulait remplacer le vieux garage qui se trouve dans sa cour arrière par un espace de verdure. Or le règlement d’urbanisme de l’arrondissement stipule que la perte du garage doit être compensée par l’aménagement d’une place de stationnement, et ce, même si les propriétaires n’ont aucune intention d’y garer une voiture.

 

Compromis

 

Benoit Dorais croit qu’il serait possible d’accommoder des propriétaires tels que les Longtin-Morissette, en fonction de certains critères, si, par exemple, les places de stationnement sont accessibles par une ruelle non déneigée l’hiver. « C’est comme si on mettait en opposition le verdissement et une place de stationnement, alors qu’on a adopté beaucoup de mesures pour accroître le verdissement », a souligné le maire.

 

Benoit Dorais écarte toutefois la possibilité d’abolir les seuils minimaux d’unités de stationnement prévus dans le règlement d’urbanisme. « Aux conseils d’arrondissement, les gens viennent à répétition demander d’accroître le stationnement », relate-t-il. Dans certains secteurs, des seuils trop bas ont causé des problèmes majeurs de stationnement, ajoute-t-il. « C’est pourquoi il ne faut pas agir dans la précipitation. »Amender le règlement pourrait prendre plusieurs mois, prévient M. Dorais.

 

Soulagement

 

Isabelle Longtin se réjouit de l’ouverture démontrée par l’arrondissement. « Ce n’est toujours pas réglé, mais on sent qu’il y a une volonté que ça bouge, ce qui est très positif pour nous », a-t-elle commenté. Tout en disant comprendre que des règles soient nécessaires, elle plaide pour une plus grande flexibilité: « Pour une nouvelle construction avec 14 unités, il est nécessaire qu’il y ait des unités de stationnement. Mais dans des cas comme nous, on devrait être aptes et capables de prendre nos décisions pour notre cour. […] Je pense qu’il y a moyen d’être cohérent dans le message que l’arrondissement et la Ville de Montréal envoient. »

 

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Le Sud-Ouest en libre-service

Les voitures en libre-service pourront bientôt rouler dans l’arrondissement du Sud-Ouest. Quoi qu’en dise l’administration Coderre, le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais, et les élus de l’arrondissement entendent autoriser sous peu l’expansion du service sur leur territoire. « C’est une compétence 100 % d’arrondissement », a rappelé mardi Benoit Dorais. D’autres arrondissements pourraient emboîter le pas. Favorable aux voitures en libre-service, le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, dit vouloir attendre que l’administration se prononce. Selon lui, cette décision viendra plus rapidement que prévu. « J’ai l’impression que le maire [Coderre] est en accélération dans sa réflexion », a dit M. Ménard. De son côté, le conseiller de Projet Montréal, Craig Sauvé, qualifie d’« incompréhensibles » les réticences du maire Coderre à l’égard des voitures en libre-service. À l’heure actuelle, le service n’est permis que dans trois arrondissements.

2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 1 mai 2014 14 h 25

    La rue avant la ruelle

    Tout espace de stationnement sacrifié en bordure d'une ruelle risque de gonfler la demande en stationnement sur la rue. On connaît la chanson : sur le Plateau par exemple, nombre de ruelles ont été transformées en petits espaces intimes, semi-privés sinon totalement, et on a repoussé l'auto à la rue. Et parfois, trop souvent surtout, ceux qui se sont accaparés la verdure sont les premiers à râler lorsque pour améliorer la rue pour la collectivité, on a sacrifié quelques espaces de stationnement sur rue.

    C'est la rue qu'on doit verdir, pas la ruelle.

    Pourquoi les rues de Montréal sont-elles souvent jonchées d'ordures ? En grande partie parce qu'on met les déchets (ordures et objets recyclables) à la rue plutôt qu'à la ruelle. Pourquoi dans plusieurs rues trouve-t-on de beaux arbres matures totalement défigurés ? Parce qu'on a fait disparaître bien des ruelles et qu'on passe maintenant les fils électriques en pleine rue plutôt que dans la ruelle ou mieux, plutôt que de les enfouir.

    Toujours à Montréal, on tolère le stationnement illégal aux intersections, au détriment de la sécurité des piétons et des cyclistes (et même des automobilistes), et pourquoi le fait-on ? Parce qu'il y a trop de voitures et qu'on veut en accommoder davantage. En enfreignant le code de la sécurité routière (qui n'interdit pas l'usage des trottoirs par les cyclistes, mais qui interdit le stationnement à moins de 5 mètres d'une intersection, à l'inverse des contraventions distribuées par le SPVM), on peut en arriver à stationner huit voitures de plus à chaque intersection. Ce n'est pas négligeable et on le sait.

    Si on veut verdir Montréal, faisons-le d'abord dans l'espace public, pour que tous les Montréalais en jouissent et non pas uniquement les propriétaires de condo de luxe. C'est encore légitime de posséder une voiture, mais est-ce que ça signifie qu'elle doive accaparer l'espace public ?

  • Nicolas Thibodeau - Inscrit 2 mai 2014 13 h 51

    Char avant l'arbre?

    Serait le temps de revoir nos règlements d'urbanisme et probablement éliminer la sacrro-sainte place de l'automobile dans nos vies. Alors que les ilots de chaleurs urbains TUENT des gens, faudrait comprendre l'urgence de verdir plutôt que de vouloir conserver le saint-bitume de sa disparition!