Des maires de l’île de Montréal refusent un plan de lutte centralisé

À eux seuls, les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont jusqu’ici entrepris de couper 450 arbres.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À eux seuls, les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont jusqu’ici entrepris de couper 450 arbres.

Montréal n’a pas réussi à s’entendre avec les autres villes de l’île de Montréal sur l’adoption d’un règlement commun pour lutter contre l’agrile du frêne. À l’issue d’un « sommet » sur l’insecte ravageur réunissant une trentaine d’élus lundi matin, le responsable du dossier au comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard, a admis que plusieurs maires de l’ouest de l’île s’étaient opposés au projet.

 

« J’aurais souhaité que ce soit une compétence d’agglomération, mais les conditions n’étaient pas réunies », a indiqué M. Ménard.

 

Montréal devra donc se fier à la bonne volonté des 19 arrondissements et des 15 villes pour poursuivre la guerre qu’elle livre à l’agrile du frêne. Les élus ont toutefois donné leur appui à la stratégie SLAM (Strategy to slow ash mortality) adoptée par Montréal et visant à freiner les ravages de l’insecte asiatique en procédant à des opérations de dépistage et de traitement des arbres.

 

Montréal compte 200 000 frênes sur le domaine public et leur traitement au biopesticide TreeAzin coûterait 20 millions de dollars par année, estime Réal Ménard. « Ces millions ne peuvent pas venir uniquement du trésor municipal », croit M. Ménard qui entend interpeller le gouvernement du Québec à ce sujet et solliciter la participation financière du « Montréal inc. ».

 

Intervention sur les terrains privés

 

Montréal a par ailleurs convenu avec les villes liées d’élaborer un projet de règlement qui permettrait aux autorités municipales d’intervenir sur les terrains privés qui compteraient aussi de dizaines de milliers de frênes.

 

Selon les données fournies par M. Ménard, 7300 frênes montréalais ont fait l’objet d’un dépistage depuis 2011 et la Ville a découvert 206 arbres infestés. Mais le nombre de frênes abattus est plus important puisqu’à eux seuls, les arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ont récemment entrepris de couper 450 arbres. M. Ménard explique cet écart en précisant que l’agrile n’a été détecté que sur une minorité d’arbres alors que les autres ont été jugés « dépérissants ».

 

Un «échec complet»

 

Projet Montréal estime que le sommet sur l’agrile a été un exercice futile. « Je trouve que ce sommet qui était tant attendu est un échec complet », a commenté le conseiller Sylvain Ouellet. « M. Ménard est arrivé les mains vides et il était mal préparé. » En ne prévoyant aucun investissement supplémentaire et sans réglementation pour encadrer les interventions des arrondissements et des villes liées, Montréal maintient un statu quo« inquiétant ». « On sous-estime l’ampleur de l’épidémie », dit M. Ouellet.

 

Plus tôt cette année, Projet Montréal avait demandé la création d’un fonds d’urgence de 10 millions pour lutter contre l’agrile du frêne. L’administration Coderre a plutôt réservé 3,8 millions pour 2014 pour la canopée dont une partie sera consacrée à l’insecte ravageur.

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 11 mars 2014 14 h 05

    Honteux.

    Honteux.

  • Normand Murray - Inscrit 11 mars 2014 14 h 24

    Un autre constat navrant.

    Encore un bel exemple de la théorie du 19 villes distinctes dans une île.Ah cette très "chère" décentralisation au nom d'une certaine restructuration administrative de rationalisation du capital humain.Autrement dit un seul constat suradministration égale inefficacité dû a suivre une direction différente des hautes instances.