L’agrile décime les frênes dans Rosemont–La Petite-Patrie

D’ici 10 ans, le maire François Croteau croit que les 8000 frênes de son arrondissement auront disparu. Il craint les îlots de chaleur et la dévaluation des propriétés.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir D’ici 10 ans, le maire François Croteau croit que les 8000 frênes de son arrondissement auront disparu. Il craint les îlots de chaleur et la dévaluation des propriétés.

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie devra procéder à l’abattage de 300 frênes infestés par l’agrile. Selon le maire François Croteau, cette soudaine explosion du nombre d’arbres touchés laisse croire que l’épidémie progresse plus rapidement que prévu sur le territoire montréalais.

 

300 frênes coupés dans Rosemont, c’est trois fois plus que le nombre frênes abattus sur tout le territoire montréalais en 2013.

 

Le maire Croteau n’est guère optimiste. Des pièges installés l’an dernier ont révélé la présence de l’insecte ravageur dans tout l’arrondissement, dit-il : « Ça veut dire que l’épidémie est étendue sur l’ensemble du territoire. C’est une question de temps avant que tous les frênes soient atteints. »

 

Des 30 000 arbres que compte Rosemont, 8000 sont des frênes. Dans certains secteurs, des rues entières sont plantées de frênes. D’ici 10 ans, M. Croteau croit que tous les frênes de l’arrondissement auront disparu. « Le traitement pour les maintenir en vie coûte tellement cher que ça ne sert à rien », dit-il.La seule option qui reste, c’est de tenter de ralentir la mortalité des frênes de manière à donner suffisamment de temps aux autorités pour planter de nouveaux arbres.

 

La perte massive de frênes aura des impacts sur la santé publique et la création d’îlots de chaleur, en plus déprécier la valeur des propriétés, souligne M. Croteau.

 

Le même sort attend l’ensemble des frênes montréalais, croit-il, et l’impact financier pour la Ville pourrait être « terrible ». « On est un des arrondissements les plus proactifs sur la détection. Ce qui fait que la situation est probablement la même dans tous les arrondissements, mais probablement que la plupart ne le savent pas encore », dit-il.

 

Une lutte montréalaise

 

Depuis les premières infestations en 2011, la Ville de Montréal a mis en place un programme de lutte contre l’agrile, menant des opérations de dépistage, d’abattage et de traitement au biopesticide.

 

Projet Montréal aurait souhaité la création d’un fonds d’urgence de 10 millions pour intensifier la lutte contre l’agrile, mais l’administration Coderre a rejeté cette option. Une enveloppe de 3,8 millions est toutefois prévue à cette fin dans le budget 2014.

 

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du responsable du dossier au comité exécutif, Réal Ménard. Celui-ci a convié les maires des 19 arrondissements et 15 villes liées à un sommet le 10 mars afin de discuter d’une stratégie commune.