Union Montréal aurait détourné des fonds publics pour éponger une dette

En février 2013, l’UPAC avait procédé à de spectaculaires perquisitions à l’hôtel de ville de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En février 2013, l’UPAC avait procédé à de spectaculaires perquisitions à l’hôtel de ville de Montréal.

Le parti de l’ex-maire Gérald Tremblay, Union Montréal, est soupçonné d’avoir détourné des fonds publics pour rembourser une dette contractée pendant la campagne électorale de 2001 auprès de la firme de communications Octane.

 

Selon ce qu’ont rapporté plusieurs médias mardi, un témoin aurait allégué qu’un stratagème de fausse facturation impliquant plusieurs arrondissements avait été utilisé pour rembourser une dette de 100 000 $ qui n’aurait pas été acquittée par le parti.

 

Parmi les arrondissements qui auraient été mis à contribution pour rembourser cette somme figurent Outremont, Anjou, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Lachine et Saint-Léonard, selon une liste trouvée par les enquêteurs chez Octane.

 

C’est ce que révèlent des documents soumis en cour par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le but d’obtenir des mandats de perquisition, documents qu’ont pu consulter les membres d’un consortium de médias — dont ne faisait pas partie Le Devoir — à la suite d’une requête.

 

Perquisitions à l’hôtel de ville

 

Ce n’est pas la première fois que ce dossier fait les manchettes. En février 2013, l’UPAC avait procédé à de spectaculaires perquisitions à l’hôtel de ville de Montréal ainsi que dans six arrondissements à la recherche de ces factures.

 

Les enquêteurs de l’UPAC envisageraient maintenant la possibilité de demander le dépôt d’accusations criminelles pour fraude, abus de confiance, fabrication de faux et complot. Les noms des personnes visées ont toutefois été caviardés sur les documents consultés par les médias.

 

En 2009, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) s’était intéressé à cette affaire. Après avoir enquêté dans 19 arrondissements et 15 villes liées, les enquêteurs du DGEQ n’avaient pu retrouver les factures et le parti Union Montréal avait été blanchi.

 

Dans un communiqué publié mardi, la direction d’Octane Stratégies (autrefois Groupe CJB) affirme que la facture liée à la campagne électorale de 2001 a été assumée par Union Montréal. Selon l’entreprise, il est inapproprié de faire un lien entre les factures émises pour cinq arrondissements et une dette électorale. « La direction actuelle d’Octane Stratégies exhorte les enquêteurs de l’UPAC à accélérer le travail de révision de l’enquête du DGEQ entrepris en 2009, de manière à ce que l’entreprise soit libérée des doutes qui pèsent sur les activités du Groupe CJB », a souligné Octane, qui dit avoir offert sa collaboration à l’UPAC.

 

Des liens incestueux ?

 

Pour le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Richard Bergeron, la réélection de plusieurs anciens membres d’Union Montréal au sein de l’Équipe Coderre ou à titre d’indépendants lors du scrutin du 3 novembre ne permet pas d’envisager un renouveau à l’Hôtel de Ville. « On semble toujours être dans l’ancienne administration », a-t-il indiqué.

 

En février dernier, M. Bergeron avait dénoncé les « liens incestueux » entre Union Montréal et les firmes Octane et Morrow Communications qui, entre 2006 et 2011, auraient obtenu des contrats totalisant près de 2,5 millions de dollars de l’administration. Il avait alors réclamé une enquête élargie de l’UPAC et du contrôleur général. « Mais voilà un beau mandat pour l’inspecteur général dès qu’il sera en fonction ! » a-t-il ironisé.

3 commentaires
  • Louise Poulin - Abonnée 13 novembre 2013 09 h 11

    On n'a même plus le courage.

    Le courage de dénoncer, de dire on le savait bien.Nous n'avons plus d'espoir. La vérité n'est plus disponible. Plus personne ne réagit. Ils ont beau jeu les maniganceux

  • Normand Murray - Inscrit 13 novembre 2013 09 h 32

    Encore une autre fois.

    Payé pour des fausses factures avec des fonds publiques on est assez familier avec cette procédure avec la commission Gomerey on en a vue a s'en rendre malade.Maintenant nous allons assisté à une mise en scene digne des plus grands vaudevilles.Acte1 on sort l'histoire après 9 mois d'enquête.Acte2 on dévoile le tout peu de temps après les élections.Acte3 on envoie expliqué le tout quelqu'un qui n'était pas là au moment des faits l'excuse parfaite t'a pas là et pour terminé après une semaine l'oubli seras au rendez vous.Mais un dénominateur commun persiste si tu est de confession Libérale seras l'absolution seras totale merci au grand déchiqueteur P.S:A tout les enquêteurs je sympatises avec vous et vous avez mon admiration face à un systeme aussi corr...!

  • Donald Bordeleau - Abonné 13 novembre 2013 22 h 56

    Coderre maitre de la situation

    Au temps des commandites Monsieur Coderre connaît le tabac. Le prochaine année ne sera pas facile pour notre Kidtweeter. Il devra suivre une cure de Face de Bouc et banir le Tweet.

    Il y a plusieurs d'anciens de Union Montréal qui comme maires et conseillers qui sont des acteurs de cette corruption ou le citoyen payait de toute façon sans le savoir les élections de leur conseil municipal dans plusieurs arrondissements.

    Bel stratégie pour pas vu pas pris pas responsable pas de preuves pas d'éthique ...

    Monsieur Coderre, il reste 1450 jours avant les prochaine élection. Le parcours ne sera pas facile vous allez perdre des plumes en cour de route