Perquisitions chez Accurso, Zampino et Abdallah

Frank Zampino
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Frank Zampino

L’enquête sur le contrat des compteurs d’eau à la Ville de Montréal est repartie : l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé mercredi à une nouvelle vague de perquisitions, quatre ans et demi après l’annulation de l’onéreux contrat consenti par l’administration Tremblay aux firmes Dessau et Simard-Beaudry.

 

Cette entreprise appartient à l’entrepreneur Tony Accurso, dont la résidence de Saint-Léonard a reçu la visite de policiers, mercredi, tout comme celles de Frank Zampino, président du comité exécutif de la Ville de 2002 à 2008, et de Robert Abdallah, ancien directeur général de la municipalité.

 

Près d’une dizaine de lieux ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre de l’enquête sur le scandale des compteurs d’eau. L’UPAC n’a procédé à aucune arrestation, le but de l’opération étant principalement de « recueillir de la preuve ». Environ 90 policiers ont été mobilisés à cette fin.

 

Les avocats libérés du secret professionnel

 

À la demande de l’escouade Marteau, la Ville de Montréal a accepté, en janvier, de relever de leur secret professionnel les avocats municipaux ayant participé au processus d’octroi du contrat des compteurs d’eau à Génieau, ont confirmé des sources au Devoir. Les avocats ont ainsi été en mesure de livrer aux policiers des informations jusqu’ici tenues secrètes, sans contrevenir à leurs obligations.

 

Robert Abdallah a occupé les fonctions de directeur général de 2003 à 2006. Les raisons de son départ sont demeurées nébuleuses. Il avait ensuite travaillé chez Gastier, qui appartient à M. Accurso.

 

En avril 2013, la commission Charbonneau avait présenté des photos de MM. Accurso, Zampino et Abdallah lors d’un voyage à Las Vegas et au Grand Canyon, en 2006. Un périple qui coïncidait avec le lancement de l’appel de qualification pour l’octroi du contrat des compteurs d’eau.

 

Ce contrat des compteurs d’eau a été résilié en décembre 2009, après la publication d’un rapport accablant du vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, qui avait relevé de nombreuses irrégularités dans le processus d’octroi du contrat à Génieau, un consortium formé de Dessau et Simard-Beaudry. Le contrat prévoyait l’installation de 30 500 compteurs dans les institutions, commerces et industries. Un compteur sur deux était inutile, avait conclu M. Bergeron.

 

En septembre 2012, la Ville avait dû payer 7,8 millions à Génieau. À cette somme s’ajoutaient 3,1 millions en pénalité pour la résiliation unilatérale de l’entente, soit l’équivalent de 1 % de la valeur du contrat de 356 millions. La firme KPMG a aussi reçu 550 000 $ pour faire une analyse de juricomptabilité des réclamations initiales de Génieau. Montréal a enfin déboursé 3 millions pour l’achat de matériel. Total global : 14,5 millions de dollars pour un chantier inachevé.