Élections municipales - À la chasse aux candidats douteux

La campagne électorale montréalaise a pris l’allure d’une chasse aux sorcières au cours de laquelle les aspirants maires ont tenté de débusquer dans les camps adverses les candidats qu’ils jugent douteux. Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly ont dû tour à tour défendre la présence dans leurs rangs d’un candidat controversé.

 

Après avoir expulsé de sa formation politique l’ancien conseiller d’Union Montréal et candidat dans Saint-Léonard Robert Zambito pour une affaire d’allégations de pots-de-vin, Denis Coderre s’est porté à la défense du maire de cet arrondissement, Michel Bissonnet.

 

La Presse rapportait jeudi qu’entre 2004 et 2006, M. Bissonnet avait notamment participé à une fête chez son ami de longue date le promoteur Paolo Catania, arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en mai 2012. Plusieurs proches de la mafia étaient présents à cet événement.

 

« On parle de 2004-2006. Ça fait au moins sept ans, a souligné Denis Coderre lors d’une entrevue accordée à Benoît Dutrizac, du 98,5. Il était député à l’Assemblée nationale et il est allé à une fête. On ne peut pas continuellement définir ce qui se passe il y a sept ans avec les yeux de 2013. Autre époque, autre façon de faire ; mais aujourd’hui, c’est tolérance zéro. »

 

À ce sujet, tant Marcel Côté que Richard Bergeron croient qu’il reviendra aux Montréalais de décider du sort de M. Bissonnet lors des élections de dimanche. « Ça ne me surprend pas. Je trouve ça déplorable. Ce sera aux Montréalais de juger et d’agir en conséquence », a indiqué Marcel Côté.

 

« Je connais M. Bissonnet depuis maintenant huit ans, a pour sa part commenté le chef de Projet Montréal. C’est un personnage coloré, très agréable à côtoyer. Mais il est de la tradition Saint-Léonard. […] Et M. Coderre a décidé de le garder. »

 

Mélanie Joly est plutôt d’avis que M. Coderre n’aurait pas dû garder M. Bissonnet et a suggéré qu’il soumette à nouveau le maire de Saint-Léonard au « filtre Coderre ».

 

Le cas Moschella

 

Marcel Côté a pour sa part pris la défense de Domenico Moschella, candidat de Coalition Montréal dans le district Saint-Léonard. Lors du débat de mercredi soir, Richard Bergeron avait rappelé qu’en 2001, M. Moschella, alors candidat pour Pierre Bourque, avait dû se retirer à la suite d’un jugement de la Cour supérieure qui avait reconnu son ami Alberto Berardinucci coupable de fraude électorale dans la circonscription d’Anjou.

 

M. Côté a rappelé que M. Moschella, qui était propriétaire de la salle où la fraude s’était déroulée, n’était qu’un témoin au procès. Selon lui, M. Bergeron agit de façon électoraliste car après la démission de M. Zambito, seuls deux candidats se disputent le siège de conseiller dans ce district, soit M. Moschella et la candidate de Projet Montréal, Roberta Peressini.

 

Le cas Di Paola

 

De son côté, Mélanie Joly a dû contrer les attaques de Denis Coderre qui réclamait l’exclusion du candidat Tommaso Di Paola dans Saint-Léonard à cause d’une affaire de violence conjugale. N’étant ni accusé ni reconnu coupable, M. Di Paola fait toujours partie de l’équipe, a décrété Mme Joly.

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