Finances - Le statu quo ne peut plus durer, disent les arrondissements montréalais

Le maire Denis Coderre
Photo: - Le Devoir Le maire Denis Coderre

Les arrondissements montréalais, qui se plaignent depuis des années d’être sous-financés, devront à nouveau se serrer la ceinture en 2014. Des maires d’arrondissement se disent prêts à donner une chance à l’administration de Denis Coderre, mais selon eux, le statu quo ne pourra plus durer.

 

L’été dernier, la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Anie Samson, avait protesté haut et fort lorsque l’administration de l’ex-maire Laurent Blanchard avait décrété un gel des budgets d’arrondissement. Membre de l’Équipe Coderre, son ton est moins virulent au lendemain de l’annonce par le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, de compressions de 64 millions que devront assumer la ville centre et les arrondissements. Pour son arrondissement, la ponction se traduira par une baisse de 100 000 $ de la dotation par rapport au budget de 2013. « On est dans un budget de transition. On a vu les livres et on constate que l’administration de coalition [dirigée par Laurent Blanchard] nous a coûté très cher », soutient celle qui siège maintenant au comité exécutif. « On a arrêté les dépenses et gelé les embauches, fait une pause dont on a besoin pour prendre un recul. »

 

Comme une majorité d’élus, Anie Samson a voté contre le gel des budgets de l’administration Blanchard en août dernier. « Mais on ne savait pas, à ce moment-là, que la Ville avait un trou budgétaire de 377 millions de dollars », dit-elle.

 

Son collègue de Projet Montréal François Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie, voit la décision de l’administration Coderre comme un gel déguisé qui affectera nécessairement les services aux citoyens. « Il n’y a plus de gras à couper. On est rendus à compter les rouleaux de Scott Towels qu’on achète », explique-t-il. Son arrondissement a dû dégager 978 000 $ par rapport aux prévisions budgétaires de 2014.

 

Le Sud-Ouest disposera de 900 000 $ de moins qu’en 2013, indique son maire, Benoit Dorais. « Mais on s’attendait à ça parce qu’on avait vu l’état des finances de la Ville », relate M. Dorais, qui a siégé au comité exécutif de coalition.

 

Des « vaches sacrées »

 

L’effervescence de la construction a permis à son arrondissement de se constituer une réserve qui permettra de combler le manque à gagner en 2014, mais selon lui, la Ville devra régler le sous-financement chronique des arrondissements pour l’année suivante.

 

François Croteau croit à la bonne foi de Pierre Desrochers et se dit prêt à collaborer, mais il estime que c’est à la ville centre que l’administration devra chercher les compressions, car c’est là que les dépenses augmentent le plus rapidement. Selon lui, il faudra réexaminer les budgets des « vaches sacrées » comme le Service de police et le Service de sécurité incendie qui coûtent cher à la Ville.

 

Le maire de Lachine, Claude Dauphin, qui avait évoqué la possible défusion de son arrondissement si la Ville ne réglait pas le problème de sous-financement dans un délai d’un an ou deux, n’a pas voulu commenter les compressions annoncées, n’ayant pas pu en mesurer les conséquences.

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