Marcel Côté - Des défis en série

La course à la mairie de Montréal a été fertile en rebondissements. Intégrité, transparence, grands projets, les quatre principaux candidats ont croisé le fer depuis plus de deux mois. Bilan de la campagne la plus importante du dernier quart de siècle pour la métropole.


Marcel Côté doit souhaiter une chose à la veille de l’élection municipale : que celle-ci se termine mieux pour lui que sa première et unique expérience dans le genre. En 1973, il avait récolté 5,8 % des votes à l’élection provinciale dans Sherbrooke, alors qu’il défendait les couleurs de l’Union nationale.

 

Quarante ans plus tard, Marcel Côté s’est laissé convaincre par la communauté des affaires de tenter sa chance à l’élection municipale de Montréal. Louise Harel lui a cédé le passage, persuadée qu’il saurait attirer des votes qu’elle n’aurait jamais - notamment dans l’Ouest-de-l’Île. Présenté comme le principal concurrent de Denis Coderre au départ, Marcel Côté n’a toutefois jamais semblé être dans le coup, et le dernier sondage CROP lui accordait un lointain quatrième rang.

 

« Ç’a été une campagne de hauts et de bas, commente une conseillère de M. Côté. Ça fait partie de toute campagne. »

 

Les défis ont été nombreux pour le fondateur de Secor, peu habitué aux feux de la rampe. La notoriété, d’abord. « Il est arrivé tard dans le portrait, nous avions un gros problème de ce côté. On a beaucoup travaillé cet aspect, mais ç’a été long avant que les gens s’intéressent vraiment à la campagne. »

 

Mauvaise conjoncture

 

Le style de communication, ensuite. « Faire de la politique est un nouveau métier pour lui,dit la stratège. C’est un homme de contenu qui aime expliquer longuement ses idées. Ce n’est pas facile à caser dans un bulletin de nouvelles. Or, la campagne a beaucoup été une histoire d’image et de perception, davantage que de contenu. Marcel Côté possède bien ses dossiers, mais transmettre le message rapidement et clairement est moins facile. »

 

Faire tenir la coalition n’a pas été plus évident, indique-t-on aussi dans son entourage. « On a perdu du temps au début avec la première stratégie [où l’adhésion à sa coalition était plutôt informelle]. Et après, on s’est aperçu de la difficulté à travailler au sein d’une telle coalition. Nous avons des candidats de tous les horizons, le défi communicationnel a été vraiment important. »

 

À ces défis s’est ajouté un faux pas très médiatisé, celui des appels robotisés faits dans Ahuntsic. Le message envoyé aux électeurs ne mentionnait pas son commanditaire, et il faisait des insinuations contre l’intégrité des adversaires de Marcel Côté. Le candidat a rapidement reconnu l’erreur technique, tout en défendant la pertinence des questions.

 

« Nous avons géré la situation rapidement, justifie sa conseillère. Mais c’est devenu un tournant parce que l’affaire est survenue juste avant le deuxième sondage. Tous les partis ont fait des erreurs dans la campagne, mais la nôtre a eu plus d’impact à cause du sondage. La conjoncture n’était pas bonne. »

 

N’empêche qu’on estime au sein de son entourage que Marcel Côté a pu mieux se faire valoir dans les dernières semaines. « Il a été bon dans les débats, juge-t-on. Il a pu faire passer ses idées - notamment l’importance de revoir la gestion de la Ville -, démontrer sa stature, sa personnalité chaleureuse. »

 

Reste à voir si ce sera suffisant. La conseillère de M. Côté s’accroche au fait qu’il y a « encore beaucoup d’indécis. Notre pointage est bon ».


Le colistier de Marcel Côté est Albert Perez, dans le district de Côte-des-Neiges.

 

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