Une défaite au parfum de victoire pour Joly

C’est devant une foule gonflée à bloc réunie au théâtre Plaza que Mélanie Joly s’est présentée toute de noir vêtue. Elle a félicité ses candidats élus et en a fait de même pour les principaux candidats à la mairie. Sur notre photo, Mme Joly étreint Justine McIntyre, élue Conseillère de la ville dans Bois-de-Liesse, Pierrefonds-Roxboro.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir C’est devant une foule gonflée à bloc réunie au théâtre Plaza que Mélanie Joly s’est présentée toute de noir vêtue. Elle a félicité ses candidats élus et en a fait de même pour les principaux candidats à la mairie. Sur notre photo, Mme Joly étreint Justine McIntyre, élue Conseillère de la ville dans Bois-de-Liesse, Pierrefonds-Roxboro.

C’est une défaite qui a un peu un goût de victoire. Ce n’est pas la mairie pour Mélanie Joly, mais elle était en deuxième position, à 5 points d’écart du maire élu, Denis Coderre, et à égalité avec le chef de projet Montréal, Richard Bergeron (elle ne le devançait que de quelques dixièmes de points à peine au moment de mettre sous presse).

Au moins trois membres de son équipe ont été élus : Normand Marinacci, maire dans l’arrondissement de l’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Steve Shanahan, conseiller de ville dans Ville-Marie, district Peter McGill, et Justine McIntyre, conseillère de ville dans Pierrefonds-Roxboro. Quelques-uns de ses candidats étaient aussi en avance vers minuit, soit trois conseillers pour l’arrondissement de l’Île-Bizard et un conseiller pour l’arrondissement de Pierrefond-Roxboro. Mélanie Joly devrait donc avoir réussi à faire élire sous sa bannière sept personnes de son équipe. 

C’est devant une foule gonflée à bloc réunie au théâtre Plaza que Mélanie Joly s’est présentée toute de noire vêtue. Elle a félicité ses candidats élus et en a fait de même pour les principaux candidats à la mairie. « Mais n’ayez crainte, nous serons présents et nous veillerons au grain pour les quatre prochaines année », a-t-elle déclaré, sous les applaudissements. « Montréalais, nous avons entendu votre désir de changement et soyez assurés que je suis là pour rester, pour continuer à incarner ce vrai changement. »

Sa colistière, Marie-Claude Johnson, n’ayant pas été élue dans Notre-Dame-de-Grâce, Mme Joly ne pourra pas faire son entrée au conseil municipal. « Mais je m’engage à me présenter au premier poste de conseiller de ville qui sera disponible », a-t-elle affirmé.

Plus tôt, dans la soirée, le consultant en marketing Steve Shanahan, premier à avoir été élu, a pris la parole sous les cris et les applaudissements nourris. « Je suis déçu, c’est sûr, mais je suis incroyablement fier de Mélanie et du chemin qu’on a parcouru », a dit le candidat élu, tout en se disant très reconnaissant. « Les vrais changements s’en viennent », a promis l’élu, qui est anglophone mais s’exprime très bien en français.

Plusieurs des partisans de Mélanie Joly ont souligné le caractère exceptionnel de cette élection pour la jeune femme 34 ans, qui était pratiquement inconnue au début de la campagne. « Créer un parti, aller chercher des candidats en si peu de temps, c’est beaucoup. Mais il faut être réaliste. Mélanie a fait toute une campagne mais, à un moment donné… on ne peut pas tout bâtir en quatre mois », a confié au Devoir l’avocat Francis Barragan.

Rapidement deuxième

Dès les premiers résultats, Mélanie Joly s’est rapidement hissée au second rang des candidats à la mairie, devant Richard Bergeron, et a maintenu cette position jusqu’au moment de mettre sous presse, malgré un écart minime.

Marc-André Savard, un autre partisan, s’est dit déçu de voir Denis Coderre à la mairie mais néanmoins très fier de ce qu’a accompli sa favorite en si peu de temps. « Avec l’écart [entre Joly et Coderre] qui s’est rétréci… c’est pas rien ce qui se passe ! » Il ne se dit toutefois pas totalement surpris, étant donné les sondages d’il y a deux semaines. « La question était, jusqu’où allait mener cette tendance ? On a la réponse aujourd’hui. Et ce n’est qu’un début. »

Tout au long de la soirée, l’écart entre Mme Joly et le maire élu se rétrécissait, sous les applaudissements enthousiastes de ses partisans. Le même enthousiasme s’est fait sentir chaque fois que le maître de cérémonie annonçait qu’un candidat de l’équipe de Mme Joly était en avance.

En début de soirée, celui-ci n’a pas manqué d’encenser celle qui a cofondé Générations d’idées. « Il y a un mois, Mélanie n’était pas invitée aux débats. Regardez-la ce soir. Je pense que c’est un bel accomplissement », a-t-il dit. « On est allé chercher une base que Richard Bergeron a pris dix ans à aller chercher. »

Mélanie Joly, qui a réussi à s’adjoindre une cinquantaine de candidats, n’a pas tout de suite été prise au sérieux. Sa campagne avait connu un bien mauvais départ, ayant été lancée le jour où le maire intérimaire d’alors, Michael Applebaum, se faisait arrêter.

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