Feu vert au projet Car2go

Même si son chef Denis Coderre est opposé au service de voitures en libre-service, le maire de Côte-des-Neiges -Notre-Dame-de-Grâce, Lionel Perez, a donné le feu vert au projet dans son arrondissement. À compter du 2 novembre, les voitures de Car2go et de Communauto seront disponibles sans réservation dans cet arrondissement ainsi que dans Rosemont-La Petite Patrie et le Plateau Mont-Royal.

Car2go a fait savoir jeudi matin que l’entreprise mettra 250 véhicules Smart à deux places à la disposition de ses abonnés au coût de 0,38 $ la minute ou 14 $ l’heure, et ce, sans réservation. L’abonnement sera gratuit pour une période limitée, soit jusqu’au 2 novembre, puis il en coûtera 35 $ pour s’inscrire.

L’entreprise Communauto, qui menait un projet-pilote dans le Plateau depuis juin dernier, offrira pour sa part une centaine de voitures hybrides ou électriques dans ces trois arrondissements au début du mois de novembre. Mais à la différence de Car2go, Communauto proposera des voitures à quatre places et l’abonnement sera gratuit. Les voitures pourront être louées pour 0,38 $ la minute ou 12 $ l’heure.

Les utilisateurs du service ne seront pas obligés de rapporter le véhicule à l’endroit où ils l’ont pris et pourront le garer dans les zones à vignettes des trois arrondissements concernés et dans des espaces de stationnement désignés au centre-ville.

Les trois maires d’arrondissement, soit Lionel Perez, François Croteau et Luc Ferrandez, ont assisté à la conférence de presse de Car2go. Ils ont salué l’arrivée des voitures en libre-service qui, selon eux, ne nuiront pas à l’industrie du taxi.

Là pour de bon?

Le candidat à la mairie Denis Coderre a déjà fait savoir qu’il désapprouvait le projet de voitures en libre-service. « Il va y avoir une nouvelle administration. On prendra les décisions en conséquence », avait-il dit en septembre dernier. Lionel Perez, qui fait partie de son équipe, a soutenu qu’il s’agissait d’un projet-pilote. « C’est un projet sur lequel l’arrondissement travaille depuis plusieurs mois. On croit en cela. Mais j’ai clairement indiqué lors de l’approbation du règlement qu’on voit ça dans un contexte de projet-pilote. […] Ce n’est pas coulé dans le béton à jamais. »

Car2go, qui est déjà présente dans 24 villes à travers le monde, ne voit pas la chose du même oeil. « On s’installe à Montréal. On est là pour de bon », a tranché le directeur général de Car2go Montréal, Jérémi Lavoie. « Nous, on a fait notre projet-pilote », a pour sa part indiqué Marco Viviani, directeur du développement chez Communauto, qui ne se dit pas trop inquiet quant à la pérennité du projet.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 11 octobre 2013 09 h 41

    Faciliter l'accès à... la voiture

    Face à ce projet, on devra se poser honnêtement quelques questions... Ainsi, dans un premier temps, on déploiera plus de 400 voitures sur le territoire de la ville, comme s'il n'y en avait pas déjà assez.

    Première question : combien de Montréalais vont vendre leur voiture, à l'extérieur de la ville, on s'entend ? Moins de 400 ou plus ? Car si AutoMobile et Car2Go vont chercher leur clientèle chez les cyclistes, les piétons ou les usagers des transports en commun et non chez des ex-automobilistes, on est perdant car on ajoute plus de voitures qu'on en enlève.

    Deuxième question : devant la probabilité évidente que la clientèle des voitures en libre service se retrouve surtout chez les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun, ne va-t-on pas augmenter le nombre de kilomètres parcourus en ville par des voitures plutôt que le diminuer (avec incidence sur la pollution atmosphérique) ?

    Troisième question : puisque ces voitures seront garées dans la rue, qui va s'occuper de les déplacer lors des tempêtes de neige en hiver ou des périodes d'entretien le reste de l'année ? Pour déplacer 400 ou 500 voitures en un temps très limité, il faut des employés, beaucoup d'employés.

    Quatrième question : ces voitures ne vont-elles pas contribuer d'abord et avant tout à augmenter l'offre de transport individuel automobile, en faciliter l'accès, alors qu'on s'entend de plus en plus pour affirmer que dans une ville d'une certaine taille, le transport collectif doit primer sur le transport individuel ?