La CMM, Équiterre et l'UPA offrent un oui conditionnel

Le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre, demande de plus à Ottawa de soumettre les oléoducs au règlement sur le transport des matières dangereuses.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre, demande de plus à Ottawa de soumettre les oléoducs au règlement sur le transport des matières dangereuses.
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est prête à appuyer l'inversion de l'oléoduc 9-B d'Enbridge, pour qu'il puisse transporter à partir de l'Ontario du pétrole brut des sables bitumineux jusqu'à Montréal, mais seulement si l'entreprise est forcée par Ottawa à respecter les conditions imposées par le rapport de la commission parlementaire qui a tenu des audiences à cet effet à Québec.

Le rapport de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN) présente 18 recommandations dont, notamment, la création d'un fonds de prévoyance de 1 milliard en cas de déversement et un resserrement des exigences en matière d'inspection et d'entretien.

Le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre, demande de plus à Ottawa de soumettre les oléoducs au règlement sur le transport des matières dangereuses.

M. Coderre estime qu'on ne peut en aucun cas donner un « chèque en blanc » à Enbridge et se dit même prêt à s'interposer si ces conditions ne sont pas respectées par le biais du schéma d'aménagement de la CMM.

Le maire de Montréal a tenu ces propos lors d'une conférence de presse, jeudi, où l'accompagnaient le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, et le directeur principal d'Équiterre, Stephen Guilbeault, qui se sont tous deux dits d'accord avec cette position.

M. Guilbeault a rappelé que le dossier d'Enbridge en matière de sécurité n'est guère reluisant et s'est dit d'avis qu'il était essentiel que les pouvoirs publics encadrent les activités de l'entreprise. Il a par ailleurs qualifié d'inacceptable le — pour des raisons politiques — du gouvernement Marois d'aller défendre le rapport de la CAPERN devant l'Office national de l'énergie (ONE) à Ottawa et l'a pressé d'aller le faire, invoquant l'urgence de la situation puisque l'Office doit rendre une décision sur ce projet le 19 mars.

Pour sa part, le président de l'UPA a dénoncé le manque de transparence d'Enbridge, signalant que l'entreprise avait refusé de partager les résultats de quelque 600 tests d'intégrité réalisés sur le pipeline, qui traverse plus de 200 terres agricoles.

Ce manque de transparence a été évoqué par tous les participants à la conférence de presse et mis encore plus en évidence par le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, qui a dit n'avoir appris qu'en janvier dernier, par hasard, qu'un déversement de 4000 litres de pétrole avait eu lieu à la station de pompage de l'entreprise à Terrebonne en mai 2011, soit près de trois ans plus tôt.

Par Pierre Saint-Arnaud
2 commentaires
  • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 27 février 2014 14 h 47

    j'ai lu quoi ?

    Équiterre et Steven Guilbault d'accord avec l'exploitation des sables bitumineux et à l'inversion du pipeline 9-B ? (parce que c'est conséquent... inversion 9-B = exploitation sables bitumineux)

    Eh bien, on aura tout lu...

  • Louis Desjardins - Abonné 27 février 2014 20 h 06

    Que ferons-nous s'il y a un déversement sous la glace?

    Que se passera-t-il si un déversement se produit dans l’Outaouais en plein hiver, c’est-à-dire sous la glace? Qui se rendra compte du problème, s’il survient? Le pétrole lourd restera au fond et polluera l’eau et le lit de la rivière à l’insu de tous. Jusqu’au printemps... Il pourrait se déverser une quantité énorme de pétrole lourd dans ces conditions. Lors du dégel, le réveil pourrait être brutal.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
    - 300 000 barils par jour (240 000 à l’heure actuelle)
    - Il y a 159 litres dans un baril de pétrole
    - C’est 47,7 millions de litres par 24 heures
    - ou 552 litres à la seconde!

    En dix minutes (600 secondes), à un tel rythme, 331 250 litres se retrouvent dans la nature. On le voit, un bris de canalisation se transformera rapidement en catastrophe. Le temps joue forcément contre une gestion efficace de tels dégâts.

    Raison de plus pour insister très fortement sur la prévention.

    Sans même envisager les pires scénarios (pipeline gravement crevé et fuite importante), imaginons que le pipeline n’ait qu’une petite fuite, une nuit de décembre, et que la glace recouvre tout ça jusqu’en mars...