Climat de peur dans le Village gai: Denis Coderre étudie les options

Des agressions à caractère homophobe ont récemment été perpétrées dans le quartier gai de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des agressions à caractère homophobe ont récemment été perpétrées dans le quartier gai de Montréal.

Denis Coderre dit prendre au sérieux les craintes exprimées par les résidants et les commerçants du Village gai qui ont constaté une recrudescence des actes de violence dans ce quartier. Le maire de Montréal a déjà discuté de la question avec le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, et entend rencontrer les commerçants pour voir quelles mesures pourraient être prises afin de ramener la quiétude dans le Village.

 

Le 10 décembre dernier, M. Coderre avait été interpellé par des citoyens inquiets alors qu’il présidait l’assemblée du conseil d’arrondissement de Ville-Marie.

 

Depuis ce temps, des effectifs policiers ont été ajoutés à la sortie des bars, mais d’autres mesures pourraient être adoptées, a-t-il indiqué au Devoir lundi, en marge de l’assemblée du conseil municipal. « Je vais réunir tout le monde et on va trouver une solution. S’il faut mettre plus d’éclairage, on va le faire. On est en train de regarder les différentes options. »

 

Les statistiques du SPVM montrent que le nombre de voies de fait a connu une baisse de 22 % entre 2012 et 2013, mais comme le rapportait Le Devoir dans son édition de samedi, certaines victimes hésitent à porter plainte à la police de crainte de représailles. « Le sentiment d’insécurité, est-ce que c’est une perception ? Est-ce que c’est de l’homophobie ?, se demande Denis Coderre. Mais un cas de violence est un cas de trop. Bref, je prends tout au sérieux. Il faut rassurer les gens. »

 

Le maire explique avoir eu des discussions avec Marc Parent ainsi qu’avec Bernard Plante, directeur de la Société de développement commercial du Village. « Je vais rencontrer les commerçants pour que ça se fasse de façon inclusive », a-t-il dit.


Judiciarisation

 

Outre la présence policière accrue, l’administration examine plusieurs options comme l’amélioration de l’éclairage et l’installation de caméras. Mais le maire reconnaît que divers enjeux doivent être examinés, soit la violence, l’itinérance et la vente de stupéfiants.

 

Candidate de Québec solidaire lors des dernières élections, Manon Massé croit que les solutions mises en avant par la Ville, comme l’ajout d’effectifs policiers et l’installation de caméras dans la rue Sainte-Catherine, « sont inutilement coûteuses et ne feront qu’augmenter la judiciarisation des personnes en situation d’itinérance et marginalisées qui ne sont pas la cause du problème ».

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