L’agrile du frêne en progression à Montréal

L’agrile du frêne continue de gagner du terrain à Montréal. Déjà présent dans cinq arrondissements, l’insecte a fait son apparition dans sept autres en 2013. Au total, 148 arbres infestés ont dû être abattus en trois ans. Jugeant la situation préoccupante, Montréal organisera un sommet consacré à l’agrile du frêne en mars prochain.

 

L’an dernier, Montréal a coupé 86 frênes, dont 23 dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, 22 dans Rosemont–La Petite-Patrie et 14 dans Ahuntsic-Cartierville. L’insecte a même été détecté dans quatre grands parcs, soit Maisonneuve, Lafontaine, de la Visitation et Jean-Drapeau.

 

Depuis les premières infestations en 2011, la Ville a mis en place un programme de lutte contre l’agrile, menant des opérations de dépistage, d’abattage et de traitement au biopesticide TeeAzin pour les arbres des zones touchées.

 

La consolation, c’est qu’aucun frêne atteint n’a été découvert dans les zones traitées auparavant. Mais selon Réal Ménard, responsable du développement durable au comité exécutif, il en faudra davantage pour combattre l’ennemi qui menace un arbre sur cinq à Montréal : « On pense que c’est la bonne stratégie, que c’est relativement sous contrôle, mais qu’il faut augmenter le rythme de dépistage et d’injection. »

 

Un sommet

 

L’insecte menace aussi les arbres des 15 villes liées de l’île de Montréal, un territoire qui échappe à la juridiction de l’administration centrale. Les opérations de lutte contre l’agrile seraient d’intensité variable d’une ville à l’autre, soutient M. Ménard, qui suggère que cette responsabilité devienne une compétence d’agglomération.

 

Montréal entend donc inviter les 19 maires d’arrondissement de même que les maires des 15 villes liées à un sommet sur l’agrile le 10 mars prochain au Planétarium Rio Tinto Alcan afin de discuter d’une stratégie commune.

 

De son côté, Projet Montréal n’est pas rassuré et réclame la création d’un fonds d’urgence de 10 millions de dollars pour intensifier la lutte contre l’agrile.

 

Le cas d’Hampstead

 

La municipalité d’Hampstead a été particulièrement éprouvée par l’insecte ravageur. L’an dernier, 70 frênes infestés ont dû être abattus et la Ville s’attend à devoir en couper d’autres en 2014, a indiqué Cynthia Lane, responsable des communications.

 

Pour sa part, la Ville de Mont-Royal, qui s’est dotée d’un plan d’intervention, a mené des opérations de dépistage sans déceler d’infestation.

 

À Pointe-Claire, deux insectes ont été capturés dans les pièges installés sur le territoire : « Ce n’est pas un problème en ce moment à Pointe-Claire, mais ça va le devenir éventuellement sur toute l’île de Montréal », dit le maire Morris Trudeau.


La canopée

 

Parallèlement à sa lutte contre l’agrile, la Ville de Montréal poursuit son programme de plantation d’arbres avec pour objectif de faire passer la canopée de 20 à 25 % d’ici 2025, ce qui nécessitera la plantation d’environ 100 000 arbres sur le domaine public montréalais. Pour atteindre cet objectif, la Ville devra toutefois augmenter la cadence puisqu’en 2013, 6161 arbres ont été plantés.