Denis Coderre - Le pari du «petit gars de Montréal-Nord»

Denis Coderre, Mélanie Joly, Richard Bergeron et Marcel Côté participaient, le 17 octobre dernier, à un débat au Conseil des relations internationales de Montréal.
Photo: - Le Devoir Denis Coderre, Mélanie Joly, Richard Bergeron et Marcel Côté participaient, le 17 octobre dernier, à un débat au Conseil des relations internationales de Montréal.

La course à la mairie de Montréal a été fertile en rebondissements. Intégrité, transparence, grands projets, les quatre principaux candidats ont croisé le fer depuis plus de deux mois. Bilan de la campagne la plus importante du dernier quart de siècle pour la métropole.


Denis Coderre s’est officiellement lancé dans la course à la mairie de Montréal le 16 mai dernier. Après un départ tumultueux marqué par la présence de manifestants masqués à sa conférence de presse, Denis Coderre a mené une campagne prudente, fort des deux sondages qui le maintenaient en tête dans les intentions de vote. Mais à maintes reprises, l’alliance qu’il a conclue avec d’anciens élus d’Union Montréal est revenue le hanter.

 

« Il ne faut pas rendre les gens coupables par association », a répété ad nauseam Denis Coderre tout au long de sa campagne électorale. Même si Marcel Côté a lui aussi pigé des candidats dans la filière Union Montréal, Denis Coderre a eu droit aux attaques continues de ses adversaires à ce sujet. Et le « filtre Coderre » qui devait le mettre à l’abri des scandales n’a pas été aussi efficace qu’il l’aurait voulu. En cours de route, l’aspirant maire a dû larguer deux candidats, soit Mario Charpentier, dans Outremont, et plus récemment Robert Zambito, dans Saint-Léonard, en raison d’allégations sur de présumés pots-de-vin.

 

Mais Denis Coderre en a vu d’autres, lui qui en est à sa 10e campagne électorale. À coups de formules toutes faites, Denis Coderre a mené campagne en égrenant son programme électoral et en insistant sur sa notoriété, sa « proximité » avec les citoyens et son célèbre « What you see is what you get ».

 

Les journalistes qui suivent l’actualité municipale connaissent par coeur son vocabulaire. Les expressions « Moi, je suis un pragmatique », « La main gauche ne sait pas ce que la main droite fait » et « le gros bon sens » sont devenues tellement usées que Projet Montréal s’est amusé à les regrouper sur une carte de bingo en prévision de la série de débats plus tôt cette semaine.

 

Si, avant la campagne, Denis Coderre était reconnu comme un « gazouilleur » compulsif sur Twitter, il s’est avéré fort discret sur le réseau au cours des dernières semaines.

 

L’inspecteur général

 

Pour contrer la corruption et la collusion qui ont jeté le discrédit sur la classe politique et aggravé le cynisme des Montréalais, Denis Coderre a mis le paquet sur son concept d’inspecteur général, qu’il a décrit comme « la police des contrats ». Il a aussi promis d’engager une révolution numérique pour faire de la métropole une ville intelligente. En matière de transports, on l’a entendu résumer sa vision en quelques mots lors d’un débat organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain : « Moi, j’aime mieux investir dans la peinture pour l’instant. On va faire des voies réservées. On a déjà assez payé. »

 

La fin de la campagne de l’ancien député de Bourassa a connu quelques soubresauts avec le retrait précipité de Robert Zambito, les fréquentations douteuses de Michel Bissonnet et la controverse entourant les propos qu’il a tenus devant des membres de la communauté hassidique d’Outremont lors d’une rencontre privée.

 

C’est dimanche que le « petit gars de Montréal-Nord » saura s’il a gagné son pari.

 

 

Le colistier de Denis Coderre est Jean-Marc Gibeau, conseiller sortant d’Ovide-Clermont, dans le disctrict de Montréal-Nord.

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