Montréal - Les voitures en libre-service n’auront pas à être électriques

Le Plateau-Mont-Royal est déjà l’hôte du projet pilote de voitures électriques en libre-service de Communauto.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le Plateau-Mont-Royal est déjà l’hôte du projet pilote de voitures électriques en libre-service de Communauto.

Trois arrondissements de Montréal s’apprêtent à donner le feu vert à l’implantation d’un service de voitures en libre-service sur leur territoire, mais ils n’obligeront pas les entreprises à offrir une flotte de véhicules électriques, ce qui inquiète l’entreprise Communauto.

 

Les élus des arrondissements de Rosemont -La Petite-Patrie, d’Outremont et de Côte-des-Neiges -Notre-Dame-de-Grâce auront à se prononcer, lundi, sur la création d’une vignette universelle permettant aux utilisateurs de voitures en libre-service de se garer dans les zones de stationnement à vignettes.

 

Depuis juin dernier, l’entreprise Communauto mène un projet-pilote dans le Plateau-Mont-Royal. Baptisé Auto-mobile, le projet permet de louer à la minute un véhicule électrique sans réservation.

 

Plaidoyer pour l’électrique

 

L’expérience est prometteuse, mais le président de Communauto, Benoît Robert, déplore l’empressement de trois arrondissements à autoriser ce type de service sans contraindre les entreprises à fournir des véhicules électriques.

 

Benoît Robert implore les élus d’être plus exigeants. « Si on n’impose pas le critère de véhicules électriques, ça va être difficile par la suite de changer d’idée, surtout si d’autres entreprises viennent s’implanter sur le territoire », a-t-il expliqué.

 

« Les administrations craignent peut-être que les projets ne passent pas après les élections », suggère Marco Viviani, directeur du développement à Communauto.

 

Le responsable du transport au comité exécutif, Réal Ménard, trouve dommage que certains arrondissements aillent de l’avant avec ce projet sans coordination avec la ville-centre. Une consultation a été menée au printemps et les recommandations doivent être rendues publiques la semaine prochaine, a-t-il signalé : « Je suis déçu qu’on balkanise ce dossier-là et qu’on ne soit pas plus ferme sur la question des voitures électriques. »

 

Déjà implantée à Toronto, Calgary, Vancouver et dans 20 autres villes dans le monde, l’entreprise Car2go surveille de près ce qui se passe à Montréal. Le directeur de Car2go Montréal, Jérémi Lavoie, estime que Montréal ne dispose pas des infrastructures nécessaires, soit des bornes de recharge, pour accueillir des véhicules électriques. « Ce n’est pas viable, croit-il. L’attitude plutôt agressive de Communauto m’a surpris. »

 

Plus tôt cette semaine, le candidat à la mairie Denis Coderre a indiqué que s’il était élu le 3 novembre, il n’autoriserait pas le service de voitures en libre-service qui, dit-il, nuit à l’industrie du taxi. Jeudi, il a réitéré sa position : « Il va y avoir une nouvelle administration. On prendra les décisions en conséquence. »

5 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 27 septembre 2013 07 h 44

    Un service inutile

    Des chiffres ont été publiés ailleurs : l'auto en libre-service remplace surtout les transports en commun, le vélo et la marche – et rarement l'auto individuelle. Donc, elle est un incitatif au transport individuel en voiture, ce qui la rend plus ou moins désirable.

    Électrique ou à essence ? À l'heure actuelle, les voitures électriques mises en libre-service sont des véhicules de taille appréciable, ce qui les rend très encombrantes. La taille des voitures et non leur mode de propulsion devrait être pris en considération. Car le problème des voitures en ville, c'est d'abord et avant tout son côté encombrant.

    • Vincent Collard - Inscrit 27 septembre 2013 13 h 04

      Leur «côté encombrant» ne menace pas la vie sur terre. La combustion d'hydrocarbures, oui. Vous avez de drôles de priorités, monsieur.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 27 septembre 2013 13 h 06

      Ça semble viser les gens qui préfèrent ne pas posséder de voiture, et qui donc tendent à utiliser les transports en commun pour cette raison, mais qui ont des besoins qui sortent des capacités du transport en commun : besoin d'aller plus vite, besoin de faire son propre trajet (pour sauver de la marche ou des correspondances), besoin de coûter moins cher (trajet Montréal-Québec, par exemple), besoin de transporter beaucoup de choses ou de grosses choses, besoin d'aller à des endroits où le transport en commun va pas (et où ça vaudrait jamais la peine qu'il s'y rende).

  • Philippe Chartrand - Abonné 27 septembre 2013 09 h 08

    Les données sont disponibles

    Heu, non, les pourcentages sont les suivants (http://www.communauto.com/auto-mobile/rapport.pdf page 11): Les personnes qui ont utilisé ce service auraient utilisé pour 28% le transport en commun, 19% une autre auto de communauto, 11% un taxi, et 23% la marche ou le vélo. Donc 30% des déplacements auraient été faits avec un mode transport plus poluant et au moins aussi encombrant (et je ne compte pas le transport en commun).

    L'intérêt des véhicules électriques est la diminution de la polution athmosphérique locale et aussi sonore.

    À mon sens la polution est plus grave que l'encombrement.

    Toute la question réside justement dans le choix de la motorisation.

  • Vincent Collard - Inscrit 27 septembre 2013 13 h 11

    Électrifiez, ça presse

    Il est ridicule et stupide que les véhicules à combustion soient encore en usage de nos jours dans un pays qui accumule année après année des surplus d'électricité et qui pourrait facilement, avec un minimum de volonté politique, atteindre l'autosuffisance énergétique qui lui permettrait non seulement de réduire à des niveaux négligeables la pollution atmosphérique et les GES, mais éliminer rapidement sa dette et prospérer. Il faut vraiment que les pouvoirs publics soient vendus à l'industrie pétrolière pour expliquer le statu quo actuel.