Pont Champlain - «Pas de péage, pas de pont», insiste Stephen Harper

Les travaux de réfection de la poutre fissurée découverte mardi coûteront près de cinq millions de dollars.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les travaux de réfection de la poutre fissurée découverte mardi coûteront près de cinq millions de dollars.

Le nouveau pont Champlain sera à péage ou il n’y aura pas de pont, a réitéré vendredi le premier ministre canadien, Stephen Harper, à la communauté d’affaires de Montréal.

« Pas de péage, pas de pont », a-t-il déclaré devant près de 600 membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain venus l’entendre, au Palais des congrès de Montréal, parler notamment de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.  


À aucun autre endroit au pays, le gouvernement fédéral ne s’est-il engagé à assumer seul l’entièreté des coûts de construction d’un pont, a-t-il fait valoir lors d’une brève période de questions. « Il est nécessaire, pour avoir l’appui des contribuables [canadiens], que nous ayons une participation financière de la population d’ici. »

 

Cette contribution financière sera « minime » en comparaison de l’effort que devra déployer Ottawa, a-t-il assuré. « Notre gouvernement a donné des fonds de réparation chaque fois que ça nous a été demandé, a-t-il rappelé. On a déjà investi près de 400 millions dans les réparations depuis 2006. »

 

L’auditoire a reçu la réponse du premier ministre sans broncher. « C’est une position de négociation », a estimé en point de presse le maire de Montréal, Denis Coderre. « Comme premier ministre du Canada, il a une position. Comme maire de Montréal, j’ai une position. »

 

L’imposition d’un péage sur le pont Champlain provoquerait le déplacement de la circulation vers les autres ponts à moins qu’on y prélève, là aussi, un péage, a-t-il rappelé. Ces nouvelles taxes à l’entrée de l’île contribueraient à chasser encore plus de gens du centre-ville.

 

Denis Coderre entend aussi faire valoir qu’« il ne s’agit pas d’un nouveau pont. C’est un pont existant qu’on remplace. La notion de pont existant, quoiqu’on peut la nuancer, est importante dans le vocabulaire. »

 

Le nouveau maire et le premier ministre canadien ont convenu de se rencontrer prochainement à Ottawa pour discuter de cet enjeu ainsi que d’autres dossiers.

 

Soulager la congestion

 

Plus tôt dans la journée, les membres de Mobilité Montréal ont convenu d’implanter 12 mesures pour soulager la congestion causée par la fermeture pour un mois d’une voie de circulation sur le pont Champlain à la suite de la découverte, mardi dernier, d’une fissure dans une poutre.

 

Le comité, qui réunit notamment le ministre québécois des Transports, Sylvain Gaudreault, des maires et des représentants d’organismes de transport, entend maintenir la voie réservée pour autobus en direction de Montréal pour la période de pointe. De plus, trois voitures seront ajoutées aux rames de métro de la ligne jaune et les trains de banlieue Candiac et Mont-Saint-Hilaire compteront une voiture de plus.

 

Le ministre fédéral de l’Infrastructure, Denis Lebel, a assuré que le pont était sécuritaire et que le gouvernement cherchait toujours à devancer les travaux de construction du nouveau pont dont la mise en service est prévue pour 2021.

 

Les travaux de réfection de la poutre fissurée coûteront près de cinq millions de dollars et la voie devrait être rouverte à la circulation le 12 décembre.

 

D’autres fermetures de voies pourraient survenir au cours des prochaines années. Questionné sur la possibilité d’une fermeture complète du pont avant que la nouvelle structure soit construite, le ministre Lebel a eu ce commentaire : « La Société des ponts surveille son état de façon régulière. Jamais ils n’ont parlé d’une éventualité comme celle-là. Je n’ose l’envisager. »

 

Avec Jeanne Corriveau

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