Les grandes villes canadiennes réclament leur juste part à Ottawa

Denis Coderre et Régis Labeaume ont assisté au caucus des maires des principales villes canadiennes mercredi à Toronto, en évitant soigneusement le maire Rob Ford.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Denis Coderre et Régis Labeaume ont assisté au caucus des maires des principales villes canadiennes mercredi à Toronto, en évitant soigneusement le maire Rob Ford.
Les principales villes canadiennes veulent obtenir leur juste part du fonds Chantiers Canada pour les infrastructures. Certains des maires réunis à Ottawa pour discuter des enjeux qui les préoccupent ont réservé un accueil glacial à l’encombrant maire de Toronto, Rob Ford, qui avait décidé de participer à l’événement.

Présidé par le maire de Vancouver, Gregor Robertson, le caucus des maires des grandes villes regroupe 22 maires, dont 5 du Québec. Les discussions ont notamment porté sur le financement des infrastructures.

Les grandes villes s’inquiètent de la distribution qu’Ottawa fera des 14 milliards disponibles. « La façon arbitraire dont le gouvernement se comporte dans le dossier des infrastructures laisse prévoir qu’il veut décider pour nous ce qu’on veut faire », a expliqué le maire de Montréal, Denis Coderre.

Les maires réclament aussi d’Ottawa que les infrastructures de loisirs et de sport puissent être admissibles au programme, appuyant ainsi la position du maire de Québec, Régis Labeaume.

À ce sujet, le ministre de l’Infrastructure, Denis Lebel, a répliqué que les villes auraient accès à des fonds pour les infrastructures sportives via le Fonds de la taxe sur l’essence.

En matière d’habitation, les investissements fédéraux sont en péril, disent les maires. « D’ici 2020, on pourrait perdre 1,5 milliard en investissements dans le logement social », a soutenu le président de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Claude Dauphin.

Finalement, les villes veulent être consultées par Postes Canada sur la livraison du courrier. Denis Coderre estime que Postes Canada aurait dû réduire la fréquence de la distribution du courrier plutôt que de supprimer ce service.

Le maire Ford

La présence de Rob Ford parmi les maires n’est pas passée inaperçue. C’était la première fois depuis son élection en 2010 que le maire de Toronto assistait à une réunion de la FCM, ayant déjà qualifié cet événement de « perte de temps ».

Questionné sur Rob Ford, le maire Denis Coderre a été tranchant : « On ne veut rien savoir de lui. […] C’est un caucus, pas un cirque. Je veux parler des dossiers. Nous ne lui avons pas parlé. Je ne lui ai pas serré la main. Je ne l’ai pas regardé. »

Le maire de Québec a tenu des propos similaires. « Il a son siège et il paie sa cotisation. Mais je ne veux pas être associé, ni de près ni de loin, à cet homme, a expliqué Régis Labeaume. Comment pourrais-je expliquer aux gens de Québec et à mes enfants que je collabore avec un homme qui, pendant son mandat, fume du crack ? »

Le maire Ford avait fait valoir qu’il avait la légitimité de participer à la réunion. « J’ai été élu par [un] plus [grand nombre] de votes que n’importe quel maire présent », a-t-il dit.
4 commentaires
  • Éric Turenne - Inscrit 26 février 2014 15 h 16

    Dérangeant

    Évidemment personnes ne veut être associés à un hurluberlu comme celui-ci.
    Crack Pipe

    • Donald Tremblay - Inscrit 26 février 2014 20 h 53

      Donc, il ne veulent plus parlez non plus à André Boisclair...

  • - Inscrit 26 février 2014 15 h 17

    Attendez de voir ...

    ce que la presse anglo va dire de l'attitude des maires de Montréal, de Québec et de Laval !

  • Jean Richard - Abonné 27 février 2014 09 h 05

    Populisme, encore et encore

    « Comment pourrais-je expliquer aux gens de Québec et à mes enfants que je collabore avec un homme qui, pendant son mandat, fume du crack ? »

    Venant du maire de Québec, une telle affirmation ne cause pas trop de surprise. Et comme M. Coderre semble avoir de plus en plus d'admiration pour M. Labeaume, ça peut devenir inquiétant.

    Qu'il fume du crack ou qu'il bouffe du Ritalin, il reste que ce maire a été élu de façon démocratique (selon les règles actuelles de la démocratie du moins) et qu'il siège sur la plus importante ville du pays. Alors, des réactions comme celle de M. Labeaume, on pourrait mieux tolérer ça si ça venait d'un maire de village.

    Et comme le dit quelqu'un ci-haut, surveillons la presse anglophone, dès fois qu'elle ne manquerait pas la perche tendue pour ajouter des munitions à la permanente campagne de dénigrement du Québec.