Élections municipales - Coderre et Joly s’engagent à contester la Charte en Cour

Les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal, dont Denis Coderre, prenaient part mercredi soir à un premier débat télévisé en français. À cette occasion, Denis Coderre a affirmé qu’avec la Charte des valeurs proposée par le Parti québécois, « on est en train d’institutionnaliser la discrimination à l’emploi ».
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Les quatre principaux candidats à la mairie de Montréal, dont Denis Coderre, prenaient part mercredi soir à un premier débat télévisé en français. À cette occasion, Denis Coderre a affirmé qu’avec la Charte des valeurs proposée par le Parti québécois, « on est en train d’institutionnaliser la discrimination à l’emploi ».

Si le projet de charte du Parti québécois voit le jour, Denis Coderre et Mélanie Joly n’hésiteront pas : ils le contesteront devant les tribunaux.

 

Les deux candidats à la mairie ont pris cet engagement lors du premier débat télévisé en français présenté mercredi soir à la salle Redpath de l’Université McGill.

 

« Si la loi passe, j’irai devant les tribunaux comme maire, a répondu M. Coderre à une question lancée aux quatre aspirants maires concernant la Charte des valeurs québécoises proposée par le gouvernement péquiste. L’intégration n’est pas synonyme d’uniformité. […] On est en train d’institutionnaliser la discrimination à l’emploi », a-t-il soutenu. Lors d’un point de presse suivant le débat, il a toutefois précisé « qu’il faut attendre de voir le processus » et « ne pas partir en peur ».

 

Reprenant la balle au bond, Mélanie Joly s’est elle aussi engagée lors du débat à contester en justice le projet de charte et à tout faire pour en exclure Montréal.

 

Les deux autres candidats à la mairie, Richard Bergeron et Marcel Côté, ont fait preuve de plus de retenue, préférant attendre de voir comment le débat évoluera avant de décider s’ils utiliseront la voie des tribunaux dans ce dossier. Dès l’annonce du projet de charte par le ministre Bernard Drainville au début du mois de septembre, les quatre candidats à la mairie s’y sont unanimement opposés.

 

Quatre approches

 

Sans permettre de désigner un vainqueur, le premier débat télévisé diffusé sur les ondes de Radio-Canada a permis de constater certaines divergences de points de vue, mais aussi d’observer l’approche préconisée par chacun des candidats.

 

Conforté par les résultats d’un sondage le plaçant en tête dans la course à la mairie, Denis Coderre est apparu sûr de lui et s’est présenté comme un candidat d’expérience. Il a évité à quelques reprises de détailler ses promesses, préférant y aller de phrases imagées. « Il faut juste s’assurer que la main gauche sait ce que la main droite fait », a-t-il par exemple répondu à une question au sujet du partage de la gestion de travaux avec les arrondissements de la métropole.

 

Richard Bergeron a mis en avant sa connaissance des dossiers montréalais, acquise sur les bancs de l’opposition au cours des huit dernières années, tandis que Marcel Côté a une fois de plus insisté sur sa « compétence » et son « expérience ». Mélanie Joly a quant à elle semblé vouloir tirer son épingle du jeu en attaquant à plusieurs reprises ses adversaires, et tout particulièrement Denis Coderre. Elle a notamment remis en question l’intégrité de son parti.

 

Points de vue différents

 

Comme lors des débats précédents, plusieurs enjeux ont fait consensus parmi les principaux candidats à la mairie. Tous s’entendent pour défendre le statut francophone de la métropole, faciliter l’accession à la propriété pour les familles, s’attaquer au problème de l’itinérance ou encore bonifier le réseau de pistes cyclables.

 

Au sujet de la gestion du déneigement toutefois, des points de vue différents s’affrontent. Richard Bergeron souhaite que le déneigement actuellement géré par les arrondissements soit désormais sous la responsabilité de la ville-centre. Il entend soumettre cette idée à l’Office de consultation publique de Montréal s’il est élu. « Le temps n’est pas à la réflexion », a répondu M. Coderre, qui préfère améliorer l’efficacité des services. Mélanie Joly abonde dans le sens de M. Bergeron, alors que M. Côté souhaite lui aussi « améliorer la gestion » avant de réformer les structures existantes.

 

Le chef de Coalition Montréal voit les choses autrement en ce qui concerne la haute fonction publique à la Ville de Montréal. Il propose de supprimer un emploi de cadre supérieur sur trois, puisqu’à son avis, « le problème des entreprises est toujours en haut ». Cette mesure pourrait représenter la suppression de 100 postes de hauts fonctionnaires sur 300. En point de presse, Richard Bergeron et Denis Coderre ont tour à tour dénigré l’idée de leur adversaire. Ils ont qualifié M. Côté « d’apprenti sorcier », l’accusant selon eux d’« improviser ».

 

Par moments, le débat de mercredi a également fait réagir la centaine de citoyens réunie à la salle Redpath. Lorsque l’animateur Patrice Roy a questionné les candidats au sujet du virage à droite au feu rouge, Denis Coderre a été le seul à vouloir le permettre sur le territoire montréalais. « Je suis contre, a répondu sans hésiter Richard Bergeron, en précisant que Montréal est la seule la ville en Amérique du Nord, avec New York, à interdire le virage à droite au feu rouge. Quand Montréal se trouve dans un club sélect avec New York, j’en suis fier », a-t-il lancé, sous les rires de la foule.

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