Le budget de la police grimpe de 4,3%

Les effets combinés de la nouvelle convention collective et la perte de subventions pèsent sur le budget 2014 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

 

Le budget est de 692 millions de dollars, comparativement à 686 millions pour l’année précédente, une hausse de 2,1 %.

 

Le budget net, qui tient compte des revenus et des dépenses, se situe à 642 millions, en hausse de 4,3 %.

 

Le directeur du SPVM, Marc Parent, attribue la hausse à l’application de la nouvelle convention collective des policiers, qui a entraîné des débours supplémentaires de 26 millions de dollars.

 

La masse salariale (civils et policiers) atteint maintenant 634 millions. C’est l’équivalent de neuf dollars sur dix dans le budget.

 

Des embauches sont au menu en 2014. Pas moins de 158 nouveaux policiers feront leur entrée à Montréal. Leur arrivée sera compensée par des départs à la retraite et le déplacement des neuf membres de l’ÉPIM vers l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

 

L’Escouade de protection de l’intégrité municipale, une lubie de l’ex-maire Michael Applebaum, a coûté 2,4 millions aux Montréalais sans donner de résultats.

 

Par ailleurs, les revenus du SPVM sont en chute libre, en raison de la perte de subventions. Ils sont passés de 63 à 50 millions, une baisse de 19 %.

 

Le ministère de la Sécurité publique a éliminé les subventions destinées à contrer les gangs de rue et l’économie souterraine (9,7 millions). Le barème pour le remboursement des salaires des policiers rattachés aux escouades régionales mixtes a été revu à la baisse (700 000 $).

 

Au total, Québec a privé le SPVM de 10,4 millions.

 

Le SPVM a également diminué sa participation aux missions internationales, ce qui cause un manque à gagner de 1,7 million.

 

L’étude du budget devant la commission de la Sécurité publique a donné l’occasion au SPVM d’exposer ses orientations pour les trois prochaines années.

 

Le chef Parent et son équipe veulent « mériter en permanence la confiance et le respect » de la population.

 

Le SPVM vise à favoriser les échanges avec les communautés et adapter ses stratégies en fonction des réalités propres à chaque quartier.

 

Cette culture de proximité trouve son expression dans le recours de plus en plus fréquent à des policiers médiateurs, entre autres lors des manifestations d’envergure. Il y a maintenant 24 policiers médiateurs au SPVM.

 

Au cours des trois dernières années, trois itinérants aux prises avec des problèmes de santé mentale sont morts aux mains d’agents du SPVM, une réalité préoccupante malgré l’apparente façade de calme à la suite du décès d’Alain Magloire.

 

L’Équipe de soutien aux urgences psychosociales (ESUP), formée de policiers et de travailleurs sociaux, a réalisé 1410 interventions en 2013 seulement.

 

En novembre, une nouvelle équipe de réponse en intervention de crise (RIC) a été mise sur pied. Sur une base volontaire, des policiers ont suivi une formation de 30 heures sur l’intervention auprès de personnes situation de crise grave ou aiguë. Seulement 24 policiers ont suivi la formation à ce jour, mais le SPVM a de grandes ambitions. Il vise à rendre des patrouilleurs de RIC disponibles en tout temps.

 

Les besoins sont pressants. Le SPVM estime qu’il y aura de 3000 à 5000 interventions du RIC par année une fois la formation complétée.