Élections municipales - Bergeron déstabilise Coderre sur la question de l'intégrité

Les quatre candidats à la mairie de Montréal ne se privent pas d’attaquer leurs adversaires sur leurs points faibles. À moins d’une semaine du scrutin, ils ont d’ailleurs la chance de s’affronter jusqu’à mercredi lors d’une série de face à face diffusée sur la chaîne de télévision LCN.

Lundi soir, Richard Bergeron et Denis Coderre ont été les premiers à débattre pour défendre leur programme électoral. Dès les premières minutes de la rencontre, le chef de projet Montréal, Richard Bergeron, s’est mis en mode offensif en reprochant au chef d’équipe Coderre d’avoir recruté dans son groupe des candidats de « l’administration de la honte » en parlant de l’ancien parti d’Union Montréal. M. Coderre lui a rétorqué qu’il fallait « arrêter de rendre coupable par association. » MaisRichard Bergeron en a profité pour revenir sur son passé en lui demandant : « N’avez-vous pas déjà reçu des dons douteux de gens arrêtés par l’UPAC quand vous étiez député de Bourassa ? » Denis Coderre a semblé sur le coup quelque peu déstabilisé en répondant simplement que « tout a été légal ». M. Bergeron lui a alors lâché : « C’est exactement la même réponse que celle de Gérald Tremblay. »

Après cet échange tendu, Denis Coderre s’est rattrapé lorsqu’il a été question de transport. Il a soutenu que M. Bergeron a « une approche dogmatique » pour régler les problèmes de congestion à Montréal. Il s’est même permis de dire : « Tout le monde le sait que vous êtes un anti-voiture ». Richard Bergeron a alors tenté de prendre la parole, mais M. Coderre s’est imposé en lui disant : « Si vous voulez un bon débat, laissez-moi parler, lorsqu’on parle de la mobilité urbaine, la voiture fait partie du lot, il faut aussi plus de voies rapides et plus d’efficacité au niveau du métro. » Le chef de projet Montréal s’est agité en lançant que les Montréalais trouvent que l’automobile est dangereuse et bruyante peu importe où ils vivent, que ce soit à Pierrefonds ou sur Le Plateau. Denis Coderre en a profité pour lui reprocher de ne pas avoir fait de consultations dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal pour réduire le nombre de places de stationnement et imposer des mesures d’atténuation de la circulation. Richard Bergeron lui a dit qu’il avait l’intention d’avoir une approche globale, mais M. Coderre lui a lancé « 19 plateaux, ça va être beau ».

Côté contre Joly

Le ton a légèrement changé lorsque Marcel Côté et Mélanie Joly ont à leur tour croisé le fer. Les deux candidats, qui ont moins d’expérience en politique, ont eu l’occasion de mieux présenter leurs idées. Tout au long du face à face, le chef de Coalition Montréal, Marcel Côté, a martelé que sa priorité était de changer « la tête de la haute administration » pour régler les problèmes de corruption. La chef de Vrai changement pour Montréal, Mélanie Joly, a pour sa part répété qu’elle misait sur la transparence pour redonner du lustre à la métropole.

Les deux candidats ont tout de même eu quelques échanges musclés lorsqu’il a été question des compétences requises pour gérer la ville. Marcel Côté ne s’est pas gêné pour lancer plusieurs flèches à son adversaire en disant qu’elle n’avait « jamais géré de sa vie », que les gens de son équipe « n’ont pas d’expérience » et qu’elle n’avait que « deux ans ici et là d’expérience. » Mélanie Joly s’est défendue en disant avoir constitué elle-même une équipe d’experts alors que M. Côté a formé une coalition avec le parti de Louise Harel. Elle a ajouté avoir dirigé une entreprise de communication qui a eu jusqu’à 30 employés et que l’âge n’est pas un gage d’expérience. Elle a donné comme exemple que l’ancien premier ministre du Québec, Robert Bourassa, pour lequel M. Côté a travaillé, qui n’avait que 36 ans lorsqu’il a pris le pouvoir. Marcel Côté lui a lancé: « Mais vous n’êtes pas Robert Bourassa. »

Ce mardi soir, Marcel Côté fera face à Denis Coderre tandis que Mélanie Joly se mesurera à Richard Bergeron.

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