Dépouillement judiciaire - Une erreur coûteuse pour Projet Montréal

L’élection du chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, par une majorité de 81 votes le 3 novembre dernier fera l’objet d’un dépouillement judiciaire, mais pas celle de Pierre Desrochers, candidat de Denis Coderre qui l’a emporté avec un écart de neuf voix dans le district de Saint-Sulpice. C’est ce qu’a décrété un juge de la Cour du Québec, mardi, après que l’avocat de Projet Montréal eut omis de remettre des documents au greffe dans les délais requis.

 

L’avocat avait jusqu’à 16 h 30 mardi pour déposer au greffe de la cour certains documents originaux, ce qu’il n’a pas fait, a confirmé un membre de l’entourage de Richard Bergeron, déçu de la tournure des événements. Cette omission pourrait également compromettre les deux autres demandes de dépouillement judiciaire déposées par Projet Montréal. Le parti de Richard Bergeron entend examiner tous les recours à sa disposition pour remédier à la situation.

 

Candidat vedette

 

Pierre Desrochers était un candidat vedette de Denis Coderre puisqu’en campagne électorale, celui-ci l’avait présenté comme le président de son futur comité exécutif. En contestant son élection, Projet Montréal espérait que son candidat, Martin Bazinet, ait raison de son adversaire.

 

Ces procédures surviennent alors que le maire Coderre souhaite faire entériner, dès lundi prochain, la composition de son comité exécutif par les membres du conseil municipal où il est minoritaire. L’élection confirmée de M. Desrochers simplifie sa tâche.

 

En tout, neuf dépouillements judiciaires avaient été réclamés, mais le juge Michel A. Pinsonnault a accepté d’examiner de façon prioritaire les requêtes concernant MM. Bergeron et Desrochers en raison de leur rôle stratégique à l’Hôtel de Ville. Dans les autres dossiers, les procédures se poursuivront la semaine prochaine.

 

« Déclaration de guerre »

 

Plus tôt dans la journée, Richard Bergeron a haussé le ton à l’égard de Denis Coderre. Selon lui, l’entêtement du nouveau maire à contester son élection est un geste politique qui ouvre la porte à des lendemains belliqueux. « Je vais manquer l’assermentation [prévue jeudi]. Est-ce que je vais manquer le premier conseil municipal ? Le premier conseil d’arrondissement ? À ce stade-ci, c’est rien de moins qu’une vraie déclaration de guerre », a indiqué au Devoir M. Bergeron.

 

La semaine dernière, le chef de Projet Montréal avait pressé le nouveau maire de renoncer à son projet en lui reprochant son « manque d’élégance ». Selon lui, l’écart de 81 voix était suffisamment important pour rendre un second dépouillement des votes futile. « On a maintenant sa réponse : ça va jouer dur », constate M. Bergeron.

 

Le maire Coderre s’affaire ces jours-ci à former son comité exécutif. Le maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce élu sous la bannière de Coalition Montréal, Russell Copeman, aurait déjà été invité à y siéger. Richard Bergeron soutient que Projet Montréal n’a pas reçu une telle invitation.