Québec pourrait venir à la rescousse du Bixi

La SVLS, la société gérant le parc de vélos Bixi, traîne une dette de 42 millions.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La SVLS, la société gérant le parc de vélos Bixi, traîne une dette de 42 millions.

Québec pourrait venir à la rescousse de Bixi et accorder une aide financière à la Société de vélo en libre-service (SVLS) pour régler ses problèmes de liquidités.

 

En début de soirée mardi, le maire Laurent Blanchard a pris la parole devant le conseil municipal pour tenter de rassurer ses collègues au sujet de l’avenir de Bixi. « On est loin de la faillite. La SVLS éprouve un problème temporaire de liquidités. C’est le problème d’une entreprise en expansion », a indiqué M. Blanchard, qui a décoché quelques flèches au chef de Projet Montréal, qui, la veille, clamait que Bixi était au bord de la faillite.

 

« Crier au loup est la pire chose à faire, autant comme Montréalais que comme élu. On fragilise une entreprise montréalaise exemplaire à l’échelle locale et internationale », a déploré M. Blanchard en précisant qu’en raison des contrats décrochés à l’étranger, Bixi était en voie d’enregistrer son meilleur chiffre d’affaires, soit environ 57 millions pour 2013.

 

Dette de 42 millions

 

De son côté, le responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard, a admis que la SVLS traînait une dette de 42 millions, dont une marge de crédit de 11 millions, et que le déficit d’opérations de Bixi s’élevait à 6,5 millions. En juillet dernier, les paiements pour rembourser la dette ont même dû être suspendus pour pouvoir payer les employés, a-t-il indiqué. « Mais il y a de l’espoir », a dit M. Ménard en rappelant qu’un plan de redressement avait été élaboré.

 

Les malheurs de Bixi ont eu des échos à Québec. Lors d’un point de presse, Jean-François Lisée a fait savoir que sa collègue Élaine Zakaïb, ministre déléguée à la Politique industrielle, avait engagé des discussions avec Investissement Québec. « Je pense que ce qui est sage, c’est d’attendre la nouvelle administration montréalaise avant de revoir le modèle d’affaire [de la SVLS] à moyen et long termes », a-t-il dit.

 

Investissement Québec

 

Au cabinet d’Élaine Zakaïb, on confirme que le ministère et Investissement Québec évaluent la possibilité d’une aide spéciale de 5 millions pour préserver la SVLS et les emplois qui y sont liés. L’attaché politique de Mme Zakaïb, Pierre-Luc Désaulniers, a toutefois ajouté que le ministère s’intéressera aussi à la restructuration de la SVLS.

 

Richard Bergeron n’en démord pas. « Ça fait trois ans qu’on entend que tout va s’arranger demain », a-t-il rappelé. Selon lui, la lettre du vérificateur général, Jacques Bergeron, rendue publique lundi n’est pas de nature à rassurer les Montréalais. Rappelons que dans cette lettre adressée au président du conseil d’administration de la SVLS, Roger Plamondon, le 11 septembre dernier, Jacques Bergeron soulevait des doutes quant à la survie de Bixi. « J’ai constaté suffisamment d’éléments probants pour jeter un doute important sur la capacité de SVLS et de Bixi Toronto inc. à poursuivre leurs opérations », écrivait Jacques Bergeron.

 

Le maire Blanchard a par ailleurs indiqué que le processus de mise en vente des actifs de Bixi à l’étranger avait été suspendu en juin dernier. Il a expliqué qu’après la sélection de six propositions, des négociations avec un groupe intéressé avaient été engagées, mais qu’aucune transaction n’a pu être conclue.

 

 

Avec Robert Dutrisac

4 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 25 septembre 2013 08 h 55

    Un projet séducteur voué à l'échec depuis le départ.

    Il y eu incompétence dans l'étude de faisabilité et de la rentabilité. Le consommateur peu avoir un vélo pour cinquante dollars et le garer devant chez lui. L'efferversence des Montréalais devant un objet de nouveauté c'est vite essouflé et n'a pas mordu à l'hameçon. M. Ménard, c'est d'être aveugle ou faire l'autruche ou encore rêveurpour croire que se projet pourrait être rentable. Ce projet est voué à l'échec depuis le départ.

    • Jean Richard - Abonné 25 septembre 2013 10 h 14

      « Le consommateur peu avoir un vélo pour cinquante dollars et le garer devant chez lui. » – Un vélo à 50 $, ça vient habituellement du marché des vélos volés, rentables pour certains. Et ce vélo à 50 $, on se le fera voler à son tour, ce qui est rentable pour certains mais pas pour tous. Or, la popularité de Bixi tient en partie à ça : pouvoir se déplacer en vélo sans risquer de le voir se volatiser entre deux déplacements.

      «  L'efferversence des Montréalais devant un objet de nouveauté c'est vite essouflé » – Le nombre de déplacements par vélos Bixi n'a cessé d'augmenter d'année en année. L'an passé, on a dépassé les 4 millions, ce qui n'est pas rien.

      Sans nier qu'il y ait eu quelques faiblesses et des problèmes de mise au point et que tout soit loin d'être réglé, le projet Bixi était viable dès le début et s'est inscrit dans une tendance mondiale (elles se comptent par centaines les villes qui ont réalisé de tels projets).

      La grande majorité des systèmes de vélos sont soutenus par la collectivité et... la publicité. De plus, il y a plusieurs formules de gestion. Certaines villes sont allés jusqu'à la gratuité, ce qui est parfois la formule la moins coûteuse, mais il faut croire que dans certaines villes, la culture influe sur le comportement des gens – le respect du matériel collectif fait partie de l'éducation des gens par exemple, mais à Montréal, ce ne semble pas être le cas, individualisme oblige.

      Vos conclusions M. Parent ne semblent guère inspirées de la connaissance du dossier. Je vous invite à voyager un peu ou du moins, à vous renseigner sur ce qui se passe ailleurs et vous verriez que vous êtes loin de la réalité.

  • Jean Richard - Abonné 25 septembre 2013 10 h 37

    Bixi et GM

    Certains vont hurler à l'idée que le Québec, à la suite de Montréal, vienne en aide à Bixi.

    Serait-il utile de rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, c'est à coups de milliards $ que le gouvernement fédéral a aidé le constructeur automobile General Motors.

    Presque oubliée également l'aide que Québec a accordée à ce même constructeur en 1986, sous forme d'un prêt sans intérêt, lors d'un projet d'agrandissement de l'usine de Boisbriand – une somme dépassant largement les 100 millions $, et qui n'a pas été remboursée même si l'usine a été fermée depuis (garder l'usine en marche faisait partie des conditions du prêt).

    Certe, la SVLS a sans doute des changements à faire dans sa gestion, mais il serait dommage que Bixi disparaisse de la carte montréalaise, à moins d'être remplacé par quelque chose qui puisse faire avancer les choses en matière de mobilité urbaine. Bixi a amené bien des gens au vélo, et c'est un plus dans une ville congestionnée par l'automobile – et c'est même un plus dans une ville où certaines lignes de métro et d'autobus sont saturées et que les correctifs se fassent attendre faute de ressources financières.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 25 septembre 2013 12 h 36

      Pour garder des centaines d'emploie l'aide à Gm...

      Vendez ce projet au privé s.v.p. pour 1$ (surement des amis du partie) et on passe à autre chose pour ne pas continuer à perdre l'argent des contribuables