Motion - Les élus montréalais évitent la question des signes religieux

La question de la laïcité a été discutée au conseil municipal mardi en raison d’une motion présentée par le conseiller municipal Lionel Perez.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La question de la laïcité a été discutée au conseil municipal mardi en raison d’une motion présentée par le conseiller municipal Lionel Perez.

Le débat sur la Charte des valeurs québécoises lancé par Québec a rebondi au conseil municipal de Montréal mardi. Les élus montréalais se sont prononcés à l’unanimité en faveur d’une « laïcité inclusive » pour Montréal tout en évitant la litigieuse question des signes religieux.

 

La question de la laïcité a été discutée au conseil municipal en raison d’une motion présentée par le conseiller municipal Lionel Perez, de confession juive, prônant le principe d’une laïcité ouverte.

 

La motion avait été rédigée par le conseiller il y a quelques semaines, bien avant que n’éclate le débat sur la Charte du gouvernement québécois. Elle était bien peu compromettante, se limitant à demander au conseil municipal qu’il affirme son soutien à une laïcité « inclusive à l’image de Montréal ».

 

Les esprits se sont toutefois échauffés lorsque le conseiller Marvin Rotrand s’est hasardé sur le terrain des accommodements raisonnables. « Ce sur quoi on est prêts à voter, c’est exclusivement sur le libellé qui est là, pas sur l’interprétation que vous en faites, qui est aux antipodes de ce qui est écrit », a lancé la conseillère Élaine Ayotte au conseiller Rotrand.

 

Rappelons qu’avec sa Charte des valeurs québécoises, le gouvernement Marois compte bannir les signes religieux dans toute la fonction publique, de même que dans les CPE, les écoles et les hôpitaux.

 

Non au gel des budgets

 

Le maire Laurent Blanchard a par ailleurs subi une rebuffade des élus qui, dans une majorité de 46 voix contre 5, ont voté contre la décision du comité exécutif de geler les budgets des arrondissements et des services centraux.

 

Seuls Laurent Blanchard et les conseillers Marvin Rotrand, Ginette Marotte, Alvaro Farinacci et Christian Dubois se sont opposés à la motion présentée par le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

 

La non-indexation des budgets a soulevé l’ire de plusieurs maires qui ne voient pas comment ils pourraient gérer la hausse de la masse salariale et l’augmentation des coûts sans effectuer des compressions importantes. « Où voulez-vous qu’on coupe ? », a demandé la mairesse de Rivière-des-Prairies -Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau. « Faut-il arrêter de tondre le gazon ou d’enlever la neige ? »

 

Sa collègue de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Anie Samson, a qualifié cet exercice de compressions de « perte de temps », puisque les décisions budgétaires pour 2014 reviendront à l’administration qui sera élue le 3 novembre prochain.

 

Le maire de Lachine, Claude Dauphin, a rappelé qu’en 2012, l’administration s’était engagée à améliorer le financement des arrondissements : « J’ai l’impression d’être dans un jeu de serpents et échelles. Il y a quelque temps, on a eu une échelle, mais là, on a pogné un serpent. »

 

« On est en situation de déficit appréhendé », a insisté le maire Laurent Blanchard, qui, la veille, avait soutenu qu’une indexation des budgets de la ville-centre et des arrondissements aurait créé un trou financier de 200 millions. Le comité exécutif ne jugeait pas responsable de léguer à la prochaine administration des budgets indexés qui auraient entraîné des hausses de taxes dépassant l’inflation.

 

Sécurité ferroviaire

 

Le conseil municipal s’est aussi entendu pour demander à Ottawa et Québec d’obliger les transporteurs ferroviaires à révéler aux autorités locales la nature des matières dangereuses qui transitent sur le territoire de la ville de Montréal. Un amendement a été apporté à la motion présentée par la chef de Vision Montréal, Louise Harel, pour réclamer la création d’un fonds d’indemnisation, auquel devraient contribuer les compagnies ferroviaires.

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