PPP du pont Champlain: les entreprises québécoises veulent leur part du gâteau

Les entreprises québécoises espèrent obtenir leur part du gâteau dans le projet du nouveau pont Champlain, qui sera construit en partenariat public-privé (PPP). Plusieurs d’elles ont participé, lundi à Montréal, à un colloque destiné à leur permettre de se faire connaître auprès de soumissionnaires potentiels.

 

Président du conseil d’administration de l’Institut pour le partenariat public-privé (IPPP), Vincent Joli-Coeur se dit convaincu que le PPP est la formule la plus appropriée pour réaliser le nouveau pont. Tout en transférant au privé les risques liés à de possibles dépassements de coûts, Ottawa s’assure aussi durespect des échéanciers et de l’entretien de l’ouvrage pendant 35 ans, affirme-t-il.

 

Son optimisme s’applique aussi à la qualité architecturale du futur pont. « La beauté n’est pas une science exacte, l’architecture encore moins. Je crois que la solution choisie par le gouvernement du Canada nous permet la plus grande probabilité d’un très bel ouvrage », a dit M. Joli-Coeur en évoquant la contribution de l’architecte de renommée internationale Poul Ove Jensen, qui définira les directives architecturales du projet.

 

« Les PPP ne sont pas une religion », a pour sa part reconnu Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Pour elle, il importe que les firmes québécoises puissent être mises à contribution par les consortiums qui soumettront leur proposition pour le projet du pont.

 

Bien qu’Ottawa ait ouvert le processus de qualification à des consortiums internationaux, Marc Brazeau, directeur général à Transports Canada, croit que les entreprises québécoises, qu’elles soient partenaires ou sous-traitantes, seront partie prenante du projet. « C’est presque impossible qu’il n’y en ait pas, a-t-il soutenu. C’est un projet qui est local. Il va y avoir énormément de fournisseurs de services, de matériaux et de sous-traitants qui vont être de la région de Montréal. Par contre, nous sommes régis par nos accords de commerce internationaux et nationaux. Nous ne pouvons privilégier des firmes du Québec, mais un projet de cette envergure n’a pas le choix d’utiliser de la main-d’oeuvre locale. »

 

L’instauration d’un péage, officialisé vendredi par le gouvernement Harper par le dépôt d’un projet de loi, ne semble pas avoir été un enjeu lors de la rencontre de lundi malgré l’opposition généralisée des maires de la région de Montréal. Les autorités politiques ont le temps de se parler d’ici quatre ans, a soutenu Vincent Joli-Coeur.

 

D’ici le début du mois de juillet, Transports Canada choisira trois consortiums qui devront alors élaborer leur proposition. Le soumissionnaire gagnant sera connu en avril 2015. Le pont, dont les coûts varieront entre 3 et 5 milliards de dollars, devrait être en service à la fin de 2018. Le tarif du péage n’a toujours pas été fixé.