Ville de Montréal - L’EPIM sera intégrée à l’UPAC

L’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM), créée à la hâte par l’ex-maire Michael Applebaum en janvier 2013, sera intégrée à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), ont annoncé mardi le maire Denis Coderre et deux ministres du gouvernement Marois.

 

Cette escouade de 20 personnes, mise sur pied dans la foulée des scandales éthiques qui ont secoué Montréal, a été critiquée pour son manque de résultats. L’EPIM avait pour mission d’enquêter sur la collusion, la corruption et la fraude dans la gestion des affaires municipales. Près d’un an après sa création, cette branche du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a procédé à aucune arrestation.


Expertise

 

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, ne voit pas cette décision comme un constat d’échec de l’EPIM : « Au contraire, l’EPIM a une expertise, une connaissance précise et minutieuse de la situation de Montréal, qui va être des plus bénéfiques pour l’UPAC. » Ce regroupement améliorera l’efficacité de l’équipe d’enquêteur et évitera les chevauchements dans le traitement de certains dossiers, croit-il.

 

Pour Denis Coderre, l’intégration de l’EPIM à l’UPAC constitue une « alliance d’expertises » : « Le nerf de la guerre dans la lutte contre la corruption, c’est l’échange d’informations, mais c’est aussi la sensibilité du territoire », a-t-il dit.

 

L’EPIM, qui compte 15 enquêteurs et cinq civils, sera intégrée à l’équipe du commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, mais demeurera sous la responsabilité du SPVM et ses dépenses seront assumées par la Ville de Montréal.

 

Le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, estime qu’il s’agit d’une première étape qui permettra de mieux définir le rôle et les responsabilités de l’inspecteur général, un poste que souhaite créer le maire Denis Coderre dans le cadre de son plan de lutte contre la corruption. La nomination de l’inspecteur général devrait se faire au début de 2014.

 

Le directeur du SPVM, Marc Parent, n’a pas participé à la conférence de presse, mais cette absence était voulue, a dit M. Coderre : « Il était important d’envoyer comme message que le politique ne se mêle pas d’opérations policières. »


La facture

 

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Richard Bergeron, n’a pas trouvé matière à se réjouir. « Me semble qu’on vient de changer quatre trente sous pour une piastre. » Il a dit craindre que les policiers de l’EPIM prennent leurs ordres de la Sûreté du Québec et non du directeur du SPVM. « On perd le contrôle, mais on garde la facture. C’est ça qui est vraiment inquiétant », a-t-il dit.

 

Le ministre Stéphane Bergeron a répliqué que cette façon de faire était habituelle. « Organiquement parlant, l’ensemble des entités qui travaillent sous le parapluie de l’UPAC relèvent de leurs entités originales », a-t-il expliqué.

1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 décembre 2013 05 h 45

    Excellent

    Excellente nouvelle, on a besoin de toute l'aide qu'on peut ramasser ! On a vu le dommage qui arrive quand les forces policières ne se parlent pas entre elles avec ce qui est arrivé entre la GRC et la police provinciale au début de la Commission. Le nerf de la guerre : L'information !

    PL