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Les Montréalais essuient une hausse de 2,8% en moyenne

Le maire Coderre a qualifié son budget de « responsable et pragmatique » en permettant de freiner la croissance des dépenses de la Ville. Ci-dessus, le maire (à gauhe) en compagnie de Pierre Desrochers.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le maire Coderre a qualifié son budget de « responsable et pragmatique » en permettant de freiner la croissance des dépenses de la Ville. Ci-dessus, le maire (à gauhe) en compagnie de Pierre Desrochers.
Le compte de taxes des Montréalais grimpera de 2,8 % en moyenne en 2014. Alors qu’il présentait le premier budget de son administration, le maire Denis Coderre a dû se défendre d’avoir manqué à sa promesse de limiter les hausses de taxes à l’inflation.

Le dépôt du budget de la Ville de Montréal a donné lieu à une guerre de chiffres à l’hôtel de ville mercredi. L’administration centrale a décrété une hausse moyenne de 1,9 % pour le secteur résidentiel et de 2 % pour le secteur non résidentiel, mais dans les faits, les taxes imposées par les arrondissements feront grimper de 2,8 % en moyenne l’impôt foncier des propriétaires.

Ainsi, parmi les 19 arrondissements de la ville, c’est celui de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles qui affiche la hausse la plus élevée, soit 5,3 %, suivi d’Anjou (4,9 %), du Plateau Mont-Royal (4,6 %) et d’Outremont (3,9 %). Montréal-Nord est l’arrondissement où la hausse moyenne est la moins élevée à 1,1 %.

En campagne électorale, Denis Coderre avait pourtant promis de limiter les hausses de taxes au taux d’inflation. Or, les prévisions du Conference Board font plutôt état d’un taux d’inflation de 1,7 % pour 2014. De plus, l’administration ne prend pas les taxes d’arrondissement en compte dans son équation. « Nous, on s’en est tenu à 1,9 %, donc on a rempli notre promesse », a indiqué Denis Coderre.

Un budget de transition

Le maire a qualifié ce budget de « responsable et pragmatique », affirmant que son administration avait réussi à freiner la croissance des dépenses de la Ville. Il s’agit d’un « budget de transition », qui prépare la voie à des réformes en profondeur pour remettre la Ville sur les rails de la santé financière, a-t-il dit.

Le budget, qui atteint désormais 4,895 milliards, a connu une croissance de 0,3 %, bien inférieure au 3,7 % enregistré au cours de huit dernières années, a précisé le président du comité exécutif, Pierre Desrochers. Cette augmentation aurait été de 1,3 % n’eût été le nouveau régime de taxation de la TVQ qui a fait fondre les dépenses de la Ville de 48,4 millions.

L’administration prévoit réaliser des économies grâce aux travaux du nouveau Service de la performance organisationnelle. Elle compte aussi s’attaquer à l’explosion des coûts des régimes de retraite qui, en 2014, lui coûteront 597 millions. Elle anticipe également une baisse de 5 % de la rémunération dans certains services, mais d’ici là, la masse salariale s’est accrue de 2,3 %, pour atteindre 2,5 milliards de dollars.

Les sommes consacrées au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) atteindront 677,3 millions, ce qui correspond à une hausse de 12,5 millions, alors que le Service de sécurité incendie (SSIM) aura droit à 357 millions. En revanche, la contribution versée à la Société de transport de Montréal (STM) sera de 400,8 millions, en baisse de 5,3 millions.

Comme elle l’avait déjà annoncé, l’administration Coderre consacrera 5 millions à la création du poste d’inspecteur général. De plus, 12,5 millions seront investis dans des projets jugés prioritaires, dont 1 million pour le dossier de l’itinérance.

Les salaires

Le chef de l’opposition, Richard Bergeron, reproche au maire de n’avoir pas réussi à endiguer la croissance de la masse salariale et contraint les dépenses du SPVM : « L’incapacité de ce budget de s’attaquer à ce problème est d’autant plus impardonnable que M. Coderre a récupéré Marcel Côté [ex-candidat à la mairie] qui a fait toute sa campagne en nous enjoignant de procéder à une profonde réforme administrative. »

Selon Projet Montréal, l’administration ne se préoccupe pas suffisamment de la dette, qui atteint 7 milliards et dont les coûts représentent 13 % des dépenses de la Ville en 2014. « C’est une bombe à retardement », croit le conseiller Guillaume Lavoie.

Pour leur part, les maires d’arrondissement sont particulièrement frustrés d’avoir dû composer avec un gel de leurs budgets qui les condamnent à des compressions perpétuelles. À cet égard, Pierre Desrochers a reconnu que la situation ne pouvait perdurer. « Nous sommes à la croisée des chemins. Nous devons revoir les formules de financement des arrondissements », a-t-il indiqué.

Le maire Coderre a d’ailleurs annoncé la création d’une « table des maires » qui lui permettra de discuter avec les 18 maires d’arrondissement. Une première rencontre aura lieu au début du mois de février, a-t-il promis.
6 commentaires
  • Christian Bloch - Abonné 30 janvier 2014 07 h 41

    De qui se fiche-t-on ?

    Arrivé en 2010 au Québec, j'ai entamé un projet immobilier en 2011.
    J'ai ainsi acquis cinq immeubles du triplex au six-plex.
    Chaque année, mes taxes ont augmenté en moyenne de 15 % !
    Vous lisez bien 15 % ! Un de mes immeubles en est à 43 % de hause en trois ans !
    Alors, ce 2,8 %, ça représente quoi ? Parce que je ne connais pas cette hausse-là.
    Chaque année, l'annonce de ce pourcentage ridicule me fâche.
    D'une part, même si la Régie autorise de répercuter ces 15 % de hausse sur les loyers, il n'est pas possible de le faire, sinon les locatairess s'en vont.
    J'apprécie le travail de la Régie, je trouve très bien qu'on protège les locataires, mais la ville doit cesser de mentir en parlant de hausse de 2,8 %. Chaque année, mes revenus baissent. Hormis le capital remboursé, mes immeubles ne me rapportent quasiment rien après avoir payé les taxes, le remboursement des intérêts et les impôts de 43 %.

    • Lila Micelius - Inscrit 30 janvier 2014 10 h 44

      L'augmentation en pourcentage et l'augmentation de la valeur du bien immobilier s'ajoutent.
      Ils annoncent le pourcentage et nous recevons par courrier un document qui annonce l'augmentation de la base de calcul.
      C'est de la politique !
      Ils disent ce qu'ils veulent et cachent ce qu'ils veulent.
      Les gros % qui partaient dans la corruption pourraient courvrir les augmentations pour de nombreuses années en théorie.
      Et ils se demandent ensuite pourquoi on ne leur fait plus confiance...

    • Louis Bourque - Inscrit 30 janvier 2014 12 h 27

      Monsieur Bloch,

      le problème est que l'immeuble est devenu objet de prise et de rente plutôt qu'une valeur d'usage. Cette augmentation de 43% représente en partie la valeur (collective) du sol et l'inflation autorisée par des périodes hypotécaires plus longues. Ce «système» encourage la sépculation, l'aliénation du bâtiment, la rareté des valeurs d'usage et l'élévation frivole de la classe financière. Il est pourant légitime de collectiviser la valeur collective du sol. Il reste donc avant tout les banques et les agents d'immeuble à blâmer... Les locataires, comme vous le dites, n'y sont vraiment pour rien.

      Merci.

  • Christian Bloch - Abonné 30 janvier 2014 08 h 28

    De qui se fiche-t-on ?

    Arrivé en 2010 au Québec, j'ai entamé un projet immobilier en 2011.
    J'ai ainsi acquis 5 immeubles du triplex au sixplex. Or depuis, 2011, tous mes immeuble sont subi des hausses de plus de 15 % annuellement ! 15 % ! L'un d'eux a vu ses taxes augmenté de 43 % en deux ans et demi. Chaque année, je lis que la hausse va être de 2,8 % ! Mais à qui est réservée cette hausse ? Je n'y ai jamais eu droit. Or, même si la Régie du logement autorise de répercuter les taxes sur les loyers, il est impossible de répercuter 43 % de hausse de taxes sur les locataires sans les voir partir. Donc, c'est une perte sèche. Hormis le capital remboursé, les revenus de mes immeubles ne me rapportent quasiment rien entre les taxes, les intérêts et les impôts qui s'élèvent à plus de 40 %. Quand on calcule les taxes et les impôts, j'arrive à près de 60 % de charges sur les revenus bruts...
    Christian Bloch

  • Normand Murray - Inscrit 30 janvier 2014 10 h 08

    Encore une autre analyse.

    Si ma mémoire est bonne la promesse électorale de récupérer les trop payés de la surfacturation ainsi que les primes indécentes des membres du conseil de Tremblay accusés de corruption était que de la poudre aux yeux de plus j'ajouterais que la surévaluation des propriétés ne fait que confirmé la théorie du complot, oui complot à par ce moyen détourné à encore nous faire payés les imcompétences financières flagrantes de la précédente administration. P.S:Pour la suite le fait que nos maisons valent aujourd'hui le triple lors de leurs achats n'est pas une garantie de profit car malheureusement au train ou vont les choses plus personne parmi les acheteurs potentiels n'aurons pas les reins assez solides pour assumés le coût des hypothèques et qui plus est la solvabilité des jeunes couples feront d'eux si ils sont chanceux de se contenté d'attendre l'héritage familliale pour être proprétaires et bien sur si les parents n'ont pas été obligés de vendres dû à leurs précarités financières en tenant compte du pourcentage du réel côut de la vie augmentant bien au delà de leurs revenus . Une prédiction même les institutions financières ne voudront plus s'emcombrés de biens non revendables dû à la faiblesse de revente et en étant propriétaire légitime il faudras bien que eux payent les taxes et impôts fonciers ceci vas à l'encontre même de ses établissement dont le mot d'ordre est rentabilité.Encore une fois la classe moyenne écope.

  • Louis Bourque - Inscrit 30 janvier 2014 12 h 32

    Une fiscalité progressiste

    On critique souvent l'unicité des bases fiscale des villes. Il demeure que les revenus tirés des biens et des droits, et les valeurs spéculatives (imaginaires) dont celles du sol, croîent beaucoup plus rapidement que les salaires depuis le début des années 80. Rappelons que les valeurs foncières traduisent uniquement des bénéfices produits collectivement, et ne sont le produit d'aucun travail. D'ailleurs, la croissance dominante des salaires sur le capital durant les «30 glorieuses» fut une exception de l'histoire.

    En conséquence, j'estime que la formule de taxation des villes est beaucoup plus progressiste, et fiscalement responsable que celle des autres gouvernement puisant principalement au fruit du travail. Cela d'autant plus que, comparativement, les villes rendent des services réels en matière d'hygiène, de culture et d'éducation. Le problème serait-il plutôt de reconduire suffisamment de valeur intangible et collective (foncière) dans l'économie réelle.

    En cela, loin de me réjouir d'une attrition de la main d'oeuvre municipale, j'estime que les droits de mutation foncière doivent être significativement rehaussés, mais reposer autant sur la partie vendeuse que la partie acheteuse. Cette hausse des droits de mutation, comparativement aux taxes foncière d'assise, aurait pour mérite d'épargner ceux pour qui le sol a valeur d'usage ou de patrimoine.