Itinérance: Coderre chiffre les besoins à 10 millions

Les engagements du maire Coderre en matière d’itinérance ont été faits en marge du dîner des Rois de l’Accueil Bonneau, où quelque 550 repas chauds ont été servis à des sans-abri, dimanche en mi-journée.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les engagements du maire Coderre en matière d’itinérance ont été faits en marge du dîner des Rois de l’Accueil Bonneau, où quelque 550 repas chauds ont été servis à des sans-abri, dimanche en mi-journée.
Les problèmes criants liés à l’itinérance dans la plus grande ville du Québec ont dominé les manchettes au cours des dernières semaines et le maire de Montréal, Denis Coderre, compte amener le dossier à Québec, notamment pour réclamer une plus grande aide financière du gouvernement.

Après une période des Fêtes marquée par les menaces fort médiatisées d’un policier à l’endroit d’un sans-abri, le maire Coderre réitère son désir de trouver des solutions à la problématique de l’itinérance. Il en fait même l’une de ses priorités.

Le premier magistrat de la métropole admet que l’événement fort médiatisé a « aidé à la réflexion ». Cette semaine, il rencontrera des groupes communautaires qui s’impliquent avec les sans-abri. Il souhaite prochainement partager leurs doléances avec la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon. Aucune rencontre entre M. Coderre et Mme Hivon n’a toutefois encore été fixée.

«Obligation de résultat»

Le maire Coderre estime que les outils existent pour s’attaquer à l’itinérance et que les acteurs du milieu sont compétents, mais qu’il y a un manque criant de « ressources ». Il chiffre les besoins à dix millions de dollars. Il se dit déterminé à trouver cet argent de pair avec Québec dans les plus brefs délais. Plus que jamais, il estime qu’il y a une « obligation de résultat » et que le dossier doit « aboutir » rapidement.

Ces engagements du maire Coderre ont été faits en marge du dîner des rois de l’Accueil Bonneau, où quelque 550 repas chauds ont été servis à autant de sans-abri, dimanche en mi-journée. « Ça devrait pourtant être le dîner des rois tous les jours », a-t-il indiqué à propos de l’incapacité de bien des citoyens montréalais de joindre les deux bouts et de simplement pouvoir manger à leur faim.

Toutes les heures, dès 10 h, une centaine d’itinérants étaient accueillis par de nombreux bénévoles de l’Accueil Bonneau et de la Société Saint-Vincent de Paul.

Charles Daguy était au nombre des convives et il ne cachait pas sa gratitude à l’endroit de ceux qui ont tant fait pour lui. « J’ai passé cinq ans dans la rue. L’Accueil Bonneau a été essentiel dans ma vie. C’est un rayon de lumière pour les gens dans l’itinérance dans un monde où les gens sont trop souvent indifférents à notre endroit », a fait savoir celui qui peine encore aujourd’hui à joindre les deux bouts.

Dîner des Rois

Tout près, Lucille Nantelle, une religieuse de la communauté Sainte-Croix, âgée de 94 ans, se réjouissait de constater encore une fois l’importance de l’événement dans la vie de bien des Montréalais défavorisés.

« Je participe au dîner depuis quarante ans. Je suis en mesure de comparer ce qui a changé. S’il y a encore des besoins criants, il y a aussi plus de ressources. Par contre, je constate que plusieurs groupes sont oubliés, notamment les personnes âgées défavorisées, qui vivent souvent dans la solitude », rappelle-t-elle.

À l’autre extrême du spectre des âges, Josepha Bindzi en était à sa première activité bénévole à l’Accueil Bonneau. « Je pense qu’il est essentiel de redonner à sa communauté et, que comme jeune, donner du temps est le meilleur moyen », a-t-elle indiqué visiblement comblée par son expérience.

Depuis 1877, l’Accueil Bonneau ouvre ses portes aux sans-abri et aux personnes en situation de précarité. Le dîner des Rois s’est imposé comme un événement phare de l’année.


Par Étienne Fortin-Gauthier

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