Richard Bergeron cédera sa place à la tête de Projet Montréal

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir
Trois jours après sa défaite de dimanche dernier, Richard Bergeron a annoncé qu’il quittera la vie politique dans les 12 à 24 prochains mois pour laisser sa place à un nouveau chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville. D’ici là, le chef de Projet Montréal préparera la transition et siégera comme conseiller dans le district de Saint-Jacques.

« C’était ma troisième élection et c’était ma dernière », a expliqué d’entrée de jeu Richard Bergeron, lors d’une conférence à l’hôtel de ville mercredi matin en compagnie d’élus et de candidats de son équipe.

« Je vais rester le temps qui sera nécessaire pour m’assurer que Projet Montréal constitue la véritable opposition à l’administration Coderre, et le temps que tous les nouveaux élus soient confortables dans leur rôle. On peut imaginer entre 12 et 24 mois, ensuite, je partirai », a-t-il dit.

Le chef de Projet Montréal s’est dit fier d’avoir doublé le nombre d’élus de sa formation, de 14 à 28, lors du scrutin de dimanche.

Son départ nécessitera la tenue éventuelle d’une élection partielle, de même qu’une course à la chefferie du parti.

Le parti qu’il a fondé en 2004 est prêt à accueillir des élus d’autres formations, mais fermera la porte aux anciens membres d’Union Montréal, a prévenu M. Bergeron.

Richard Bergeron a par ailleurs déploré l’intention de Denis Coderre de demander un dépouillement judiciaire dans le district de Saint-Jacques où sa colistière Janine Krieber a battu Philippe Schnobb par 81 voix. « C’est un manque d’élégance de la part du maire Coderre », a soutenu Richard Bergeron.

La succession

Aussitôt la conférence de presse terminée, la majorité des élus de Projet Montréal ont quitté l’hôtel de ville sans parler aux journalistes. Questionné sur son intérêt à devenir chef de Projet Montréal, le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François W. Croteau — dont le nom a circulé comme successeur potentiel de Richard Bergeron —, s’est limité à ce bref commentaire : « Ce qui m’intéresse, c’est de gérer Rosemont–La Petite-Patrie demain. Dans douze mois, on s’en parlera. »

Le maire sortant, Laurent Blanchard, qui quittera officiellement ses fonctions le 14 novembre prochain, a qualifié de « sage » la décision de M. Bergeron de laisser sa place à d’autres à la lumière du verdict des Montréalais.

Conseiller de Snowdon réélu sous la bannière de Coalition Montréal, Marvin Rotrand croit que M. Bergeron aurait dû renoncer au siège de Mme Krieber ou de demeurer comme élu, quitte à céder la chefferie de son parti à quelqu’un d’autre. Selon lui, la tenue d’une élection partielle, qui pourrait coûter de 300 000 à 500 000 $, constitue une « dépense inutile ».

« Bien sûr, il y aura quelques frais pour les Montréalais, a rétorqué Richard Bergeron. Mais j’ai très peu coûté cher aux Montréalais en termes de salaire et je ne leur ai rien coûté en termes de corruption. »

Caricature

Pierre-Alain Cotnoir, qui a connu M. Bergeron à la Fédération des coopératives d’habitation de l’île de Montréal au début des années 1990 — M. Bergeron en était le président —, a salué la détermination dont a fait preuve le chef de Projet Montréal en fondant son parti. « À mon sens, c’est un parti qui a un plus beau parcours que le défunt RCM [Rassemblement des citoyens de Montréal] », a-t-il dit.

Analyste de sondages, M. Cotnoir estime que M. Bergeron se retrouvait désavantagé dans une campagne axée sur l’apparence. Il a aussi reproché aux « faiseurs d’opinions » d’avoir caricaturé le chef de Projet Montréal : « On en a fait un doctrinaire, dogmatique et exalté. Mais par rapport aux autres villes dans le monde, ce qu’il amène, c’est loin d’être révolutionnaire. C’est plutôt évolutionnaire. »

Quant à la succession de M. Bergeron, M. Cotnoir avance que bien des choses peuvent changer d’ici quatre ans. Les noms de François Croteau et Luc Ferrandez ont été évoqués, « mais qui nous dit qu’une personne comme Josée Duplessis [ex-présidente du comité exécutif] ne souhaiterait pas revenir ? » se demande M. Cotnoir.
15 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 6 novembre 2013 11 h 36

    Au plaisir de vous revoir M. Bergeron

    M. Bergeron vous êtes un homme de grande valeur. J'espère qu'on vous reverra toujours actif sur d'autres scènes peut-être, pas nécessairement politique.

    • Richard Larouche - Inscrit 6 novembre 2013 13 h 58

      Je fais écho à votre commentaire. J'espère que M. Bergeron saura contribuer au renouvellement de nos politiques d'urbanisme archaiques.

    • Louis Gérard Guillotte - Abonné 7 novembre 2013 15 h 40

      Gros,gros merci M.Bergeron.Vous étiez le plus hautement crédible.
      Ne vous éloignez pas trop de la scène municipale car ce bon Coderrre,en son bon sens inné,saura s'armer de vos compétences et de votre vision.

  • Daniel Courville - Inscrit 6 novembre 2013 12 h 12

    Quand on est intransigeant...

    «Le parti est prêt à accueillir des élus d'autres formations à l'Hôtel de Ville, mais ferme la porte aux anciens membres d'Union Montréal»

    Avoir été dans Union Montréal: un péché dont on est jamais absous?

  • Michel Haineault - Inscrit 6 novembre 2013 12 h 24

    Une très très grosse perte pour Montréal.

    Je lui souhaite mes meilleurs voeux, et espèrent que les Montréalais se trouveront un autre Richard Bergeron au plus vite.

    "Une noble servitude" aura été sa marque de commerce pendant toutes ses années au niveau municipal. Sachez monsieur que vous faites partie "de la courte liste des libérateurs de peuples".

    Namasté.

    Michel Haineault
    Québec

  • Daniel Gagnon - Abonné 6 novembre 2013 12 h 45

    Drainage d'égouts

    Je pense au drainage des terrains, à la possibilité de pourvoir d'égouts les conseils municipaux qui surnagent dans la boue avec leurs maires...

    Leur avoir donné carte blanche, n'est-ce pas les laisser fouiller de leur groin les immondices et les ordures pour les remonter à la surface pour s'en nourrir? ...

    On a les oreilles bouchées (et le nez!) Hélas! Il leur suffit de parler avec fougue et extravagance, de nier, de mentir, et ils sont réélus! Il n'y a pas un souffle d'air, la lumière ne passe plus à travers le feuillage démoncratique...

    Si la cité se modèle sur l'exemple des politiciens véreux, nous allons être emportés par l'impétuosité du courant fangeux, non?

  • - Inscrit 6 novembre 2013 12 h 55

    La tyrannie populiste

    De nos jours (il faut en prendre acte bien malheureusement), il ne suffit pas de travailler fort et d'avoir des projets, il faut que le medium accompagne le message ! Le plus souvent, il faut déplorer que le medium est suffisant même si le message est nul.

    C'est la triste réalité d'un monde en sortie de démocratie.

    Le paradoxe, c'est que c'est le peuple détruit la démocratie. Dans l'Antiquité le peuple acclamait le tyran, aujourd’hui, il acclame l’insignifiance.

    • Solange Bolduc - Abonnée 6 novembre 2013 15 h 17

      Vous avez raison de dire: "Dans l'Antiquité le peuple acclamait le tyran, aujourd’hui, il acclame l’insignifiance."

      J'espère que Coderre se reconnaîtra dans l'insignifiance !