Un nouveau pont, mais à quel à prix?

Selon Denis Lebel, le processus de présélection des soumissionnaires débutera dans deux mois.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Selon Denis Lebel, le processus de présélection des soumissionnaires débutera dans deux mois.

La construction du futur pont Champlain, qui devrait comporter des haubans, débutera à l’été 2015, a annoncé mercredi Denis Lebel. Mais le ministre fédéral de l’Infrastructure a refusé de divulguer les coûts appréhendés de la nouvelle structure de même que les tarifs du péage qui sera imposé aux automobilistes.

 

Ayant maintenant en main le dossier d’affaires préparé par PricewaterhouseCoopers, Transports Canada compte lancer le processus de présélection des soumissionnaires dans deux mois et le choix du consortium se fera à l’été 2015. Les travaux de construction de la nouvelle structure pourront commencer dans les semaines suivantes, pour une mise en service en 2018.

 

L’analyse de PricewaterhouseCoopers, qui n’a pas été rendu publique, avance que la formule du partenariat public-privé (PPP) permettra des économies variant de 5 % à 18 %. Le partenaire sera notamment responsable de la construction du pont lui-même et du pont de l’Île-des-Soeurs, mais également de l’exploitation et de l’entretien de l’ensemble des infrastructures pendant 30 ans. La démolition du pont actuel ne fera pas partie du projet en PPP.


Pont à haubans

 

La firme ARUP a analysé 13 options de conception avant de conclure que le pont devrait être constitué de poutres-caissons alors que le segment qui enjambe la voie maritime devrait être soutenu par des haubans. Mais il ne s’agit pas d’un concept définitif, a prévenu Vincent Jarry, directeur régional de Transports Canada.

 

Le nouveau pont comportera trois tabliers, l’un au centre pour accueillir un système léger sur rail (SLR), et les deux autres pour la circulation automobile. Une piste pour vélos et piétons sera également aménagée du côté est du pont.

 

Le ministre s’est toutefois gardé de dévoiler le coût anticipé du pont, invoquant la nécessité de ne pas nuire à l’obtention d’un prix concurrentiel.

 

Ottawa n’en démord pas : il y aura un péage sur le futur pont Champlain. Les tarifs n’ont pas encore été déterminés et des études sont toujours en cours, a soutenu le ministre. « On est conscients des tarifs du marché dans la grande région de Montréal. […] Mais un tarif à 7 $, oubliez ça. Ça n’a jamais été dans nos calculs », a-t-il dit.

 

Québec se fait critique

 

Le ministre a reconnu que les revenus du péage ne suffiront pas et qu’Ottawa devra faire une « importante contribution » qu’il n’a pas voulu chiffrer. Il a aussi dû admettre que le gouvernement ignore les impacts qu’aura un péage sur les autres ponts.

 

À Québec, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a reproché au gouvernement son manque de transparence sur la question du péage. Il a aussi déploré qu’Ottawa n’ait pas fait écho à sa demande pour un bureau de projet conjoint.

 

De son côté, le maire Denis Coderre n’a pas perdu espoir de convaincre Ottawa d’opter pour une autre solution que le péage, auquel s’opposent les élus de la région de Montréal. « Si on met un poste de péage sur le pont Champlain, il va falloir en mettre partout », a-t-il dit.