Île des Sœurs - Des années de nuisance pour les insulaires

Sitôt le nouveau pont construit, le gouvernement s’attaquera à la démolition du pont Champlain actuel. Trois années seront nécessaires.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Sitôt le nouveau pont construit, le gouvernement s’attaquera à la démolition du pont Champlain actuel. Trois années seront nécessaires.

La construction du nouveau pont qui remplacera le pont Champlain causera de nombreux maux de tête aux automobilistes de la région de Montréal, mais les résidants de l’île des Soeurs seront aux premières loges quant aux nuisances du mégachantier.

 

Bruits, congestion automobile et circulation de véhicules lourds risquent de devenir le quotidien des insulaires pendant les années de construction du pont. Dans leur rapport d’évaluation environnementale remis à Transport Canada en août dernier, les firmes Dessau et Cima+ énumèrent quelques-uns des impacts qu’auront les travaux sur les résidants des environs.

 

Construction et démolition

 

Pour atténuer les bruits occasionnés par la machinerie et les activités de construction, les auteurs du rapport recommandent la mise en place d’écrans antibruit et l’installation de silencieux sur les équipements bruyants. Et à moins de circonstances particulières, les travaux devront être réalisés entre 7 h et 19 h et ne pas dépasser un certain seuil de niveau sonore.

 

Les bâtiments situés à proximité du chantier pourraient également être affectés par les travaux. « Les aires de travaux et les voies de contournement vont possiblement empiéter sur des terrains privés en bordure de l’emprise », précise le rapport, qui ajoute : « Il est possible que la vibration associée aux travaux de construction, comme la compaction des sols et le battage de pieux et de palplanches, puisse causer des dommages aux bâtiments et aux infrastructures. »

 

Ce vaste chantier sera suivi d’un autre, qui devrait s’échelonner sur trois ans, soit le démantèlement du pont Champlain actuel avec le sciage des travées et des piles de béton qui seront transportées par barge ou par camion. Cette opération nécessitera le retrait de 165 000 tonnes de béton et 13 300 tonnes d’acier, qui s’ajouteront aux 50 700 tonnes de béton du pont de l’île des Soeurs. Les matières résiduelles seront envoyées à une entreprise de valorisation de la Rive-Sud.

 

Circulation difficile

 

Entré en fonction il y a moins d’un mois, le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, reconnaît que les impacts seront majeurs pour les résidants de l’île des Soeurs. « C’est surtout le transport qui m’inquiète. La circulation, c’est problématique depuis l’histoire de la superpoutre », dit-il en soulignant que plusieurs scénarios ont été envisagés pour faciliter les déplacements des résidants de l’île des Soeurs pendant les travaux. « Ils se retrouvent pris en otage entre la circulation d’heure de pointe des gens qui vont sur la Rive-Sud », souligne-t-il.

 

Si le maire Parenteau croit peu probable que des bâtiments soient endommagés par les travaux, il admet que les nuisances liées au bruit risquent d’être importantes. Mais l’île des Soeurs est une « ville-dortoir », rappelle-t-il : « L’île se vide le jour et les travaux vont se faire principalement de jour. Mais c’est sûr que les résidences de personnes âgées vont subir les conséquences du bruit. […] C’est une réalité quand on reste à proximité d’une infrastructure qui a une durée de vie limitée. »

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