Le péage métropolitain divise les candidats à la mairie de Montréal

Tôt ou tard, il y aura des péages dans la région montréalaise, croit le candidat à la mairie de Montréal, Marcel Côté. Mais contrairement à son adversaire Denis Coderre, il ne craint pas qu’une tarification imposée aux automobilistes nuise au centre-ville de Montréal.

 

« À moyen terme, le péage est inévitable, pas seulement à Montréal, mais dans toutes les grandes villes », avance Marcel Côté. Le candidat estime toutefois que la tarification devra être basée sur le kilométrage parcouru par les automobilistes, et non en fonction d’un péage sur les ponts ou un péage cordon ceinturant différentes zones du territoire, notamment le centre-ville. « J’ai l’impression qu’à Montréal, on ne s’entendra jamais sur le cordon ni sur un péage sur les ponts », dit-il.

 

À l’instar du CIRANO, qui, dans une étude récente réalisée pour le compte de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), privilégiait une taxe au kilomètre, il reconnaît que la technologie requise n’est pas au point. « Mais la technologie évolue très rapidement », signale-t-il.

 

D’ici là, il suggère un ajustement de la taxe sur l’essence sur le territoire de la CMM afin de combler les besoins en matière de financement pour les transports en commun. Il croit qu’un différentiel de 3 ¢ avec les régions environnantes serait acceptable.

 

La vitalité du centre-ville

 

Plus tôt dans la journée, Denis Coderre s’était montré peu enthousiaste à l’égard des péages. Ceux-ci risquent de nuire à la vitalité du centre-ville et à l’économie montréalaise, a-t-il soutenu. « Il y a une réalité de l’automobiliste. Le monde, il faut qu’ils viennent au centre-ville. Je pense aux commerçants. Il faut les aider, il faut qu’il y ait cette effervescence au centre-ville et dans les autres arrondissements, a-t-il indiqué.

 

Selon Denis Coderre, Montréal ne doit pas s’en remettre uniquement au gouvernement du Québec pour développer son réseau de transport. « Il va falloir prioriser. La première étape, ce n’est pas d’être à la merci de ce qui se passe à Québec. Comme métropole, comme maire, on va s’assumer. On va prendre des décisions entre nous », a-t-il dit en promettant de présenter son plan en matière de transports dans les prochaines semaines.

 

Marcel Côté ne croit pas que les péages soient si néfastes à la vitalité du centre-ville. Selon lui, le péage que le gouvernement fédéral implantera sur le pont Champlain forcera les élus municipaux à agir. « Si on est capables d’éliminer la congestion, les gens vont venir au centre-ville », dit-il.Mais la question du péage nécessitera la tenue d’un débat important à l’échelle de la CMM, prévoit-il.

 

Pour sa part, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, prône l’implantation d’un péage métropolitain modulé sur les ponts. Les revenus pourraient alors être partagés entre le transport collectif et la mise à niveau des infrastructures routières. Dans le programme électoral de son parti qu’il a présenté mardi, il souligne toutefois la nécessité de mener des études approfondies sur le sujet.

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