Élections – Le ton monte à Montréal

Richard Bergeron
Photo: - Le Devoir Richard Bergeron

Un premier débat en français avait déjà eu lieu en août dernier à l’Institut du Nouveau Monde, mais celui de dimanche était le premier officiel depuis le début de la campagne.

 

Dès les premières minutes du débat, les esprits se sont échauffés alors que Richard Bergeron a reproché à Denis Coderre d’avoir recruté plusieurs membres d’Union Montréal, l’ancien parti de Gérald Tremblay et de Michael Applebaum. Il a répété deux fois que ce parti avait fermé les yeux pendant douze ans sur la corruption à l’hôtel de ville. Denis Coderre s’est défendu en disant qu’il y a des gens honnêtes et qu’il ne fallait pas faire de faux liens par association. Il en a profité pour vanter son équipe et son engagement à faire preuve de transparence. Il a aussi rappelé à Richard Bergeron qu’il avait lui aussi tenté d’attirer dans son équipe d’anciens membres d’Union Montréal.

 

Comme son anglais était meilleur que celui des deux autres candidats, Denis Coderre a su rapidement s’imposer pour faire passer son message d’homme de terrain, qui a une bonne expérience en politique et qui connaît les besoins des Montréalais de toutes les communautés. Il a, par exemple, souligné l’importance de la reconnaissance des diplômes des immigrants pour faciliter l’accès à l’emploi. Bien installé au milieu de ses deux adversaires, il s’est permis à plusieurs reprises de qualifier Richard Bergeron de « dogmatique » et Marcel Côté de « conseiller ».

 

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, ne s’en est pas pour autant laissé imposer. Pour son premier débat en anglais, il s’en est plutôt bien tiré en dépeignant ses adversaires comme étant des candidats qui manquent de vision. Il a fait valoir que son parti misait principalement sur l’intégrité, la compétence et l’ambition. Richard Bergeron a d’ailleurs mis en avant son idée de tramway et son projet d’Entrée maritime dans le Vieux-Port de Montréal. Il s’est positionné comme étant le candidat avec le plus de vision pour l’avenir de Montréal en disant que ses adversaires ne proposaient que « de petites choses ».

 

Face à ce discours, Marcel Côté n’a pas hésité à prendre sa place alors qu’il était plutôt effacé au tout début du débat. Le chef de Coalition Montréal a reproché à Richard Bergeron d’avoir des idées insoutenables financièrement. Il a dit que son projet d’Entrée maritime serait un autre « Stade olympique », en plus de ne pas répondre aux attentes des Montréalais. Marcel Côté a fait valoir que Montréal avait besoin d’être redressée, que ses routes devaient être rénovées, qu’il fallait remettre de l’ordre à l’Hôtel de Ville et que l’argent des contribuables devait servir à bon escient. Richard Bergeron lui a répliqué qu’il ne pensait qu’aux infrastructures et qu’il « reconnaissait la position de Mme Harel ». Marcel Côté a été froissé par cette réplique et s’est porté à la défense de Louise Harel en disant qu’elle représentait une bonne partie de Montréal.

 

L’après-débat

 

En sortant du débat, Marcel Côté avait apprécié son expérience, même s’il a déploré le format du débat qui, dit-il, ne permettait pas d’expliquer davantage ses idées. Malgré tout, il avait l’impression d’avoir été en mesure de démontrer ses capacités à faire le ménage à la mairie de Montréal même s’il a peu d’expérience en politique. « C’est vrai que je suis un entrepreneur, que je suis un conseiller, mais j’ai sûrement géré plus de gros dossiers qu’eux dans ma carrière et je suis capable de remettre de l’ordre », a-t-il dit.

 

« On peut gagner en parlant trop, on peut aussi perdre en ne parlant pas assez. Pour moi, ce débat n’était pas un marathon, je suis certain que les électeurs vont être capables de différencier les torrents de mots des vraies propositions », a-t-il ajouté.

 

Denis Coderre est sorti, quant à lui, plutôt satisfait de sa prestation alors que ses adversaires ont quand même été coriaces. « La politique, c’est mon sport. Dans un débat, ce n’est pas juste le contenu qui compte, c’est aussi l’attitude. Ce que j’ai essayé de démontrer, c’est que je suis en mesure de ramener la confiance des gens », a-t-il indiqué. Richard Bergeron a trouvé, pour sa part, que ce débat était intéressant et encourageant pour la suite de la campagne. « Si, il y a 18 ans, on m’avait dit que je serais en mesure, à 58 ans, de débattre en anglais, je ne l’aurais pas cru. »

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