Les finances du Bixi inquiètent le v. g.

Le vérificateur général de la ville de Montréal doute de la capacité de la société qui gère Bixi à poursuivre ses opérations.
Photo: -Le Devoir Le vérificateur général de la ville de Montréal doute de la capacité de la société qui gère Bixi à poursuivre ses opérations.
La Société de vélo en libre-service (SVLS) qui gère Bixi est dans une situation financière difficile et le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, émet de sérieux doutes sur sa capacité de poursuivre ses activités.    

« J’ai constaté suffisamment d’éléments probants pour jeter un doute important sur la capacité de SVLS et de Bixi Toronto inc. à poursuivre leurs opérations », écrit Jacques Bergeron dans une lettre qu’il a fait parvenir au président du conseil d’administration de la SVLS, Roger Plamondon, le 11 septembre dernier.

Le vérificateur dit être en attente d’un plan d’action des dirigeants de la SVLS et d’autres informations « qui confirmeront ou infirmeront la capacité de SVLS et de BIXI Toronto inc. à faire faire à leurs obligations pour les douze prochains mois ».

Compte tenu des informations qui lui manquent, Jacques Bergeron se dit incapable de vérifier et de commenter les états financiers 2012 des deux organismes. La lettre adressée à M. Plamondon a été rendue publique lundi après-midi, à l’occasion de la séance du conseil municipal.

Pour le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, cette lettre signifie clairement que la SVLS est au bord de la faillite. « On s’attendait aujourd’hui à recevoir le rapport financier 2012 de Bixi après six mois de retard et, à la place, on reçoit cette lettre. C’est extrêmement inquiétant, a-t-il dit. C’est quand même 35 à 40 millions d’argent public qui est en cause. »

Débat d’urgence

M. Bergeron a réclamé la tenue d’un débat d’urgence au conseil municipal pour discuter avec le vérificateur général du dossier, ce que lui a refusé le maire Laurent Blanchard. « Je pense que le contexte dans lequel on est aujourd’hui ne nous permet pas de discuter de la chose avec sérénité », a répliqué le maire Blanchard.

Le responsable du dossier au comité exécutif, Réal Ménard, reconnaît que la situation financière de la SVLS est « fragile », mais soutient que l’organisme n’est pas menacé de faillite. « On a un problème de liquidités. Le conseil d’administration a sollicité Investissement Québec pour augmenter ses liquidités, mais on ne parle pas de faillite, soutient Réal Ménard. La situation financière est fragile, mais Bixi peut passer au travers.»

Acheteur recherché

Réal Ménard se dit optimiste au sujet de l’avenir de Bixi. Un plan de redressement a d’ailleurs été présenté aux membres du comité exécutif lundi matin, a-t-il indiqué : « Il y a 38 000 vélos Bixi dans le monde. Bixi est présent dans 15 villes et sur 2 campus. La SVLS aura quatre approvisionnements à faire en 2013 et 2014 et au moins huit villes sont intéressées par ces vélos », a-t-il expliqué.

Rappelons qu’en 2011, le conseil municipal avait donné le feu vert à un plan de sauvetage de 108 millions de dollars, dont une garantie de prêt de 60 millions et un prêt de 37 millions pour éponger les dettes accumulées.

Par la suite, la SVLS a entrepris de trouver un acheteur pour les activités de Bixi à l’étranger. À cet égard, Réal Ménard a indiqué qu’aucune transaction n’avait été conclue à ce jour. « Il y a eu plusieurs propositions. L’une s’était démarquée, mais il n’y a pas eu de conclusion positive », a-t-il dit.

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